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El Diablo

Auteur
 Brian Azzarello (scénario), Danijel Zezelj (dessin)
Editeur (Collection)
 Vertigo Comics
Date de parution
 Janvier 2008 (Reprint Edition)
Prix
 12.99 $
Nombre de pages
 104
Episodes VO
 El Diablo #1-4
Correspondance VF
 Inédit

 

Collecting the hard-hitting Western miniseries by Eisner Award-winning writer Brian Azzarello (100 BULLETS, LOVELESS) and artist Danijel Zezelj (LOVLESS). Small-town sheriff Moses Stone is running from his past, and from something even worse: the legendary El Diablo, a relentless, violent gunman who has unearthed the skeletons in Stone's closet. Is El Diablo a man on a mission, or is he a spirit of atonement avenging the ghosts of the past?

We all got shit we wish we never done

Le shérif Moses Stones à une vie tranquille à Bollas Raton : un bon travail, une femme aimante, et une réputation qui l'aide à faire régner le calme dans la région. Le chasseur de primes qu'il était et qui répondait au nom de ''Holy'' Moses ne poursuit plus les fuyards à travers l'Ouest sauvage. Du moins, pas jusqu'à ce qu'El Diablo, un hors-la-loi, ne fasse une visite barbare dans son hameau…

Bien avant Loveless, en 2001, Brian Azzarello s'essayait déjà au western délétère avec cette minisérie en quatre épisodes : El Diablo.

Quel bon synopsis de film aurait pu être ce comics ! Dommage que les westerns ne soient plus trop ''bankables'' pour les studios hollywoodiens. Alors ? Que nous concocte Azzarello cette fois ? Et bien, assez intelligemment, il va se baser sur un archétype de ce genre d'histoires (un hameau tranquille, un shérif que tout le monde respecte, un fauteur de troubles qui déstabilise l'ordre établi, la chasse à l'homme qui s'en suit, etc...), mais pour mieux poser une histoire sournoise et à tiroirs qui tourne autour de la personnalité pas si simple que ça de Moses Stones. Plus on avance dans le récit, plus le scénariste gratte le vernis autour de ce protagoniste, pour au final le mettre à nu de bien belle façon et retourner alors le lecteur (qui pensait être devant une histoire somme toute banale) comme une crêpe. Parallèlement, Azzarello nous offre de très belles figures secondaires (Paw Paw le chasseur de primes à moitié indien, Cal Chaney le shérif de Halo, Ruth la prostituée, etc...) qui, malgré un développement quelque peu amputé dû au nombre d'épisodes restreints, permettent de donner du corps à cette minisérie. Finalement, d'un simple western, l'auteur aura passé à un scénario dense et bien plus malin qu'il n'y paraissait au premier abord.

Aux graphismes, le croate Danijel Zezelj fait des merveilles. Si son style n'est encore pas autant abouti que dans les épisodes produits pour la série Loveless, on reconnait très vite son touché et sa patte inimitable. Dessins anguleux et s'appuyant sur des figures géométriques… Traits gras et puissants… Aplats de noirs charbonneux et profonds… Le lecteur est très vite jeté dans un climat sombre et malsain qui appuie le scénario tendu d'Azzarello. Pour ses compositions de pages, l'artiste marie cases en gouttière standard avec vignettes superposées les unes sur les autres, tout en jouant avec les cadrages et différents niveaux de zoom. S'il faudrait faire un reproche à la partie visuelle, c'est vers Kevin Somers, le coloriste, qu'il faudrait se tourner. En effet, le choix des tons peuvent laisser perplexe. Là où l'on devrait ressentir la chaleur et l'âpreté de l'Ouest sauvage, les couleurs froides privilégiées par Somers ne concordent décidément pas et font grise mine. Vraiment dommage, car sans ça le visuel aurait été proche du sans faute.

Un bon comics qui ne révolutionne certainement rien mais qui plairait sans aucun doute à tous les amateurs de western couillu et à ceux qui apprécient les histoires tordues et dérangées.

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