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La Rivière Empoisonnée

Auteur
 Gilbert Hernandez
Editeur (Collection)
 Delcourt (Outsider)
Date de parution
 Septembre 2008
Prix
 17.50 €
Nombre de pages
 192
Episodes VO
 Comprend la moitié de Love & Rockets Library part.3 : Beyond Palomar l'autre moitié étant Love & Rockets X, Ed. Vertige Graphics)  

 


Publiée dans le comic book Love and Rockets entre 1988 et 1994, La Rivière empoisonnée fut au graphic novel américain ce que La Balade de la mer salée d'Hugo Pratt fut à la BD européenne. Une véritable approche littéraire du 9e art, avec de nombreux personnages au caractère bien trempé et de multiples intrigues à rebondissements. C'est un prequel politique et social qui remonte aux origines de Luba, avant que celle-ci ne s'installe à Palomar. Surtout, les personnages de La Rivière empoisonnée brisent les tabous. Certains se shootent aux drogues, d'autres se dégomment au browning, d'autres encore sont homosexuels, fétichistes, transsexuels. Vingt ans après, on voit bien comment ce chef-d'oeuvre de la littérature graphique a influencé de nombreux auteurs modernes, de Adrian Tomine à Daniel Clowes.

Luba avant Palomar ?

Love & Rockets, c'est rien de moins qu'une des œuvres les plus marquantes et importantes de la bande dessinée américaine. C'est, à la base, un périodique créé et réalisé par 3 frères : Jaime, Gilbert et Mario Hernandez. On connait Jaime pour son excellente série Locas, nous comptant les tribulations de Hopey et Maggie dans le milieu du rock underground des années 80. Gilbert s'est quant à lui spécialisé dans les tribulations d'un petit village d'Amérique Centrale, Palomar. En France, les éditions du Seuil ont regroupés en 4 très jolis tomes l'intégrale des séries Locas et Palomar. Et Delcourt nous fait ici la joie de publier le graphic novel Poison River qui nous raconte l'enfance de Luba, figure maternelle du village de Palomar, avant son arrivée dans celui-ci.

L'album est divisé en 17 parties de chacunes 7 à 10 pages, mais détrompez-vous : celles-ci sont d'une densité telle que l'album est très long à lire. Mais ennuyeux, loin de la. Le récit proposé par Gilbert Hernandez se déroule sur une vingtaine d'années, et c'est l'occasion pour lui de faire interagir une trentaine de personnages, tous plus barrés les uns que les autres, dans un milieu mafieux, où magouilles, sexe et perversions sont le mot d'ordre, le tout dans une ambiance très latino. On navigue entre les personnages, entre toutes ces alliances, ces non-dits, ces malheurs, ces petits instants de bonheur, le tout confiné dans le carcan politique, économique et social de son époque. On partage la vie d'une époustouflante galerie d'individus, dont l'élément commun est qu'ils connaissent tous Luba. Hernandez nous livre ici une composition haletante, encore plus dense que son Palomar : il est rare dans l'album que plus de 2 ou 3 cases soient destinées au même passage, c'est dire toutes les informations qu'on assimile au bout du compte. Un rythme effréné qui nous tient en haleine tout du long, à condition, bien sûr, de rester un tant soit peu concentré.

Sur les dessins, Gilbert Hernandez livre une composition classique, avec toutefois son petit grain de folie et sa mise en scène très intelligente comme à son habitude : devant une telle galerie de personnages, il arrive à les rendre tous identifiables grâce à une remarquable caractérisation et, de plus, parvient à exprimer leurs différentes émotions avec talent, le tout dans un noir et blanc très sobre. De l'illustration de haut niveau.

Si vous avez aimé Palomar du même auteur, si vous voulez continuer encore un peu l'expérience, faire durer le plaisir, n'hésitez pas : Courez acheter La Rivière Empoisonnée.

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