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C’est une poupée qui dit non, non, non, non, non, non…

En retrouvant sa grand-mère maternelle, Rose Walker est projetée dans une aventure qui va la faire voyager à la frontière du réel et du rêve. Aux prises avec The Corinthian, un tueur en série sadique échappé du royaume de Dream, Rose va apprendre la vérité sur sa vraie nature…

Pour entamer ce deuxième recueil, Neil Gaiman nous narre une vieille légende africaine qui, à première vue n’a pas grand-chose à voir avec le story-arc conté dans ces pages (The Doll’s House donc…). Mais ce serait bien mal connaître le scénariste que d’oser croire qu’il puisse laisser les choses au hasard. Car en effet, et comme le prouveront au fur et à mesure les épisodes qui s’enchaînent dans ce volume Gaiman traite (entre autres) bel et bien du même sujet : l’amour. L’amour à travers le temps et l’espace, l’amour avec un grand A, et ce qu’il soit passionné, filial ou simplement le résultat d’une amitié solide. Pour ce faire, l’auteur va partir d’un personnage auquel le lecteur pourra facilement s’identifier (Rose) et gentiment la faire évoluer de l’état de simple mortelle encrée dans les tourments quotidiens, à celui d’un être céleste au centre d’une épopée fantastique. De par ses rencontres avec d’autres protagonistes (sa grand-mère, Gilbert, puis finalement Dream), et en affrontant de nouvelles situations (la vérité sur sa famille, la recherche de son frère, la rencontrer avec The Corinthian, puis finalement celle avec Dream), Rose, tout comme l’héroïne du conte faisant office de prélude, va être mise à l’épreuve de manière symbolique pour finalement (re)devenir ce qu’elle était réellement. En ce sens, Neil Gaiman nous offre ici une leçon de narration qui fait honneur à son talent de raconteur d’histoire. Encore un sans-faute pour le britannique.

D’un point de vue graphique, et même si certaines planches accusent le poids des années (notamment de part la colorisation ‘‘datée’’ de Robbie Bush), les dessins de Mike Dringenberg et Malcolm Jones III possèdent toujours une puissance visuelle intrinsèque. Parmi la ribambelle d’artistes apportant leur pierre à ce deuxième volume, c’est bel et bien eux qui maîtrisent le mieux leur sujet. Preuves en sont la mise en image du conte africain, introduction à The Doll’s House, ou mieux encore la rencontre finale entre Rose et Dream qui, de part un storytelling simple mais où les angles de vue et les niveaux de zoom contribuent parfaitement à une immersion totale du lecteur, sont des réussites totales de bout en bout.

En conclusion, avec un sujet mille fois traité dans une multitude de médiums distincts, Neil Gaiman sort son épingle du jeu et prouve qu’il est l’un des meilleurs scénaristes de bande-dessinées de sa génération, voir l’un des meilleurs scénaristes tout court !

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