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Watchmen

Watchmen - Quelle version ?

 

 

Le lecteur qui veut découvrir Watchmen, aujourd’hui, a le choix entre plusieurs formats. 6 ½, pour être exact. Pourquoi ½ ? Parce que, fin 1987, début 1988, Aredit a tenté de publier la série sous forme d’albums de 2 épisodes, couverture cartonnée souple, mais n’a publié que 2 numéros, soit 4 épisodes, sur les 12 que contient la série. Sans les articles, en plus. Étant incomplète, je ne m’y attarderai pas.

 

Restent donc 6 possibilités, toutes sous forme d’albums librairie. Mais quel format choisir ? Revue de détail, par ordre chronologique :

 

-          Les 6 volumes parus chez Zenda sous le titre « Les Gardiens » entre Août 1987 et Octobre 1988, avec l’autorisation d’Aredit qui, manifestement, détenait les droits à cette époque. Il y a 6 volumes : Le Comédien, Dr Manhattan, Roschach, Le Hibou, Laurie et Ozymandias. A l’intérieur, 2 épisodes, précédés de leur couverture originale, et suivis des fameux appendices. Appendices dans lesquels on discerne quelques erreurs : par exemple, la 1ère « photo » est imprimée à l’envers, par rapport à sa légende, et il manque une phrase dans un paragraphe du 2ème. On dénombre également dans cette version quelques inversions de bulles et de nombreuses fautes d’orthographe. Comme quoi, finalement, le boulot de Panini n’est pas si mauvais. Une édition très complète, cependant, traduite par Jean-Patrick Manchette. La colorisation est d’époque, avec la fameuse technique des petits points. A noter que, dans mon volume, l’avant-dernière page dessinée du Tome 3 (Rorschach) est floue. L’intégrale de ces 6 volumes peut se trouver chez des bouquinistes pour un prix avoisinant les 150 €

 

      

 

     

 

 

 

-          L’Intégrale en 2 volumes parue chez Zenda fin 1992 regroupe les 6 volumes des Gardiens. La différence se trouve au niveau des couleurs, plus soutenues dans cette version. Celles des 6 volumes sont plus claires, plus pastellisées. Le contenu, par contre, est identique, si ce n’est que l’on y trouve 6 pages de plus, représentant ce qui semble être des affiches promotionnelles d’époque pour la série. Les appendices sont réorganisés, à partir de cette édition. Le livre d’Hollis Mason est découpé différemment, et les erreurs de l’édition en 6 volumes sont gommées, notamment dans les articles. On les trouve, selon les bouquinistes, à un prix compris entre 40 et 60 €.

 

                           

 

 

 

-          L’edition Intégrale parue chez Delcourt en 1998 se présente sous une forme carrée. Les couleurs à points sont ici présentes, et la traduction est celle de Jean-Patrick Manchette. Le mot d’ordre de cette version est : l’histoire, rien que l’histoire. En effet, chez Delcourt, pas de reprint de couvertures, pas de bonus. Rien que les 12 épisodes de la série, et les articles, bien évidemment. D’ailleurs, les différents chapitres sont présentés par le dessin d’une horloge qui égrène l’heure jusqu’à minuit, et sur laquelle une flaque de sang descend. Ce qui est dommage, c’est que de nombreuses pages blanches présentes dans ce volume auraient pu permettre de voir les couvertures reproduites. La valeur de cet ouvrage oscille selon les revendeurs entre 80 et 90 €.

 

 


 

-          L’Absolute paru chez Panini Comics se présente sous une forme carrée, avec une couverture cartonnée noire, épaisse et granuleuse, ornée du fameux smiley tâché de sang, au recto, et de l’horloge jaune au verso. Elle est rehaussée d’une jaquette plutôt épaisse, et se loge dans un coffret reprenant le visuel de la couverture. Plusieurs différences avec les versions précédentes : les pages ne sont plus colorisées avec la technique des points. On crédite John Higgins pour sa version numérique de 2005. A l’époque de sa sortie, on avait accusé Panini de mentir à ce sujet, en tous cas, la différence saute aux yeux. Cela dit, les tons de l’époque sont respectés. De plus, les couleurs sont encore un peu plus foncées, un poil plus agréables que la version Intégrale de chez Zenda, mais je lui préfère toujours les tons plus doux de la version en 6 volumes. 2ème différence : le papier. Pour la première fois, on n’a pas droit à un papier glacé, ce qui peut avoir un effet sur le rendu des couleurs. Personnellement, ça ne me dérange pas plus que ça, surtout que le livre est déjà assez lourd, cela enlève un peu de désagrément de devoir tourner les pages. Ensuite, les articles tirés du livre d’Hollis Mason sont réorganisés, les photos redimensionnées. Dans ma version, encore un défaut : la 6ème page du 6ème épisode est comme floue. Les dessins des anciennes couvertures sont reproduits mais, au lieu du titre vertical et des informations habituelles sur la gauche du dessin (n° de l’épisode, date de parution), on a le numéro du chapitre. En postface, nous avons droit, également, à pas moins de 50 pages de bonus comprenant les commentaires d’Alan Moore et Dave Gibbons, des études des personnages principaux, des esquisses, croquis, dessins publicitaires, etc… La principale différence, pour les fans, surtout, se situe au niveau de la traduction. Pour la première fois, en effet, celle-ci n’est pas l’œuvre de Jean-Patrick Manchette, elle n’est d’ailleurs pas créditée, le traducteur souhaitant rester anonyme et ne pas subir d’éventuelles foudres de la part des lecteurs. Ce volume coûte 65 € neuf.


 
 

 

-          Le Big Book paru chez Panini en février 2009 reprend, à l’instar de la version Delcourt, la seule histoire, avec, entre chaque chapitre, une reprise de la couverture US. Le papier est glacé, donnant une légère impression de brillance et d’éclat aux couleurs, par rapport à la version Absolute. Il vaut 15 € neuf.

 

 

 

           

-          Le DC Cult paru chez Panini en février 2009 est un intermédiaire entre la version Big Book et l’Absolute (normal, pour son prix, me direz vous …). La couverture est cartonnée et ornée d’une jaquette. On y retrouve l’histoire ainsi que l’appendice de Dave Gibbons et les dessins et couvertures présentes dans la version Absolute, mais pas les autres bonus. Sinon, les deux éditions sont comparables, notamment au niveau du papier. Son prix est de 30 € neuf.

 

 

 

 

 

Au-delà des considérations formelles (présentation, papier, bonus, etc…), ce qui différencie ces différentes éditions, c’est la traduction. Les 3 plus anciennes, celles qui ne sont pas éditées par Panini, bénéficient donc de la traduction de Jean-Patrick Manchette, datant des années 80, contemporaine à la sortie du comic-book. La traduction de Panini est l’œuvre d’un auteur qui n’a pas voulu signer son travail. Apparemment, Panini a eu du mal à trouver quelqu’un qui accepte de s’attaquer au texte, sachant que la 1ère traduction est quasi-unanimement reconnue comme inégalable. Au passage, je voudrais, donc, saluer cet auteur qui a eu le courage de s’atteler à la tâche, même si j’aurais aimé qu’il signe son ouvrage.

Mettons les choses au point : je ne vais pas, ici, juger le travail de traduction, n’ayant pas lu le texte original en anglais, mais le texte en français, la fluidité, la richesse de celui-ci, le plaisir qu’il procure à être lu.

La traduction de Panini n’est pas si mauvaise que ça, sachant qu’en plus, le traducteur devait faire attention à ne pas reprendre les tournures de phrase de Manchette, exercice ardu s’il en est. De plus, essayer de se remettre dans le contexte de l’époque, de manière naturelle, est quasi-impossible, d’autant qu’on ne sait si ce traducteur a vécu l’époque ou non. Cela dit, il faut bien reconnaître que la traduction de Jean-Patrick Manchette est meilleure. Pourquoi ? Comment ? Où ça ? Eh bien, spécialement dans les détails, dans les précisions, dans l’enrichissement du texte, en fait. En effet, Manchette utilise des tournures simples, directes, là où le « traducteur inconnu », à mon sens, est trop alambiqué. Richesse du texte ne veut pas dire phrases à rallonge et tarabiscotées. A ce jeu là, on perd pas mal de clarté, et on embrouille le lecteur. De plus, Manchette introduit également beaucoup de précisions que l’autre traducteur n’a pas su indiquer, perdant ainsi de nombreux indices. Rien de bien méchant, cependant, mais quelqu’un qui lira la trad des 80’s après l’actuelle redécouvrira à coup sûr l’œuvre. On a l’impression que la nouvelle trad n’est rien d’autre qu’une trad, là où Manchette semble nous raconter une histoire et, donc, faire des liens, donner des détails auxquels nous n’avons pas droit avec la nouvelle trad. Enfin, pourquoi, dans la traduction du livre d’Hollis Mason, avoir traduit et francisé les noms de personnages anciens, tels le Shadow, devenu l’Ombre ? Les lecteurs de comics connaissent le Shadow, il a eu droit à quelques publications, et les plus courageux se souviennent même d’une adaptation cinématographique (ratée) avec Alec Baldwin dans le rôle titre. C’est aussi crétin que si on avait traduit Superman par « Surhomme » …

A part ça, certaines phrases passent même mieux dans la nouvelle version que dans l’ancienne, on est plus habitués à certaines tournures actuelles que d’autres, plus vieillottes. En clin d’œil, Manchette se permet même de citer son nom plusieurs fois dans le texte, faisant référence aux manchettes de journaux, et il n’hésite pas non plus à user des notes de traduction quand il ne peut lui-même faire passer l’idée d’Alan Moore. Force est de constater que celui qui veut s’immerger complètement dans cette année 1985 uchronique devra obligatoirement passer par la case Manchette, et que ceux qui auront découvert la série par la case Panini reliront avec plaisir l’ancienne version.

 

Allez, je me lance, au niveau du rapport qualité/prix, voici mon classement :

-          La version intégrale 2 volumes chez Zenda

-          Le Big Book de Panini

-          La version Delcourt

-          L’Absolute Panini

-          Le DC Cult de Panini

-          Les 6 tomes parus chez Zenda

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