Comicszone

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Wormwood t.1

Auteur
    Ben Templesmith   
Editeur (Collection)
    Delcourt (Contrebande)   
Date de parution
    Septembre 2008
Prix
    14.95 €
Nombre de pages
    135
Episodes VO
    Wormwood #1-6

 

 

Wormwood est un asticot échappé d'une dimension infernale qui parle anglais (avec un fort accent), boit de la bière (en grande quantité), fume (beaucoup) et accessoirement habite des cadavres. Entouré d'une équipe éclectique de personnages – à savoir le très renfermé Monsieur Pende et une immortelle appelée Medusa –, il passe son temps à sauver le monde d'invasions démoniaques et autres parasites ayant pris possession de strip-teaseuses zombies.

Le passe-temps de Ben Templesmith

Wormwood, c'est, de l'aveu de son créateur, Ben Templesmith, un récit dont il s'occupe quand il a du temps libre entre ses différents projets, à savoir des petits trucs sympa comme 30 Days of Night avec Steve Niles ou encore Fell avec Warren Ellis, rien que ça. Et à voir le résultat, on souhaiterait presque qu'il ait encore plus de temps de libre, le bougre.

Wormwood c'est l'histoire d'un ver démoniaque qui a pris le contrôle d'un cadavre (sinon, il ne peut pas faire grand chose, le ver), et dont le passe-temps est de sauver le Monde de tas d'invasions (allant d'extra-terrestres tout plein de tentacules à des démons majeurs des enfers) à l'aide de Mr Pendule, un robot qu'il a créé, de Meduse, une strip-teaseuse dont les tatouages en formes de dragons peuvent prendre vie, et d'un fantôme de flic. Vous l'aurez compris, l'intrigue se passe dans notre monde, un monde d'apparence normale mais qui en fait renferme tout un tas de monstruosités en tout genre.

Bon, disons-le tout de suite, le récit n'est pas des plus sérieux. Tout est pretexte ici à quantités de gags loufoques, et la nonchalance dont Wormwood fait preuve devant tout les évènements paranormaux auquel il est témoin fait immédiatement penser à l'excellent Criminal Macabre, de Steve Niles au scénario et de - étrange - Ben Templesmith aux dessins. On a donc droit à un récit complétement décalé, qui ne se prend pas au sérieux du tout mais qui est vraiment très agréable à lire.

Et le gros point fort du bouquin, ce sont sûrement les peintures de Templesmith. Oubliez les teintes froides de 30 Days of Night, l'homme sait très bien s'adapter à l'ambiance du récit et on a donc le droit à des teintes très chaudes ici, où le vert - presque fluo -, le jaune et  l'orange ambré règnent en maîtres, et renforcent le côté décalé de l'album. De plus, Templesmith est un artiste qui s'améliore constamment et maîtrise de mieux en mieux la narration, ce qui nous fait oublier l'époque où il était par moments peu compréhensible. Il est devenu maintenant un réel artiste, un grand artiste même car il a su oublier l'esbrouffe d'autrefois pour la remplacer par une réelle maîtrise du médium.

En bref, un récit macabre et complétement décalé et un must graphique. Un des moments forts de cette année 2008 en terme de comic-book sur le marché français.

Les cadavres portent aussi des costards

Wormwood est l'histoire d'un ver extradimensionnel quasi-immortel, qui habite et "téléguide" un corps défunt et surveille une porte dimensionnelle confiée à la garde d'une stip-teaseuse, elle aussi d'une longévité extrême.Il est accompagné de son robot (qui n'a pas les organes pour ...) et de sa garde du corps sexy en diable. Worwood aime les femmes (dont Medusa, la srip-teaseuse en question, une ancienne amante), et la bière, c'est pourquoi il a choisi de rester dans notre dimension, dans une boîte de strip-tease ...

Vous l'aurez compris, ce recueil regorge de passages transdimensionnels non-autorisés auxquels Worwood doit faire face. C'est l'occasion pour nous de découvrir, outre les personnages déjà cités, le fantôme d'un ancien flic totalement incompétent, d'un boucher venu d'une autre dimension (au sens propre, hein, un vrai artisan qu découpe de la viane extradimensionnelle ...), etc ....

Totalement déjanté, le scenario de Ben Templesmith, le premir que j'ai le plaisir de lire de lui, est magistralement servi par des dialogues très drôles, dont le point d'orgue est la fin du recueil, étonnante et hilarante. Il y a du Warren Ellis (avec qui il a collaboré pour Fell) dans cet homme là. Mention spéciale à la trad d'Alex Nikolavitch, d'ailleurs. Je n'ai pas lu la VO, mais j'ai ri tout au long de la VF.

Les dessins de Templesmith, toujours lui, sont particuliers et ne plairont pas à tout le monde. Ce gars là ne dessinera jamais le big event d'une des 2 majors, mais pour une histoire de zombie, de créatures d'outre-dimension, etc ... ça passe très bien.

Une très bonne surprise, en ce qui me concerne, qui se doit d'avoir une place de choix dans votre bibliothèque et votre collection.

Ce ver a du mordant !

Bon, si on ne me l'avait pas conseillé, je ne me serai pas jeté dessus. J'explique : je me méfie toujours quand un dessinateur décide de faire également ses scénarios, assez souvent c'est pas gagné... alors même si Templesmith fait vraiment partie de mes chouchous, le pitch de l'asticot qui prend le contrôle d'un corps sans vie m'a fait un peu peur de prime abord...

Mais j'ai bien fait d'écouter les sirènes de la sur-consommation de comics (merci David et Pascal Yell), si Templesmith assure, comme à son habitude, sur la partie graphique, l'histoire est vraiment bien fichue avec des personnages aussi grotesques qu'originaux et un humour morbide vraiment sympa. Le seul point faible est le dénouement "à la Hellboy" de l'intrigue par une pirouette de l'auteur, certes sympathique, mais une pirouette quand même.

Et merci aux éditions Delcourt qui, en nous reproduisant les couvertures et les dessins sur lesquelles elles sont basées en bonus, m'ont permis de découvrir un Templesmith excellent dessinateur (ce dont pouvaient douter les détracteurs des dessinateurs utilisant Photoshop et consorts) !

Derniers commentaires

You are here: IDW Wormwood t.1 - Gentleman Zombie
icone_rss