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War Stories, t.1

Auteur
 Garth Ennis (scénario), Chris Weston, John Higgins, Dave Gibbons & David Lloyd (dessin)
Editeur (Collection)
 Vertigo
Date de parution
 Juillet 2004
Prix
 19.99 $
Nombre de pages
 240
Episodes VO
 War Story, vol.1 #1-4
Correspondance VF
 Inédit

 

Collecting the first four 56-page one-shots from writer Garth Ennis' acclaimed WAR STORY run at VERTIGO, this 240-page collection features some of the finest war comics ever to see print in the modern age. A labor of love by Ennis (PREACHER, HELLBLAZER, HITMAN, The Punisher), WAR STORIES VOL. 1 tells four very different stories from four of the countless viewpoints on World War II. WAR STORIES VOL. 1 also includes a new afterword by Ennis.

I don't mind the war. But I hate the fucking army.

De la Wehrmacht qui perd du terrain sur le front russe aux forces alliées continuant leur avancée sur la Ligne Gothique, de l'occupation de l'Allemagne jusqu'aux batailles navales se déroulant sur les mers qui entourent l'Europe, la Deuxième Guerre Mondiale fait rage et des hommes de toutes nationalités, religions et milieux y prennent part…

Avec ces deux volumes de quatre épisodes chacun, la série War Story nous conte huit histoires sur la guerre de 39-45. Dans ce premier TPB, est recueilli le Volume 1 dans son intégralité.

Johann's Tiger ouvre le bal avec son histoire centrée sur ces pilotes de chars allemands qui, laissés à l'abandon, vont devenir des déserteurs. Garth Ennis fait narrer son récit par l'Oberstleutnant Johann Kleist, un homme totalement détruit par les actes qu'il a commis durant le conflit. Figure déchirée entre ce qu'on lui ordonne et ce qu'il pense être juste, Kleist est magnifiquement traité par l'auteur jusque dans cette scène finale où libération rime avec regrets perpétuels. Aux crayons, on retrouve un Chris Weston (The Filth, Ministry Of Space, The Invisibles, …), comme à son habitude très en forme. Malgré un style très académique, l'artiste ne tombe jamais dans la facilité, notamment en sachant varier ses compositions de pages lors des moments intenses. Une très bonne association scénario/dessins.

Le recueil se poursuit avec D-Day Dodgers qui raconte l'histoire de ces militaires anglais sur le front italien durant la bataille de Monte Casino. Dessiné par un John Higins (Hellblazer avec Warren Ellis) très inspiré, dont le trait fin et la narration fluide font des merveilles, ce récit raconte l'état d'âme de ces soldats alors que tous les regards se portaient sur le débarquement en Normandie et qu'ils étaient traités de tires-au-flanc (Dodgers en VO) par Lady Astor, une femme politique britannique qui nia par la suite avoir dit ces mots… Partant de cette idée, Garth Ennis confronte un jeune officier de la classe aisée anglaise plein d'illusions à des hommes de tous les milieux, qui ont vécu la guerre, et qui sont désabusés (le Captain Lovatt, catholique qui n'y croit plus). Basant la fin de son récit sur The Ballad Of The D-Day Dodgers, un chant écrit par un anonyme, Ennis arrive à prendre aux tripes sans esbroufe et s'en en rajouter. Un moment très fort !

Avec Screaming Eagles, le ton est plus léger. En Allemagne, la guerre est pratiquement terminée, et les troupes américaines attendent la visite des grands pontes. Le Sergeant Brewer et ses hommes ont pour mission de trouver un QG pour le General Bleddings. Arrivés dans une maison de Maître contenant des trésors cachés par des officiers de la Wehrmacht (vins, nourriture, tableaux, or, …), ils décident de prendre 2 jours de ''vacances''… Cette histoire permet à Ennis de montrer le ressenti d'un soldat (Brewer) non pas par rapport à la guerre, mais plutôt par rapport à l'armée et sa hiérarchie (le ''I don't mind the war. But I hate the fucking army.'' lourd de sens). Pour la partie graphique, c'est Dave Gibbons (The Watchmen, Green Lantern Corps, …) qui s'y colle. Très classique dans sa construction comme dans ses cadres, l'anglais est néanmoins comme toujours très plaisant à suivre. Magnifiées par les superbes couleurs de Pamela Rambo (Preacher), qui fait d'ailleurs un excellent travail sur presque tout le recueil (elle laisse la colorisation du quatrième épisode à David Lloyd), les planches de Gibbons sont des leçons de narration simple mais efficace. Un récit à l'humour doux-amer qui rappellera sans doute des souvenirs à quiconque ayant servi quelques temps sous les drapeaux…

Le recueil se termine en beauté avec Nightingale, l'histoire de ces marins anglais qui devaient protéger les convois de matières premières en partance pour les différents fronts d'Europe. Garth Ennis nous dresse les portraits d'un capitaine (un vieux loup de mer) et de son second (un jeune officier encore naïf) et nous narre leurs périples risqués face aux éléments et, surtout, à la dangereuse marine allemande. Dans ce récit, le scénariste arrive rendre presque perceptible cette impuissance face au danger qui peut survenir à tous moments (la mer déchaînée, les cuirassés, les U-Boot…), et maintient la tension jusqu'aux dernières pages. Mis en image et colorisé par David Lloyd, les planches sont de toute beauté. La mer se révèle être terrifiante et dangereuse, tout comme les impressionnants navires de guerre, représentés dans le style charbonneux et inimitable de l'artiste. Une réelle réussite graphique qui confirme, une fois de plus, tout le bien qu'on pense du britannique.

En conclusion, ce premier tome est un travail remarquable de Garth Ennis qui mélange faits historiques et personnages de fiction avec talent, le tout servi par un quatuor d'excellents dessinateurs… Un must-have !

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