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Le renouveau super-héroïque

Ouvrir un ouvrage de Kurt Busiek, c'est, pour moi, toujours une surprise, tant l'homme nous a habitué à du très mauvais (JLA) comme à du très bon (Marvels avec Alex Ross, et maintenant Astro City). Heureusement, Astro City, c'est du lourd, du très lourd.

L'ouvrage s'inscrit dans un courant qui reprend les fondamentaux du super-héros (le Silver Age: Lee, Kirby, Ditko et consorts) en essayant d'en livrer une analyse pertinente, pas forcément réaliste et corrosive à la Authority, mais une analyse beaucoup plus fine, intelligente et même humaniste.

Astro City, c'est du Kurt Busiek de très haut niveau, et ce présent ouvrage qui m'a fait découvrir la saga me donne envie de dénicher rapidement les quelques autres. Busiek s'intéresse ici au sort d'un ex-super vilain, Steeljack, homme de métal qui, en sortant de prison, va tenter de déjouer un piège qui risque de mettre la ville à feu et à sang, et essayer de se racheter par la même occasion. Busiek cerne d'emblée le personnage, un vieux gaillard brave mais qui n'a pas eu de chance, qui traine sa misère en ne demandant qu'une petite vie peinarde, mais qui va quand même donner de sa personne pour sauver des gens. Nous suivrons d'ailleurs le personnage tout du long et progresserons en même temps que lui sur l'enquête, puisque Steeljack est, en plus d'être le héros de l'histoire, le narrateur. Et son épopée va permettre à Busiek d'analyser de façon très rigoureuse et réaliste la situation des super-vilains, dans une optique qui m'a assez fait penser à Watchmen : une synthèse pertinente sur une partie de l'histoire et les poncifs du comic-book, ici les super-vilains, sans que cette analyse n'empiète sur la qualité du récit qui, si l'on excepte l'épisode final que j'ai trouvé assez vite expedié (et il faut dire qu'une dizaine de pages de baston après toute la qualité auquel on a eu droit, ça tâche), demeure un très bon récit, d'une densité assez surprenante : on a vraiment l'impression que le récit fait deux fois plus de pages!

Au niveau des dessins, Brent Anderson se débrouille très bien, et son trait puissant est parfait pour dessiner le visage de Steeljack, un visage aussi marqué que sa vie passée. D'ailleurs, ce dessinateur m'a fait penser à Igor Kordey : même puissance dans les expressions du visage, même trait fort et d'apparence maladroite, même grand sens narratif. Kordey est juste un petit peu plus adroit dans sa composition de planches et a un trait encore plus personnel, mais en observant bien, les caractéristiques des deux dessinateurs sont assez similaires, du moins pour ce récit.

En bref, une analyse intelligente et pertinente du super-héros, et plus particulièrement des super-vilains, au travers d'un épisode de la vie de Steeljack, personnage merveilleusement caractérisé, qui va le changer à tout jamais. Du comic-book de haut niveau.

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