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Ex machina t.5

Auteur
 Brian K. Vaughan (scénario), Tony Harris (dessin)
Editeur (Collection)
 Panini Comics (100% Wildstorm)
Date de parution
 Décembre 2008
Prix
 13.00 €
Nombre de pages
 120
Episodes VO
 Ex machina #21-25

 

La tension monte dans la célèbre série qu'Enterntainment Weekly qualifie de "spectacle fascinant". Le maire de New-York, Mitchell Hundred, doit prendre des décisions impossibles concernant la très controversée loi antidrogue, au moment où plusieurs meurtres et un horrible suicide menacent d'envenimer le débat. Puis, retour dans le passé avec Bardbury, l'acolyte du super-héros, devenu chef de la sécurité auprès d'un des plus puissants hommes politiques.

Le scénariste Brian K Vaughan (Y: Le Dernier Homme, Pride of Baghdad), déjà couronné par les Eisner Awards, et le dessinateur Tony Harris (Spiderman : Un Grand Pouvoir ..., Starman) poursuivent dans ce cinquième volume leut thriller politique haletant.

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Avec Ex Machina, Vaughan profite de la position de son personnage pour aborder des sujets dits "de société". Dans ce cinquième volume, il aborde le sujet, sensible s'il en est, de la drogue. Outre des dialogues, pour ou contre la dépénalisation, pour les utilisateurs, les porteurs notamment (et on connaît la qualité de dialoguiste de Brian K Vauhghan), nous avons droit à une réflexion sur la répression des dealers, en nous penchant sur le cas d'un délinquant, noir, arrêté naguère par Mitchell Hundred lui-même, sous son costume d'Illustre Machine. Et Vaughan en profite pour nous alerter sur la différence de traitement entre un délinquant blanc et un noir. Comme d'habitude, c'est merveilleusement écrit, en nous laissant à notre propre réflexion, mais en nous aidant à nous forger une opinion. Il en profite également pour tordre le cou à certaines idées reçues, toujours de manière subtile, en y ajoutant même une pointe d'humour.

On continue, également, de suivre les péripéties de l'entourage de Mitchell, et on suit l'implication d'un événement survenu dans le dernier recueil, et l'action est soutenue grâce à un faux pompier, qui donne du fil à retordre, aussi bien à ces derniers qu'aux policiers et aux services de la Mairie de New-York. Là aussi, une pointe d'humour adressée aux fans de séries télé dédramatise le sujet, pourtant grave.

On finit, enfin, avec un épisode nous retraçant, brièvement, la vie de Bradbury, le garde du corps d'Hundred, qui nous en apprend plus sur sa personnalité et nous fait voir à quel point la loyauté est, pour lui, une notion incorruptible. De plus, la forme de cet épisode, assez originale, est très agréable

Aux dessins, Tony Harris assure toujours autant, sublimé par l'encrage de Tom Feister, qui nuance son encrage avec les teintes du fond, et ne trace pas des lignes noires, comme la plupart des autres. Cela donne un rendu extrêmement doux, et très agréable à regarder. A noter que les couleurs de JD Mettler se pastellisent dans mes 2, 3 et 4ème épisodes, est ce une volonté ou une conséquence de la transcription en VF ? Ne lisant pas la VO, je ne saurais vous le dire, mais, de toutes façons, c'est assez imperceptible et ne gâche en rien la lecture de cet ouvrage.

Encore une fois, Vaughan nous régale, même si le cliffhangher de fin d'avant dernier épisode (le dernier étant plus un one-shot que vraiment impliqué dans le récit) ne suprendra pas les lecteurs de la série depuis le début. Malgré tout, cette série est toujours dans le top des séries publiées en France, et ce volume est un des meilleurs parus jusque là. A ne pas louper, sous aucun prétexte.

Un pétard ou un ricard...

Pour ce cinquième tome de la fameuse série Ex Machina, Brian K. Vaughan se répète pour la première saga (qui compte quand même 4 épisodes sur les 5 de l'album), à savoir un problème politique que l'Illustre Machine, ou plutôt Mitchell Hundred, doit résoudre (ça, c'est pour la partie politique), cumulé à des meurtres (pour la partie policier), le tout esquissé par des retours vers le passé (parce qu'il faut bien que la série apporte des révélations sur le long terme).

Donc, certes, on ne s'ennuie pas (d'ailleurs on ne s'ennuie que rarement avec Vaughan puisqu'en général, il est le roi des séries rafraichissantes et tout sauf lourdes), la saga passe très bien et Vaughan s'occupe, cette fois ci, de la question du cannabis, qui prend la place de la question de l'homosexualité de la dernière fois, et des positions que va adopter notre héros, le maire de New-York, le tout à la manière d'un Kirkman avec les personnages : pas plus de 2-3 pages par sujet, et on passe à un autre, et ainsi de suite. Récit attrayant, divertissant, mais encore une fois, avec cette série, on est bien loin de la profondeur que pourrait bénéficier vraiment le sujet, à croire que Vaughan s'est attaqué avec Ex Machina a une série trop lourde pour lui, ce qui fait qu'il n'arrive jamais réellement à traiter les sujets voulus, qui sont justes esquissés. Et puis, comme sur ce coup-là il reprend la même structure d'une autre saga récente d'Ex Machina, on se dit qu'il se fiche un peu de nous.

Le dernier épisode est centré, quant à lui, sur Bradbury, l'ami d'enfance d'Hundred et véritable soutien constant de l'Illustre Machine. Episode anecdotique mais qui cerne bien les motivations et la morale de Bradbury. Sympathique.

Tony Harris est toujours égal à lui-même dans ce tome, c'est-à-dire doué lors des échanges entre personnages (il faut dire que son procédé de recopiage de photographies doit être assez bénéfique pour arriver à reproduire les expressions des visages), et beaucoup trop statique lors des scènes d'actions voire même lors des scènes d'extérieurs tout court. Heureusement pour lui, il bénéficie de couleurs claires et travaillées qui rendent vraiment un aspect unique à son dessin, ce qui fait qu'il reste toujours très agréable à suivre.

En bref, encore un tome qui confirme ce que je pense de Vaughan sur Ex Machina : Il s'en sort très honorablement, mais n'arrive quand même pas à aller au bout de ses idées. Une série que je conseillerais de faire, mais d'occasion.

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