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t.2 - Longue vie Ă  l'Hydra !

Deadpool MAX t.2
Auteur(s) David Lapham (scénario), Kyle Baker et Shawn Crystal (dessin)
Editeur (collection)
Panini Comics (MAX)
Date de parution
Juillet 2012
Prix 14€
Nombre de pages
144
Episodes VO Deadpool MAX #7-12
deadpool max 2

Deadpool est contraint de jouer au papa tandis que sa femme embrasse une excitante carrière d'espionne ! Wade Wilson parviendra-t-il à reprendre sa vie en main, sauver son mariage et contrer la menace de l'arme chimique appelée "Liquide X" ? Probablement pas, mais s'il atteint deux objectifs sur trois, ça sera déjà bien ! Dans un monde au bord du précipice, c'est l'agent Bob qui devra endosser le costume du mercenaire déjanté.

Deadpool, acte II

Ce deuxième tome des aventures de notre mercenaire déjanté constitue déjà l’avant-dernier album de la série, puisque le tandem Lapham – Baker n’aura sévi que 18 épisodes ! Un petit regret vu l’excellence des albums. Analyse d’un succès annoncé :

Incorporé à l’univers Marvel MAX, le Wade Wilson a.k.a. Deadpool dont on suit les péripéties ici n’est qu’une variation du célèbre personnage de l’univers Marvel. Mais une sacrée variation, puisque David Lapham nous a concocté un personnage encore plus fou et psychopathe que l’original : ayant subi d’énormes traumatismes dans sa douloureuse jeunesse, le Deadpool MAX est devenu à moitié cinglé, et passe son temps à remplir des missions pour le compte d’une organisation secrète sans savoir qu’il se fait manipuler par l’agent Bob, son confident et ami, qui lui fait croire à chaque fois que ses cibles appartiennent à l’Hydra, mouvance terroriste sur laquelle Deadpool fait une fixette. Bob est dépressif et souffre d’un syndrome dévalorisant, Deadpool est quant à lui psychopathe, extravagant et complètement déséquilibré. Bref, un parfait tandem pour remplir d’importantes missions. Ajoutez à cela une mère adoptive (Taskmaster) nymphomane, une compagne (Domino) bonne pour l’hôpital psychiatrique et un Cable sociopathe et vous comprendrez que l’univers dans lequel gravite notre mercenaire n’a strictement rien de bien sain.

David Lapham s’amuse ainsi de ces personnages hautement instables et nous concocte d’excellents récits, le plus souvent sous la forme de one-shots, où l’humour, l’action et l’émotion sont omniprésents. En effet, cet excellent scénariste (Stray Bullets, Silverfish) ne se contente pas de nous offrir une vision décalée de l’univers de Deadpool mais nous propose de vrai récits, profonds et bien pensés, où les personnages sont beaucoup plus creusés qu’il n’y parait et cachent tous en eux une vraie détresse. L’album recèle donc son lot de scènes touchantes, voir dures, tout en conservant son ton décalé et son panel de situations complètement folles. Bardé en plus d’excellents dialogues et d’une liberté de ton jouissive réservant des moments bien trash (et Lapham s’y connait en trash, cf. Crossed : Psychopathe), cet album se lit avec un sourire aux lèvres tout du long.

Et pour ne rien gâcher, il s’agit du talentueux et singulier artiste Kyle Baker qui se charge de la partie graphique ! Cet excellent auteur (Plastic Man, Why I hate Saturn, King David) brasse différents styles avec une audace et une habileté ahurissante : comic-books des 70s, BDs d’aventure franco-belges, dessins humoristiques, cartoons... Un mélange détonnant, mais pas forcément évident à apprécier du premier coup d’œil, surtout qu’il est cumulé à une colorisation très particulière, à base d’aplats de couleurs pastelles dissonantes. Cet improbable patchwork, servi par un trait très fin et appuyé, presque brouillon (on pourrait penser à Sergio Aragonés) et par un storytelling en tout point parfait, rend le dessin de Kyle Baker en tout point unique. Ce qui n’est pas le cas de Shawn Crystal, fill-in artist de l’épisode #9, artiste au style cartoony qui en fait des tonnes lors des scènes d’action (membres étirés, angles de vue alambiqués) mais qui au final n’arrive qu’à provoquer l’ennui, la faute à un storytelling incohérent et à une absence totale de dynamisme ressortant de ses planches.

Tout comme le premier tome, ce Deadpool MAX est donc un petit ovni dans la production mainstream du moment : complètement délirant, trash et sans tabou, d’une grande profondeur, et servi par une partie graphique incomparable. La lecture du troisième et dernier tome, sorti en janvier, se fait rudement pressante !

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