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Young Liars, t.1

Auteur
 David Lapham (scénario & dessin)
Editeur (Collection)
 Vertigo
Date de parution
 Décembre 2008
Prix
 9.99 $
Nombre de pages
 144
Episodes VO
 Young Liars #1-6
Correspondance VF
 Inédit (Éditions Panini courant 2009)

 

From the creator of Stray Bullets comes this rip-roaring, hardcore urban adventure comic! When young Sadie gets a bullet lodged in her brain, it sets her group of friends on an insane ride where nothing is what it seems! Featuring an introduction by rockstar and Eisner Award-winner Gerard Way!

Tout est dans le titre !

Danny Noonan était juste un de ces jeunes losers dans la vingtaine, avec un job merdique et un groupe de rock tout aussi merdique avec lequel il n'irait nulle part. C'était vrai jusqu'à ce qu'il rencontre Sadie, la fille d'un homme d'affaire complètement allumé du cigare et dont la perversité doit être la seule chose plus dangereuse que ses hommes de main. Maintenant, Danny est un de ces jeunes losers dans la vingtaine, avec un job merdique, mais un job merdique à New-York, accompagnant une Sadie qui a fuit son paternel. Sauf que depuis que cette dernière a reçu une balle qui s'est logée dans sa tête (et qui ne l'a miraculeusement pas tuée), elle est devenue totalement incontrôlable. Accro à l'adrénaline, Sadie en fait voir de toutes les couleurs à Danny et à leur bande de potes dégénérés. Ce qui n'aide pas vraiment quand les gros bras du géniteur débarquent…

Dernière invention en date de David Lapham, ce Young Liars est une réelle bouffée d'air frais dans les comics mainstream parfois bien trop moribonds. D'ailleurs, il ne parait pas innocent que l'auteur commence son premier épisode avec une planche où, durant un concert de rock, on voit un type se prendre une énorme mandale en pleine poire et finalement saigner du pif. Un bon gros poing dans la gueule… Du rock n'roll… Le ton est donné : Young Liars ce sera du sang, du sexe et de la sueur ! Plus loin, on suit le fil des pensées de Danny, le narrateur de l'histoire, qui nous présente petit à petit son univers. Entre des potes tous aussi minables que lui (une ex-top model anorexique, une groupie abonnée aux ''local-band'', un travelo toxico et un fils de riche con comme un balai), sa vie pitoyable, et son amour secret pour Sadie, il est le parfait ''beautiful loser''. Dans ce premier recueil, Lapham nous offre une belle brochette de personnages qu'on aime détester, dont on se moque allégrement, pour nous les faire finalement apprécier en nous les montrant sous un jour plus attachant. C'est à ce moment, une fois qu'il a œuvré pour l'empathie du lecteur envers ses créations, que le scénariste va intelligemment commencer à ébranler ce microcosme en les emmenant dans une aventure complètement abracadabrantesque et délirante. Se muant au fur et à mesure en une espèce de road-movie dégénéré, la série va alterner entre rapports humains déglingués et passages d'action foutraque et jouissive. En ce sens, Young Liars fait un peu penser au Preacher de Ennis, mais dans le style urbain de Lapham… Un très bon début en tous les cas !

Pour ce qui est de la forme, et comme à son habitude, Lapham dessine lui-même son histoire. Collant au côté ''Sex, Drug & Rock 'n' Roll'' du récit, l'artiste produit des planches nerveuses et électriques qui arrivent parfaitement à retranscrire visuellement l'ambiance dégagée par la narration et les dialogues. Traits expressifs et vivants, sens du cadrage et du rythme, storytelling classique mais efficace… Lapham n'a toujours pas trouvé le moyen d'être décevant, et on est loin de vouloir s'en plaindre ! Pour la couleur, c'est le très bon Lee Loughridge qui s'y colle. Le bonhomme, qu'on a pu notamment apprécier avec l'arc Red Sepulchre sur la série Hellblazer, et le parfait complément au style très vivant du dessinateur. Par ses choix de teintes, le coloriste sert le travail de Lapham pour nous offrir un très beau rendu final.

Une série qui commence bien… Très bien même ! Alors foncez !

Sadie B. Goode

Je n'ai pas réalisé, au moment où je me plongeais avidement dans la lecture de ce nouveau Lapham, à quel point j'avais placé la barre haut. Il y a six mois, j'achevais l'intégrale (temporaire puisque la série n'est pas terminée) de Stray Bullets, et ce fut probablement ma lecture de l'année. Je suis un fan absolu de l'auteur, et étant d'un naturel critique et intolérant, ce qui devait arriver arriva : la lecture de Young Liars me laisse avec un sentiment mitigé. Il aurait peut-être été plus prudent/intelligent de me lancer dans une relecture avant de composer ma critique mais je ne vois pas pourquoi l'album aurait le droit à un traitement de faveur :)

Je vais attaquer par la première chose qui saute aux yeux : la couleur. Elle n'a rien de raté, c'est un fait. Mais elle n'apporte strictement rien non plus. Pire, je trouve qu'elle atténue quelquefois le graphisme si particulier (et redoutable d'efficacité) de Lapham. Il n'y a rien qui me vraiment fasse hurler au sacrilège mais il s'agit tout de même d'une fausse note à mes yeux.

La mise en scène s'adapte au récit, on ne retrouve plus les cases au silence pesant de Tue moi à en crever (ou même de Stray Bullets), ni les compositions hitchcockiennes (sous speed) de Silverfish. Place aux grandes cases pour mettre en valeur Sadie, le découpage est au service d'une action frénétique, parfois à la limite de l'absurde (but hey ! It's a comic book !).

Pour ce qui est du fond, j'ai eu un peu de mal. Pour bien nous faire comprendre qu'il s'agit d'une histoire rock'n'roll, Lapham va jusqu'à surcharger son script d'allusions à cette musique de sauvages. Ce procédé finalement maladroit étouffe un peu le développement de l'intrigue, et puis, les sensations musicales sont difficiles à rendre dans une bande dessinée (en tout cas Lapham n'a pas recours aux procédés adéquats puisqu'il conserve une approche semi-réaliste classique avec seulement des onomatopées et des motion lines pour les personnages). J'espère qu'il lèvera un peu le pied sur la suite.

Pour ce qui est de l'idée de base, elle est excellente. Les personnages sont assez familiers et proches de ce que fait Lapham. Il prouve encore une fois qu'il est un véritable tordu, puisque le dernier chapitre contient une scène monstrueuse, qui va changer la donne de façon permanente. Ce virage est d'ailleurs appréciable puisqu'il relance l'intérêt de la série dans le rapport entre les deux personnages principaux. Mais il faut bien dire que je l'ai attendu avec anxiété cette scène, Lapham m'aura fait douter de lui avec un début assez confus qui me laissait présager du pire. L'accumulation de scènes où Sadie fait des cascades toutes plus abracadabrantes les unes que les autres me laisse également dubitatif, ça va de pair avec la répétition de la thématique rock, relativement redondante et inutile. La construction en flashbacks exige un bon effort de concentration.

Pour conclure, on se retrouve avec un premier album excité, plein de bruit mais un peu imprécis. On sent toujours la patte de Lapham et il est clair que c'est une série que je vais suivre avec intérêt, mais on est loin de la sensation de se faire poignarder avec une précision chirurgicale qu'on avait à la lecture de Stray Bullets et autres.

Allez, on va dire que c'est rock'n'roll, pas de besoin de chanter juste du moment qu'on met l'ambiance.

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