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Luba vol. 2

Luba vol. 2
Auteur(s) Gibert Hernandez
Editeur (collection)
Delcourt (Outsider)
Date de parution
Janvier 2011
Prix 19€90
Nombre de pages
224
Episodes VO Luba #4-6
luba 2

Luba s'efface un peu pour mieux laisser le lecteur suivre les pérégrinations de son entourage : celles de Sergio, amoureux transi de Petra et amant de Fritz, les deux demi-soeurs de Luba ; celles de Doralis, dont l'émission télévisée est déprogrammée alors qu'elle vient de révéler au public son homosexualité ; et celles de Fortunato, dont l'enfance fut extraordinaire, et qui s'avère être le dernier amant de Luba.

Luba Luba Hop !

Delcourt, dans on ambitieuse mais louable volonté de publier tout Love & Rockets en France, a récemment sorti ce deuxième et avant-dernier des trois volumes de la série Luba, qui prennnent la suite directe des deux tomes de Palomar parus au éditions du Seuil. Inutile d’espérer commencer à découvrir cette œuvre culte qu’est Love & Rockets en attaquant par ce tome au risque de ne strictement rien y comprendre. Déjà que la parution en France n’est pas évidente (4 éditeurs dans autant de formats et de noms différents), ce soap opéra tendance télénovelas possède une foultitude de personnages, qui en plus ont évolués depuis le tout premier tome de Palomar : grosso modo 25 bonnes années se sont écoulées dans le monde de Palomar et les personnages présentés ici n’ont plus grand-chose à voir avec ceux que nous avons connus : les enfants ont grandis et ont fait des bébés, les adultes sont devenus grand-parents, certains sont morts, des couples se sont formés, d’autres séparés, de nouveaux personnages sont apparus… Et c’est bien ça qui fait tout le sel de la série : des personnages qui évoluent, des interactions constantes, une justesse de caractérisation de toute cette multitude de personnages tous plus différents et intéressants les uns que les autres.

Mais pour autant Palomar n’en est pas qu’une simple analyse du genre humain : il s’y dégage tout du long une atmosphère indescriptible, propre aux frères Hernandez. Des personnages atypiques, des évènements surnaturels (mais ne contrastant pas pour autant avec le reste du récit), un humour, une douce folie latente, tout cet ensemble fait de l’univers de Palomar un univers tout ce qu’il y a de plus singulier et accrocheur. Et également difficile à décrire.

Malgré le titre de l’album (Luba), on ne s’intéresse que peu ici à la figure tutélaire du village de Palomar, Luba. Celle-ci n’est presque plus qu’un fantôme, en proie avec ses erreurs passées et son entêtement. On s’intéresse surtout à la plupart de ses filles, ainsi que certain(e)s de ses ancien(ne)s ami(e)s, tous partis refaire leur vie aux Etats-Unis. Et elle avec. Si ceux-ci ont réussis (PDG, présentatrice de show télé, star du football, etc etc.), il n’en est pas de même pour Luba. Malgré cet éloignement, on sent quand même planer son aura tout le long de l’album.

A part ça, ce tome de Palomar lorgne un peu (beaucoup ?) plus autour du sexe que les précédents. Et la narration est toujours aussi rude. Il faut s’accrocher avec Gibert Hernandez, chaque page (voir parfois chaque case, chaque bulle) faisant souvent avancer l’histoire. Mais tout est largement compréhensible si on est suffisamment attentif. Et les dessins servent parfaitement l’histoire : en noir et blanc, simples, accrocheurs, doté d’un storytelling classique mais diablement efficace. Du tout juste.

En bref, la comédie humaine Palomar, même si elle a profondément évoluée en 20 ans, n’en restent pas moins un monument de la bande-dessinée. Si vous êtes passé à côté, n’attendez plus et courrez acheter le premier tome de Palomar (Ed. du Seuil) pour rattraper le retard !

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