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Astro City : Des ailes de plomb

Auteurs
 Kurt Busiek (scénario), Brent Anderson (dessin), Alex Ross (couvertures)
Editeur (Collection)
 Panini comics (Wildstorm Anthologie)
Date de parution
 01/05/2007
Prix
 24 €
Nombre de pages
 188
Episodes VO
 Kurt Busiek's Astro City (vol.2) #14-20

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après avoir fait son temps, le super-héros Steeljack se retrouve à la rue. Mais pour un homme qui a appris a vivre et à se battre derrière des barreaux, la liberté peut être pire que la prison. Steeljack veut profiter de cette seconde chance, mais pour survivre dans cette société qui le rejette, il se voit contraint d’accepter un job dangereux, mettant en péril sa liberté. Il doit enquêter sur le meurtre de plusieurs criminels. Au fur et à mesure de ses recherches, il découvre qu'il pourrait bien lui aussi figurer sur la liste des malfaiteurs assassinés. Un récit palpitant magnifié par les couvertures d'Alex Ross et l'introduction signée Frank Miller.
 

Astro City 7 ans aprés...

Heureux possesseur des 3 volumes sortis en souscription chez SEMIC en 1997, 1999 et 2000, j’attendais désespérément la suite d’ASTRO CITY. Pour mémoire, les 3 premiers volumes contenaient :

ASTRO CITY (vol 1) 1 à 6
ASTRO CITY (vol 2) 4 à 9
ASTRO CITY (vol 2) 1 à 3 et 10 à 12

7 ans plus tard, Le nouveau volume, contient ASTRO CITY (vol 2) 14 à 20 : "DES AILES DE PLOMB".

Aurons-nous un jour le n° 13, peut-être écarté par superstition ? Oui, je suis un immonde complétiste…

Astro city est le jouet que Kurt Busiek s’est crée pour pouvoir s’amuser à sa guise avec les personnages iconiques de la culture américaine, qu’ils soient de chez Marvel, DC et autres maisons d’édition, et sans avoir de comptes à rendre à personne. Brent Anderson prête aux histoires de Busiek la classe et le classicisme qui fleurent bon l’age d’or des comics, souligné par les superbes couvertures d'Alex Ross. Chaque histoire étant indépendante, ne craignez pas d’être perdus dans les méandres de cette ville, même si vous pourrez y entendre parler de surhommes venus de planètes lointaines, de femmes héroïnes venant d’autres civilisations, de vigilants de l’ombre, d’acrobates justiciers ou de familles de super-héros…

« Il n’est pas malin. Il n’est pas courageux. Et il ne veut pas du job. Mais il a quelque chose dont ont désespérément besoin les gens de Kiefer Square.
Il est dur à tuer.
Il lui faudra bien çà ».


Carl « Steeljack » Donewicz est de retour à Kiefer Square après une longue peine de prison. Dans ce quartier oublié des « anges » qui protègent les autres quartier d’Astro City, les « masques noirs » sont mystérieusement assassinés. Cette communauté marginale qui ne peut pas non plus compter sur la Police a besoin que quelqu’un enquête…

Kurt Busiek joue avec les codes du polar et rend hommage aux Pulp magazines des 50’s. Quelque part entre « Jackie Brown » et « Carlito’s way »,son personnage cherche sa place entre sa gloire passée et oubliée par une jeune génération de truands avides et sans honneur et la volonté de se ranger, coincé entre son agent de probation et des petits boulots qu’il n’arrive pas à garder. Les seules personnes qui l’acceptent et ont besoin de lui sont ceux qu’il doit justement éviter de fréquenter…

L’histoire de Steeljack, c’est une réflexion sur le temps qui passe, la bonne conscience des représentants de la justice qui affichent un manichéisme rassurant, niant soigneusement la frontière ambiguë qui fait de vous un héros ou un criminel. C’est l’histoire de paumés avides de reconnaissance et du prix qu’ils sont prêts à payer pour l’obtenir. C’est aussi une visite dans une communauté avec ses codes et ses solidarités, ses hiérarchies et ses coulisses. C’est un récit captivant et émouvant sur un homme qui arrive à la fin de sa vie et qui espère avoir le courage de se retourner sans avoir à rougir. « Les ailes de plomb », c’est l’histoire d’une rédemption.

Panini offre un bel écrin à ce récit d’exception traduit avec talent par Jérémy Manesse. Loin d’un modernisme tapageur et m’as-tu-vu qui alignerait les Splash-pages pour faire traîner une intrigue embryonnaire sur 10 épisodes, Busiek et Anderson nous livrent un récit dense et profondément humain. Refusant la facilité d’une noirceur et d’une violence gratuite et démagogique, les auteurs prennent le temps de nous présenter chacun des protagonistes en lutte contre la fatalité pour conclure impeccablement leur intrigue sur un affrontement désespéré rythmé d’onomatopées guerrières !

Prenez la prochaine sortie pour Astro city et roulez doucement!

 

Le renouveau super-héroïque

Ouvrir un ouvrage de Kurt Busiek, c'est, pour moi, toujours une surprise, tant l'homme nous a habitué à du très mauvais (JLA) comme à du très bon (Marvels avec Alex Ross, et maintenant Astro City). Heureusement, Astro City, c'est du lourd, du très lourd.

L'ouvrage s'inscrit dans un courant qui reprend les fondamentaux du super-héros (le Silver Age: Lee, Kirby, Ditko et consorts) en essayant d'en livrer une analyse pertinente, pas forcément réaliste et corrosive à la Authority, mais une analyse beaucoup plus fine, intelligente et même humaniste.

Astro City, c'est du Kurt Busiek de très haut niveau, et ce présent ouvrage qui m'a fait découvrir la saga me donne envie de dénicher rapidement les quelques autres. Busiek s'intéresse ici au sort d'un ex-super vilain, Steeljack, homme de métal qui, en sortant de prison, va tenter de déjouer un piège qui risque de mettre la ville à feu et à sang, et essayer de se racheter par la même occasion. Busiek cerne d'emblée le personnage, un vieux gaillard brave mais qui n'a pas eu de chance, qui traine sa misère en ne demandant qu'une petite vie peinarde, mais qui va quand même donner de sa personne pour sauver des gens. Nous suivrons d'ailleurs le personnage tout du long et progresserons en même temps que lui sur l'enquête, puisque Steeljack est, en plus d'être le héros de l'histoire, le narrateur. Et son épopée va permettre à Busiek d'analyser de façon très rigoureuse et réaliste la situation des super-vilains, dans une optique qui m'a assez fait penser à Watchmen : une synthèse pertinente sur une partie de l'histoire et les poncifs du comic-book, ici les super-vilains, sans que cette analyse n'empiète sur la qualité du récit qui, si l'on excepte l'épisode final que j'ai trouvé assez vite expedié (et il faut dire qu'une dizaine de pages de baston après toute la qualité auquel on a eu droit, ça tâche), demeure un très bon récit, d'une densité assez surprenante : on a vraiment l'impression que le récit fait deux fois plus de pages!

Au niveau des dessins, Brent Anderson se débrouille très bien, et son trait puissant est parfait pour dessiner le visage de Steeljack, un visage aussi marqué que sa vie passée. D'ailleurs, ce dessinateur m'a fait penser à Igor Kordey : même puissance dans les expressions du visage, même trait fort et d'apparence maladroite, même grand sens narratif. Kordey est juste un petit peu plus adroit dans sa composition de planches et a un trait encore plus personnel, mais en observant bien, les caractéristiques des deux dessinateurs sont assez similaires, du moins pour ce récit.

En bref, une analyse intelligente et pertinente du super-héros, et plus particulièrement des super-vilains, au travers d'un épisode de la vie de Steeljack, personnage merveilleusement caractérisé, qui va le changer à tout jamais. Du comic-book de haut niveau.

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