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Sandman, t.10

Auteur
Neil Gaiman (scénario), Michael Zulli, John J. Muth et Charles Vess (dessin) 
Editeur (Collection)
Panini Comics (Vertigo Cult)
Date de parution
Avril 2009
Prix
24.00 €
Nombre de pages
194
Episodes VO
Sandman #70-75

 

Dieux antiques, amis et ennemis s'assemblent dans Veillée Mortuaire pour rendre un dernier hommage à feu le roi du Rêve et conclure l'interminable histoire de Morphée l'Eternel. Après de très étranges obsèques, les échos de Morphés subsistent. Ils effleurent un homme qui refuse la mort, un lettré chinois perdu dans le désert du Rêve, et enfin Shakespeare qui, au crépuscule de sa vie, doit remplir envers Sandman une obligation consentie vingt ans auparavant.

The End ?

"Chaque album de la série "Sandman" est un récit autonome qui peut se lire indépendamment des autres volumes" nous est indiqué sur le quatrième de couverture, comme pour tout les autres tomes de Sandman. La bonne blague. Autant l'affirmation est vraie pour les premiers volumes, autant on aura du mal à suivre le neuvième tome si on n'a pas lu les précédents, et pour ce qui est de ce dernier tome c'est quasiment mission impossible ! Donc attention à la publicité mensongère de Panini...

Nous voilà donc déjà au dernier tome de la série Sandman, série qui du haut de ses 75 épisodes prend réellement le statut d'incontournable.

On assiste au début de ce recueil à une saga sobrement intitulée "Veillée Mortuaire", qui en 4 épisodes (3 de déroulement et 1 d'épilogue) nous conte les obsèques de Morphée, qui fut roi du Rêve pendant un très long moment. C'est l'occasion pour Gaiman, tout au long d'une étrange cérémonie très codifiée, de faire intervenir tout les personnages des précédents opus ayant étés marqués par Sandman, des plus importants (comme les Éternels) jusqu'aux plus anecdotiques (comme le domestique Mervyn the Pumpkinhead). Un hommage touchant au défunt est donc célébré par un nombre impressionnant de personnages, dont tous nous ont marqués d'une façon où d'une autre dans la série. Gaiman s'est réellement imposé en créant une vaste galerie d'individus à l'histoire et aux caractères tous plus intéressants les uns que les autres. Et l'épilogue se referme avec un épisode centré sur Robert Gadling, ou l'homme qui ne mourrait pas, encore en conflit avec l'époque actuelle, et qui, ayant perdu un important ami (vous avez compris qui), nous parle du fait de vieillir et de mourir. Beau et touchant, encore une fois. Gaiman est décidément un grand maître.

Le dessin est assuré par Michael Zulli, au trait très classique mais surtout minutieux, détaillé. Un trait également très expressif qui orne de bien belle manière le scénario de Neil Gaiman, porté par de jolies couleurs (ça nous change, la série étant habituée à un massacre à chaque fois) malheureusement un peu trop délavées.

L'avant-dernier épisode, sorte de conte magnifiquement peint à l'encre de chine par John J. Muth, est l'histoire d'un préfet chinois emmené en exil à l'autre bout de la Chine par l'Empereur, et qui va durant ce voyage vivre une expérience mystique avec Dream. Un récit un peu à part mais qui s'intercale néanmoins dans la série grâce à un scénario très intelligent. Encore une fois, rien à redire, l'ensemble, que ce soit le récit ou son illustration, est magnifique.

Souvenez-vous, dans le Sandman t.3 (Domaine du Rêve), Sandman avait fait promettre à Shakespeare, en guise de services rendus, de lui accorder deux pièces. Il s'était acquitté de la moitié de sa tâche, et le dernier épisode est centré sur la deuxième pièce qu'il lui restait à écrire. Un récit qui traîne un peu en longueur, malgré une écriture raffinée et des personnages très intéressants, qui est rehaussé par les dernière pages, discussion entre nos deux compère qui conclut d'une belle façon cette série.

Bilan de ces 75 épisodes ? Une série comme on en voit peu, véritable embarcation dans un monde onirico-fantastique dense et parfaitement maîtrisé, gorgé de personnages profonds et attachants. Un voyage sans fin, bonheur de chaque instant. Peut-être LA série Vertigo à faire. Chef d'oeuvre.

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