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Silverfish

Auteur
 David Lapham (scénario & dessin)
Editeur (Collection)
 Panini Comics (Vertigo GN)
Date de parution
 Juillet 2009
Prix
 18€
Nombre de pages
 160
Episodes VO
 Silverfish

 

The acclaimed urban noir graphic novel from David Lapham (YOUNG LIARS, Stray Bullets) is now available in paperback. What starts as a childish bid for her father's affections turns into nail-biting suspense when a young girl named Mia falls into a world of crime, lies and gritty realism!

Dem Fish, dem Fish is swimmin'…

Alors que son père et la nouvelle femme de ce dernier, Suzanne, sont partis pour le week-end, Mia Fleming et ses amis, fouinant dans les affaires de la belle-mère, tombent sur un carnet d'adresses suspect et trouvent 50'000 $ cachés dans le fond d'une valise. Tandis que Mia commence à démêler le vrai du faux dans la double-vie de Suzanne, son quotidien bascule dans l'horreur lorsqu'elle ouvre la boîte de Pandore en appelant un des contacts trouvé dans le carnet : un certain Daniel…

Créateur de la série-culte Stray Bullets, David Lapham nous propose, avec ce graphic novel, un thriller dans lequel la vie de jeunes banlieusards américains moyens va se transformer en cauchemar éveillé. Si l'histoire (presque ''banale'' pour le genre) a déjà été vue et revue mille fois au cinéma comme en bande-dessinée, elle est le moteur bien huilé qui permet au scénariste de s'épancher sur le traitement en profondeur de ses personnages. Se déroulant dans la deuxième moitié des années 80, l'œuvre nous fait suivre les pérégrinations des insouciants Mia, Vonnie, Scott & Co. qu'on croirait tout droit sortis d'un film de John Hughes. Dans la première partie, évitant les clichés dont certains affublent les figures adolescentes, l'auteur arrive à crédibiliser ces jeunes adultes en devenir tout en s'intéressant à leurs états d'âme. Pour la suite, le rythme s'accélère et la narration devient alors plus nerveuse et riche en rebondissements. Mais, tout en amplifiant la tension de son récit, Lapham arrive, là encore, à s'étendre sur un autre protagoniste clef de ce comics : Suzanne. Même si ce portrait de femme blessée n'est en rien innovant, il est toutefois bien géré par l'artiste qui donne les informations au compte-gouttes, laissant ainsi planer le doute (presque) jusqu'à la fin. D'une certaine manière, ce Silverfish n'est pas sans rappeler le cinéma d'Alfred Hitchcock, où des histoires bien rodées permettaient au cinéaste d'étoffer la psychologie des personnages…

Visuellement, Lapham est égal à ce qu'il a pu produire jusqu'à présent dans ses creator-owned, c'est-à-dire très bon ! Son trait appuyé et tout en expressivité (ces visages !) allié à un storytelling sobre mais efficace sont les meilleurs outils au service du scénario. Par contre, et contrairement à Tue-Moi À En Crever, l'artiste délaisse le noir & blanc pur et s'associe à Dom Ramos pour une finition en dégradés de gris qu'on pourrait qualifier de ''sale'' (mais volontairement sale, qu'on se rassure…). Appuyant les grands moments de suspens du récit, ce procédé fonctionne à merveille, d'autant que les gouttières des planches imprimées en noir profond accentuent grandement la tension lors des passages où la terreur prend le dessus. Arrivant parfaitement à retranscrire l'ambiance qui se détériore au fur et à mesure de l'histoire, Lapham et Ramos remplissent parfaitement leur cahier des charges.

Un thriller graphique prenant et qu'on ne lâche pas avant d'avoir lu la dernière page ! Typiquement le genre de lecture à conseiller aux gens qui aimeraient s'initier aux comics mais sans passer par la case ''costume en spandex''…

Vous aimez les vrais bons polars ?

Une famille brisée par le récent décès de la figure maternelle, un père qui retrouve une compagne et part en week-end avec, deux filles restées seules à la maison et qui ont tout le temps pour farfouiller dans les affaires de celle-ci et de mettre à jour des secrets qui n'auraient pas dûs être révélés. Il n'en faut pas plus à David Lapham, maître du polar brutal et sans concession (Stray Bullets, Tue-moi à en Crever), pour nous pondre un autre bijou.

Sous le couvert d'une intrigue plutôt simple, Lapham va faire progressivement monter la tension au fur et à mesure des découvertes dans la première moitié, une tension palpable qui va culminer jusqu'à nous exploser en pleine figure dans la seconde moitié, où l'action et les courses-poursuites vont prendre le devant et nous tenir en haleine jusqu'à la fin. Dire que David Lapham maîtrise le polar est réducteur tant la qualité de Silverfish est grande. C'est dur, tendu, stressant tout du long et il est impossible de relâcher le bouquin avant de l'avoir fini. Simplicité et qualité sont les deux mots pour décrire cette oeuvre de la maturité par un Lapham dont on espère fortement avoir le Young Liars en vf !

Tel un grand cinéaste, Lapham n'a plus grand chose à prouver en terme de dessins. Son style sobre et classique dénote pour qui veut bien s'y attarder un sens très pointu du storytelling avec, entre autres, une gestion de l'espace tout bonnement parfaite. Pour le reste, pas grand chose à redire non plus : personnages expressifs, rendu du suspense jusque dans les dessins, scènes d'actions prenantes et haletantes. Le tout en niveaux de gris qui ne font qu'accroître le volume des dessins, en plus d'apporter une légère teinte de malaise parfaite pour ce récit.

En bref, du thriller très très haut de gamme, l'un des achats obligés de ces derniers mois.

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