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100 Bullets t.5

Auteur
 Brian Azzarello (scénario), Eduardo Risso (dessin)
Editeur (Collection)
 Panini Comics (100% Vertigo)
Date de parution
 Février 2008
Prix
 13€
Nombre de pages
 144
Episodes VO
 100 Bullets #20-25

 


Une photo incriminant ceux qui ont fait de votre vie un enfer, et 100 balles non identifiables dans une mallette. C'est tout ce dont vous avez besoin pour redresser les torts qui vous ont été faits. Ça et des tripes, il vous faut des tripes.
Alors qu'une singulière rencontre à Central Park nous en apprend plus sur le Trust et les Minutemen, un toxicomane récupère la mallette de Graves. Et à Atlantic City, une réunion cruciale se prépare, qu'aucun de nos acteurs ne saura manquer.

On commence enfin à y voir clair.

Avant-dernier tome de 100 Bullets en VF d'une des séries phare de Vertigo, cet opus commence enfin à nous laisser des pistes pour qu'on comprenne un peu les différents buts des protagonistes.

On commence par un épisode tout simple : une conversation dans un parc par deux des protagonistes de la série, avec en arrière-fond une mini guerre des gangs qui n'est prétexte qu'à donner un pendant plus mouvementé à la discussion. L'épisode ne sert qu'à faire avancer l'intrigue, à nous permettre d'y voir plus clair, mais c'est tout, pas grand chose à sauver.

S'ensuit un arc de deux épisodes, Sell Fish & Out to the Sea, histoire classique d'un personnage qui va recevoir la mallette contenant la fameuse arme et les 100 balles non identifiables. On ne voit même pas l'agent Graves ici, et on partage l'existence sordide l'anti-héros jusqu'à la conclusion détonante : c'est sombre, très sombre, et doté d'une atmosphère très désespérée. Azzarello nous plonge en plein cœur des bas-fonds new-yorkais.

Dans le dernier arc Red Prince Blues, comprenant 3 épisodes, Azzarello commence à placer ses pièces et à nous dévoiler son jeu, et c'est l'occasion pour cela de nous gratifier de nouveaux personnages intéressants qui vont participer à la pièce. La conspiration prend enfin jour, et on sent avec plaisir que le récit est pensé sur le très long terme et va s'intensifier au fur et à mesure des épisodes. Il n'est question dans cet arc que de grands dirigeants, de grands hotels, de luxe, bref il contraste parfaitement avec l'arc précédent.

S'agissant des dessins, Eduardo Risso, comme à son habitude, livre une composition pas loin d'être parfaite : maîtrise du noir et blanc et des zones d'ombre comme personne, storytelling et idées de prises de vues hallucinantes, trait précis et puissant ; un des plus grands artistes du moment.

En bref, la série 100 Bullets est toujours égale à elle-même, à savoir excellente, avec en prime cette fois-ci un éclaircissement de l'intrigue bienvenu.

Tout est une question de pouvoir

Mon tome préféré, jusqu'à maintenant.

3 parties dans ce recueil : 1 épisode centré sur Mr Shepherd, et le fils du chef du Trust, Benito, avec qui on fait connaissance ici, 2 épisodes qui racontent l'histoire d'un nouveau bénéficiaire de la mallette, et les 3 derniers nous racontant l'histoire d'un mari essayant, maladroitement, de sauver sa femme malade, sur fond de réunion au sommet du Trust.

Le 1er épisode vaut autant par le dialogue entre Shepherd et Benito, qui nous en apprend plus sur le Trust, que sur la fameuse "action de second plan", qui s'intégre ici dans le récit. Tout est question de pouvori, dans ce récit, qui l'a, qui en veut plus, et sur les moyens de l'obtenir. Ce thème est d'ailleurs omniprésent dans ce volume puisque le dernier récit l'aborde aussi.

Entre les deux, l'histoire de Jack, un camé à la dérive, mon histoire préférée depuis le début de ma lecture de cette série. Il y a tout : suspense, récit, dénouement, tout est fait pour nous perdre, nous retrouver, nous reperdre ... Epatant ! Et les lecteurs de Transmetropolitan verront aussi un clin d'oeil à leur série.

Et, enfin, le dernier récit, là aussi très instructif, surtout au niveau des personnalités de certains protagonistes clés, et de leur réelles ambitions. Seule déception : le Trust, qui se révèle finalement moins mystérieux et intéressant qu'il n'y paraissait. J'attends de voir le développement de cette organisation, en espérant qu'elle évoluera.

Au niveau des dessins, on se régale, tant les  mbiances entre chaque récit sont différentes, sans altérer leur qualité. Risso réussit à nous faire ressentir le froid dans le premier récit, la sueur, la puanteur dans le 2ème, et la chaleur du soleil dans le troisième. De plus, il nous dessine le personnage de Megan avec maestria. Clairement la plus belle femme dessinée que j'ai vue, avec la Selina Kyle de Tim Sale.

Vivement la suite !!

A Foregone Tomorrow

Un agent très spécial continue d'offrir l'immunité, un flingue et 100 balles à des gens ordinaires qui veulent assouvir leur soif de vengeance… Mais, tandis que Graves continue ces manipulations intéressées, les pièces constituant le puzzle que sont les Minutemen et le Trust commencent gentiment à s'assembler…

Après un magnifique TPB qui se concentrait sur la relation entre un père et son fils (le plus que recommandable Hang Up On The Hang Low, et ce, même si vous ne voulez pas vous taper toute la série…), Brian Azzarello recentre l'histoire sur les Minutemen et le Trust. Que cela soit par le biais d'un dialogue entre M. Sheperd et Benito (le fils du leader du Trust), par les explications du francophone M. Branch, qu'on retrouve toujours avec un grand plaisir (épisode ''new reader-friendly'' si il en est puisqu'il résume dans les grandes lignes ce qui s'est passé jusqu'alors dans 100 Bullets), ou encore par un arc qui tourne autour d'un meeting avec les 13 familles du Trust, l'auteur éclaire enfin la lanterne du lecteur. Evidemment, Azzarello n'est pas fou au point de scier la branche sur laquelle il est assis (ne vous attendez donc pas à de grandes révélations ahurissantes) ! Mais, cependant, il divulgue assez de matière pour rendre la série encore plus addictive qu'elle ne l'était déjà jusqu'à présent. Extrêmement malin, le scénariste, tout en proposant une sorte de polar moderne avec des personnages et des dialogues très bien écrits, arrive à maintenir des zones d'ombre qui feront qu'on aura obligatoirement envie (voire même carrément le besoin) de connaître la suite. Entre ces excellents épisodes axés ''complot'', on retrouve, bien évidemment, des petites histoires ''à l'attaché-case' qui sont la marque de fabrique de 100 Bullets. Dans le lot, on retiendra surtout ce superbe one-shot qui revient sur l'assassinat d'un certain président des Etats-Unis le 22 novembre 1963… Follement imaginatif !

Aux dessins, et au risque de le répéter une fois de plus, Eduardo Risso fait des merveilles ! Maintenant très à l'aise avec tous les personnages principaux ainsi qu'avec le ton de la série, l'artiste argentin n'a plus rien à prouver à qui que ce soit. Par son storytelling des plus maîtrisé (qu'il n'hésite pas une seconde à remettre en question en essayant toujours de nouvelles choses), ou alors par son style si atypique et personnel devant lequel on ne peut que rester en admiration, Risso prouve sans cesse qu'il fait partie des tous grands de la profession.

Un recueil qui répond à des questions, pour en poser d'autres… Une série dont en devient très vite dépendant… La suite bordel ! Et vite !

Note:
Critique effectuée sur la base du TPB US (#20-30). Elle prend donc également en compte le t.6 Contrabandolero.

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