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Why I hate Saturn

Auteur
 Kyle Baker
Editeur (Collection)
 Delcourt (Pourquoi je déteste Saturne)
Date de parution
Novembre 1999
Prix
 18€
Nombre de pages
 208
Episodes VO
 Why I hate Saturn one-shot

 


Anne Merkel est une New-Yorkaise typique. C'est-à-dire qu'elle pose un regard lucide et caustique sur ses complexes, sa déprime chronique, son whisky, son travail de journaliste trop bien payé pour le temps qu'elle y consacre. Mais tout ça ne serait rien s'il n'y avait sa sœur, écolo au dernier degré, qui lui tombe dessus un beau jour, costumée en Saturnienne et poursuivie par un maniaque dangereux !

Chroniques de la "vie" new-yorkaise

Premiers essais avec l'auteur Kyle Baker, reconnu surtout pour ses Plastic Man, je dois dire que je n'ai pas été déçu : Why I hate Saturn nous raconte l'histoire d'Anne, chroniqueuse branchée d'un magazine de mode new-yorkais, ses péripéties avec son meilleur ami, Ricky, ou encore avec Laura, sa soeur un peu frappée qui croit à tout prix qu'elle vient de la planète Saturne (d'où le titre d'ailleurs). Le tout nous est servi dans des encadrés pleine page qui contiennent des cases, logique, mais sans bulles et avec les textes en dessous des cases. C'est un peu comme les mangas à lire de droite à gauche, ça nécessite deux pages d'adaptation et après on s'y fait.

Why I hate Saturn, c'est ce qu'on appelle communément une chronique de la vie new-yorkaise, forcément exagérée, avec une héroïne principale qui est sarcastique, mauvaise par moment, d'une personnalité très affirmée : elle m'a directement fait penser à Enid et Rebecca de Ghost World (Dan Clowes), vous voyez le genre. Mais sa personnalité n'a rien d'exagéré et Kyle Baker arrive à nous faire accrocher à ses aventures, prétexte à toutes les critiques possibles sur l'Amérique et plus particulièrement la ville de New-York et au mode de vie de ses citadins. Le récit se compose de 23 chapitres, allant d'une à une quinzaine de pages, constituant chacun des histoires séparées (chaque chapitre peut être lu indépendamment) mais suivant une ligne claire qui conduira à une réelle intrigue sur près de la moitié du bouquin. 

A part ça, le scénario se lit très bien, les dialogues sont vraiment savoureux et surtout les caractères des personnages (alors qu'aucun n'est un saint, loin de là) les rendent très attachants. Je regrette juste une conclusion un peu hâtive avec un Deus Ex Machina pas forcément utile, mais il fallait bien conclure à un moment ou un autre et sans ça, le récit aurait pu aller encore loin.

Au niveau du dessin, Kyle Baker fait preuve d'un trait minimaliste, et dessine avec ce qu'on dirait être un feutre, tant les traits sont tous uniformes. Il capte à la perfection les expressions de visage des protagonistes et s'amuse à les amplifier exagérément (on est pas loin de Plastic Man certaines fois). Le tout bénéficiant d'un léger lavis clair afin de faire ressortir le trait. Il est clair qu'ici, le dessin n'est qu'un support aux textes, et on ne peut donc parler de réelle symbiose, mais le but fixé (c'est à dire servir de faire-valoir aux textes) est largement respecté.

En bref, une chronique de la vie new-yorkaise mordante de second degré, dotée de personnage très attachants : un petit road-movie éminemment sympathique qui m'a donner envie d'en savoir plus sur Kyle Baker.

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