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t.1 - Machine Ă  tuer

t.1 - Machine Ă  tuer
Auteur(s) Garth Ennis (scénario), Chris Sprouse et Glenn Fabry (dessin)
Editeur (collection)
Panini Comics (100% Wildstorm)
Date de parution
Juillet 2011
Prix 13€
Nombre de pages
144
Episodes VO Midnighter #1-6
midnighter

Garth Ennis, le provoquant auteur de Preacher, revient au comic de super-héros avec cette série consacrée au membre le plus redoutable d'Authority. Midnighter est une machine à tuer, sans pitié et sans remords. Dans cet album, il va être confronté à l'une des grandes questions philosophiques de notre époque : « si vous pouviez remonter le temps, assassineriez-vous Hitler ? ».

Je suis Midnighter

Midnighter signe les retrouvailles de Garth Ennis avec l’équipe de super-héros frappadingues d’Authority, après les avoir mis en scène dans le one-shot The Authority : Kev et les mini-séries The Authority : More Kev et The Authority : The Magnificient Kevin (tout 3 parus en France chez Panini en deux 100% Wildstorm). La série était à la base une one-going et devait être scénarisée uniquement par Garth Ennis, mais elle n’a finalement survécue qu’à une quinzaine d’épisodes, et seuls les 6 premiers ont été écrits par le papa de Preacher et de 303.

Hormis quelques pages introduisant l’équipe, ce sera bien Midnighter le personnage central de cet album. On sentait déjà dans les Kev que ce simili-Batman puissance 10 était le personnage préféré d’Ennis, il n’est donc pas surprenant de le voir se concentrer sur cette machine de guerre, créée dans l’unique but de tuer.

Comprenant un arc de 5 épisodes ainsi qu’un sixième épisode complètement autonome, Garth Ennis n’y va pas dans la dentelle et ne s’attarde pas sur les détails en envoyant directement notre personnage en pleine 1ère Guerre Mondiale : s’étant fait piéger à notre époque, il va être envoyé dans le passé pour tuer Hitler et ainsi éviter les futures souffrances d’un milliardaire égocentrique et frappé du bulbe. Mais c’est sans compter sur la police du temps, dépêchée sur les lieux (enfin, « dans l’époque »), et sur notre héros, bien décidé à ne se laisser faire ni par cette police du futur ni par ce gros milliardaire suffisant.

Pas de prise de tête sur cet arc, au scénario limpide et pourtant suffisamment original et rythmé pour être accrocheur. Ce n’est pas du grand Ennis (malgré un Midnighter pourtant bien caractérisé, et puis quelque messages forts, dont l’embrigadement des enfants à l’époque), mais on sent pourtant que celui-ci n’a pas pris son travail à la légère, livrant une copie agréable, alternant action, humour, rebondissements et suspens avec brio, dans un mélange de science-fiction et de récit de guerre.

Chris Sprouse (qu’on a déjà vu collaborer avec Alan Moore sur Tom Strong ou encore avec Warren Ellis sur Ocean, rien que ça) se charge des dessins avec toute la fluidité et le sens du découpage qu’on lui connait. Un peu comme un Ron Garney, il s’agit d’un dessinateur qui ne joue pas spécialement dans le détail ou dans la profondeur de son trait mais plutôt dans un storytelling précis et cinématographique, à l’aise dans les scènes de dialogues et surtout explosif dans les scènes d’actions, narrées très efficacement.

Le dernier épisode de l’album nous voit retourner dans le Japon médiéval, où Ennis nous livre une romance puissante et cruelle entre l’équivalent du Midnighter actuel et l’équivalent de son éternel amour, Apollo. Ecrit telle une légende d’antan, un récit beau et fort assuré comme il se doit par l’éternel complice et ami d’Ennis, Glenn Fabry (The Authority : Kev et More Kev, Thor : Vikings, les couvertures de Preacher). Un récit qui vient magnifiquement conclure ce passage de Garth Ennis sur le personnage du Midnighter. Et on aurait souhaité que le scénariste puisse encore continuer à écrire et approfondir le personnage, tant cet album très agréable se lit vite.

En somme, même si Ennis a fait beaucoup mieux auparavant (et le fera sans doute par la suite), il n’empêche que cet album sans prétention vaut largement le coup d’œil. Frais, fun, intelligent et servi par deux dessinateurs de choix, un très bon moment à passer en perspective.

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