Comicszone

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Don Rosa et les canards

signature_don_rosa

Don Rosa et les canards

Petit tour d’horizon de l’œuvre de l’auteur Don Rosa, qui a égayé de sa plume et de son pinceau la vie de Donaldville et de ses habitants pendant près de 20 ans !


famille


L’héritage de Carl Barks

On ne peut réellement parler de la carrière de Don Rosa sans citer l’immense Carl Barks. Dessinateur amateur, il rentre sur un coup de chance dans les studios Disney en 1935 en tant que dessinateur, chargé en particulier de s’occuper du tout récemment créé Donald Duck (apparu en 1934). Alors âgé de 34 ans, il devra néanmoins attendre 1947 pour connaître une réelle notoriété, date de sa création du richissime magnat Balthazar Picsou, enchaîné rapidement par tout ce qui va constituer le cœur des canards de Disney : les neveux de Donald, Riri, Fifi et Loulou, Géo Trouvetou, Lagrogne le voisin taciturne de Donald, les Rapetou, Miss Tick, Gripsou, la ville Donaldville, Flairsou, Gontran Bonheur ou encore l’organisation des Castors Junior. Autrement dit, toute la mythologie canardesque.

Cumulant plus de 10 000 pages sur plus d’une vingtaine d’années, le style de Carl Barks, mêlant un dessin dynamique, précis et expressif à des aventures originales et hautes en couleur, pleines d’action et d’humour, va marquer son époque et influencer toute la génération suivante d’auteurs. Débordant largement du domaine de la bande dessinée humoristique tout public, Barks va asseoir la réputation de Donald, Picsou et de la palette de personnages gravitant autour dans le monde entier.


carl_barks_canards


Des débuts tardifs mais fulgurants

Comme beaucoup d’enfants de l’époque, le jeune Keno Don Rosa, né en 1951, grandit avec les canards Disney comme compagnons. Fervent collectionneur de comics, ce sont les travaux de Barks qui le marqueront le plus, et qui l’amèneront à vouloir, dès son enfance, devenir dessinateur de bande dessinée. Comme beaucoup, ce sont ses années étudiantes qui vont lui permettre, par le biais de journaux estudiantins, de se lancer dans l’art narratif. De 1979 à 1982, il va réaliser son travail le plus notable et connu hors canards, le fanzine « Captain Kentucky ».

 

captain_kentucky

Mais cette activité d’auteur de bande dessinées, trop peu lucrative et chronophage de surcroît, va le faire arrêter jusqu’en 1986. Cette année, attiré par un comic-book Gladstone (les premiers à publier les canards aux Etats-Unis depuis les années 70), il téléphone à l’éditeur en lui expliquant son amour de la bande dessinée, en particulier de l’œuvre de Barks, ce à quoi l’éditeur lui propose de dessiner une histoire qui sera payée et publiée si elle convient. Il s’agit du fameux « Fils du soleil », en fait une histoire déjà imaginée par Don Rosa pour son Captain Kentucky. Pour cette première histoire, Don Rosa décide d’utiliser Gripsou, le milliardaire sud-africain dont le but est d’être plus riche que Picsou. Gladstone est séduit, et Don Rosa travailla pour eux jusqu’en 1989.

fils_du_soleil

Excédé par leur politique de ne pas rendre les planches originales à leurs auteurs, Don Rosa migre vers l’éditeur Egmont en 1990, éditeur des canards au Danemark, tout en travaillant de manière épisodique avec Picsou Magazine dès 1999. Après une grève milieu 2002 du fait du manque de reconnaissance et de l’utilisation mercantile de son nom par Disney, il reprend progressivement la bande dessinée jusqu’en 2006, date de sa dernière histoire de Picsou. 20 années pour un peu plus 1500 pages, l’œuvre de Don Rosa n’est pas des plus imposantes ni des plus chères à se procurer, et il serait d’autant plus dommage de passer à côté.

 

La Jeunesse de Picsou

C’est dans le chef d’œuvre « La Jeunesse de Picsou » que ce talent va pleinement s’exprimer. Ayant consciencieusement relu l’œuvre de Barks et noté la plus petite référence au passé de Picsou, Don Rosa va cristalliser les débuts de Balthazar, de son enfance en Ecosse comme cireur de chaussure jusqu’à son accession au statut d’homme le plus riche du monde, en passant par sa période d’éleveur de bétail dans le Dakota et de chercheur d’or dans le Klondike, dans un pavé de 12 épisodes, couvrant chacun une étape cruciale de l’accession de Picsou au rang d’homme le plus riche du monde. C’est toute l’histoire des Etats-Unis qui va graviter au travers de cette ascension par le biais d’événements et de personnages historiques, et cette quête initiatique va également être l’occasion pour Picsou de rencontrer les personnages récurrents de ses aventures (Géo Trouvetou – enfin son grand-père, les Rapetous, Gripsou…) et surtout d’apprendre la vie : au fil de ses rencontres, de ses aventures, de ses coups durs, Balthazar Picsou passe de l’enfant innocent et téméraire qu’il était, attaché à sa famille, au milliardaire pingre, acariâtre et solitaire tel que l’a créé Carl Barks. En ce sens Don Rosa réalise un tour de force en faisant finir « La Jeunesse de Picsou » sur la première apparition du milliardaire par Barks en 1947, et surtout en proposant une évolution du personnage logique et touchante.

jeunesse_picsou

Car c’est bien cela qui frappe chez Don Rosa : la profondeur des personnages. Une phrase ou un simple regard et les sentiments surgissent sans prévenir, enveloppés d’une pudeur aussi distante que noble. Une caractérisation impressionnante pour chaque personnage, mais surtout pour le héros, Picsou : parce que nous l’avons vu évoluer, parce que nous connaissons tout de son existence et de son passé difficile et solitaire, parce que nous l’avons vu renoncer à des vies sûrement plus faciles et joyeuses pour continuer son rêve et pour nourrir sa famille. Et Don Rosa, frappé encore d’une idée de génie, nous assène l’évidence lors du dernier épisode de cette magnifique saga : le coffre de Picsou ne contient pas uniquement de la petite monnaie, mais chaque pièce représente surtout un souvenir. Et ce n’est pas tant la valeur réelle des choses que celles qu’on leur accorde qui a de l’importance.

jeunessepicsou152

Le noyau de l’œuvre, composé de 12 épisodes d’une quinzaine de pages, sera étoffé par la suite par des épisodes supplémentaires (numérotés 0, 6bis ou encore 8ter) approfondissant certains points laissés flous, notamment son fameux passage au Klondike ou une puissante relation d’amour et de haine va avoir lieu avec Goldie, le plus grand regret de Picsou. Cette pépite qu’est « La Jeunesse de Picsou » reçue en 1995 un Eisner Award de la meilleure histoire publiée sous forme de feuilleton, qu’elle mérite amplement. Mais, même si elle constitue le point culminant de la carrière de Don Rosa, le reste n’en est pas moins excellent.

 

C’est vrai ça, et le reste ?

Déduction faite de « La Jeunesse de Picsou » et des récits annexes le complétant, pas moins d’un gros millier de pages d’aventures et péripéties en tout genre ont été inventées par Don Rosa ! Et même s’il reste sous l’influence importante de Carl Barks, ses récits possèdent tous sa patte si caractéristique, la fameuse signature Don Rosa.

Alternant aventures, récits terre à terre mâtinés de science-fiction et de fantastique ou historiettes à unique but humoristique (au passage, l’auteur à gagné un deuxième Eisner Award en 1997, comme meilleur scénariste/dessinateur d’humour), l’auteur fait rimer diversité avec qualité. Et son inventivité de chaque instant surprendra toujours.

rosaTout en arrivant à garder son style propre, l’auteur va fréquemment faire référence à celles de Barks, la bible des canards pour lui. Que ce soit des petites allusions ou tout bonnement des suites de récits (« La quadrature de l’œuf… » ou encore « Retour à Tralla la »), Don Rosa s’inscrit en plein dans la lignée de Barks, et, chose assez surprenante dans le genre, instaurera une continuité typique des comics dans ces récits, que ce soit des suites, des références mais également des histoires rappelant les origines des héros (il avouera que ce côté « continuité » lui vient surtout des Superman des années 50 de Mort Weisinger). En ce sens l’ensemble de l’œuvre de Don Rosa instaure une continuité liant les récits de Carl Barks tout en rendant cohérence et profondeur à l’œuvre de Don Rosa.

D’ailleurs, Spielberg et Lucas se sont inspirés entre autre des aventures des canards de Barks pour leur Indiana Jones. Quand on sait que Don Rosa s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur, est-il utile de préciser que les aventures de Picsou, de son neveu Donald et de ses trois petits-neveux Riri, Fifi et Loulou sont des petits bijoux ? Scénarios complexes mais limpides, aventures palpitantes, quêtes pleines d’action et d’humour, le tout s’inscrivant dans un cadre historique concret et bien documenté, la bonne douzaine de récits d’aventures créés par Don Rosa valent assurément le coup d’œil, autant pour les histoires que pour le cadre exotique et historique. Et puis, avec un personnage comme Picsou, la recherche de la bibliothèque d’Alexandrie, du trésor de Gengis Khan ou encore des secrets des Templiers a assurément de quoi motiver, surtout que nos canards vont, littéralement, parcourir le Monde à la recherche de différents objets précieux.

picsou

Mais coucher sur le papier les recherches de trésors historiques ne sont pas les uniques motivations de Don Rosa. L’auteur, avec le grain de folie qu’on lui connaît, va profiter des inventions délirantes de Géo Trouvetou et de la magie de Miss Tick ainsi que de son appétence pour le premier sou de Picsou pour réaliser ses délires les plus fous : filtre rétrécissant, magie inversant la gravité, sortilège faisant oublier automatiquement tout ce que les gens prononcent, substance permettant de traverser toute matière, voyage dans le temps, dans l’espace, bipper arrêtant le temps, sérum de super-force, rayon anti-inertie, les idées sont légion et leur traitement toujours aussi drôle et inventif.

Ajoutez à cela des petites historiettes uniquement humoristiques mais toujours aussi génialement originales, des idées et personnages s’affranchissant aussi totalement du poids du maître (comme en témoigne l’utilisation des Trois Caballeros, uniquement apparus dans des films Disney, ou encore la création de personnages propres, comme celui du Chevalier Noir), saupoudrez de références multiples, qu’elles soient cinéphiliques (Citizen Kane de Welles, La Vie est Belle de Capra…) ou littéraires (Voyage au Centre de la Terre, Dickens…) et d’un sens de l’humour incomparable (jouant des caractères des personnages comme du 1er et 2nd degré, les œuvres de Don Rosa recèlent de bons fous rires en perspective) et vous commencerez à avoir une idée de ce qui fait la Don Rosa’s touch.

chevalier_noir

Toutes ces histoires, ces péripéties hautes en couleur, ces aventures trépidantes ne seraient rien sans les personnages… Et Don Rosa, comme dit précédemment, va amener une réelle profondeur aux personnages principaux, Balthazar Picsou en tête. Même si les personnages annexes vont avoir, et ce depuis leur création, une logique plutôt primaire (les Rapetou, Miss Tick…) malgré un archétype entièrement respecté, ils ne servent en réalité que de faire-valoir au développement du personnage de Picsou et des quelques autres protagonistes principaux. Et en soi les orientations prises par le personnage vont très loin et certains parti pris de Don Rosa semble aller bien au-delà des frontières de la bienséance disneyenne (des personnages meurent et il est même question à demi-mot de sexe…).

Bien sûr, aucun auteur n’est exempt de défaut, et on trouvera malheureusement assez fréquemment des similitudes entre les différentes histoires de Don Rosa, tout comme on trouvera un peu trop bavard ses dernières productions. Mais très sincèrement, se sont bien là de maigres défauts au vu des qualités précitées.

Surtout que Don Rosa ne brille pas que par ses récits, et un de ses points forts (décidément) est le dessin. Influencé logiquement par Carl Barks, mais également par les comics des années 50 ou encore par le magazine Mad, en particulier par les œuvres d’Harvey Kurtzman, le trait de Don Rosa est facilement reconnaissable par les amateurs de canards. Ligne claire mais appuyée, trait précis et minutieux, décors détaillés et fouillés, il se caractérise par l’insertion de personnages cartoonesques dans des décors et paysages très réalistes et documentés. Et étrangement, la pilule passe, et permet d’apprécier encore plus les récits se passant pendant les différentes périodes de l’histoire des Etats-Unis que les récits se déroulant dans d’autres pays. De plus, tout aussi minutieux et facétieux qu’il est, Don Rosa ne se gêne pas pour faire fourmiller ses arrière-plans de gags en tout genre, offrant un véritable festin au lecteur attentif et curieux.

gravit

En plus de son dessin minutieux tout en restant agréable à l’œil, c’est surtout par son incroyable sens du storytelling que Don Rosa va épater. Les courses poursuites dans tout type d’engins et sur tout les éléments possibles (terre, mer, air… espace !) sont fréquents, les changements de gravité ou de taille également, tout comme les explosions et destructions en tout genre… Et malgré ça Don Rosa arrive à être lisible, et ne perd jamais le lecteur. Pour autant les compositions de planches sont très classiques et souvent identiques, mais Don Rosa arrive à rendre chaque case dynamique, qu’il s’agisse d’une scène d’action, d’exposition ou un simple dialogue. Le dessin arrive même à faire passer des intensités dramatiques qui étonneraient n’importe quel détracteur de Disney, et là encore Don Rosa excelle dans la représentation des expressions faciales. Maîtrisant à la perfection les différentes expressions du visage, ses canards en sont d’autant plus humains.

En somme, en plus de proposer des histoires profondes, inventives, intelligentes et drôles, Don Rosa est un immense dessinateur. Rien que ça. Et pour se convaincre de son talent sans même avoir à lire une seule planche, les très nombreuses illustrations qu’il a faites pour différents magazines américains et européens suffisent à se rendre compte de l’évidence : Don Rosa est un des grands dessinateurs actuels. Et un cover artist talentueux.

cover

Et on ose appeler ça versions françaises…

Malheureusement, même si trouver les histoires de Don Rosa en France est relativement facile, la qualité de publication de celles-ci laisse souvent à désirer. Echus aux éditions Hachette, qui s’occupent de la publication des livres Disney en France par le biais de Disney Hachette Presse (Le Journal de Mickey, Mickey Parade, Super Picsou Géant…), les histoires de Don Rosa on toutes été initialement publiées dans Picsou Magazine, et certaines dans le Journal de Mickey. Seulement, malgré le faible prix à l’argus de ces magazines, le format peu pratique et « magazine » (couverture souple, format presse avec publicités, un magazine complet pour souvent seulement une histoire…) n’incite pas à l’achat.

picsou_magazine      les_trsors_de_picsou

La seconde solution est de loin la meilleure moins mauvaise : l’intégralité (hormis quelques exceptions – on y reviendra) des histoires de canards de Don Rosa a été publiée dans les tomes 1 à 7 des hors-séries Picsou Magazine « Les Trésors de Picsou », au prix très modique de 4€90 les 244 pages. Néanmoins, il vaut mieux se presser si on veut les acquérir tant les prix de ses albums cartonnés, indisponibles aujourd’hui, ont tendance à augmenter. Si les derniers tomes peuvent se trouver à quelques euros, il faudra en débourser de 10 à 30 pour les premiers.

Mais bon, me direz vous, il s’agit quand même de 244 pages. Oui mais. Par manque de temps ou tout simplement par je-m’en-foutisme, les éditions sont truffées d’erreurs en tout genre : épisodes publiés deux fois, erreurs orthographiques et grammaticales, références oubliées, bulles non remplies, lettrage décalé, incohérence de traductions (cf. un exemple accablant ici), couleurs changées et affadies pour la publication en hors-série, ou même une page apparaissant deux fois à la place d’une autre, il convient d’être bien serein avant d’entamer la lecture de ces albums tant les erreurs sont légions et peuvent vite agacer.

duck_tales_magazine    intgrale_carl_barks

Ces 7 hors-séries comprennent donc la quasi-intégralité de l’œuvre de Don Rosa. Il conviendra néanmoins d’y ajouter le Picsou Magazine n°367 comprenant l’excellent « Oublie ça », inexplicablement non publié dans Les Trésors de Picsou, mais aussi deux curiosités : un gag publicitaire d’une page (Gyro’s Beagletrap) réalisé pour le magazine allemand Tempo et reprenant son logo, que vous pouvez trouver ici (et les explications ici), et une histoire non officielle en 4 pages, expliquée et lisible ici. Mais ce n’est pas tout ! Même si « La Bande à Picsou » n’a en termes de continuité strictement rien à voir avec l’univers définit par Carl Barks, Don Rosa a scénarisé 4 pages de l’unique numéro du défunt magazine Duck Tales Magazine, paru uniquement aux Etats-Unis et au Canada.

Vous l’aurez compris, même si la quasi-totalité de l’œuvre de Don Rosa est facilement trouvable dans nos contrées, les éditions françaises sont loin de rendre justice au travail d’un des grands auteurs de bande dessinée. On espère donc fortement qu’un vrai éditeur fasse enfin un travail d’édition satisfaisant largement mérité par ce grand auteur. Des rumeurs courent sur les éditions Glénat, dès que celle-ci aura finit de publier les 24 volumes de l’Intégrale Carl Barks. Espérons-le. Mais que ça n’empêche personne de ne pas déjà se procurer – et peut-être découvrir – les éditions disponibles, et de rentrer avec plaisir dans le fantastique monde des canards de Don Rosa !

 

Ici et maintenant

 photo_don_rosa

 Et Don Rosa dans tout ça ? Après avoir signé une poignante dernière histoire très attendue des fans en 2006 (nous racontant le fameux mois où Picsou a obligé Goldie à travailler dans sa mine au Klondike pour le rembourser), il ne continue à dessiner dorénavant que pour des couvertures et posters de magazines, et pour des séances de dédicaces, cela dû en grande partie à ses problèmes oculaires.   Les chanceux ont d’ailleurs pu le voir dédicacer au Lille Comics Festival 2011. Agréable, aimable, drôle, humble et disponible malgré la horde de fans acharnés venus spécialement pour lui, l’homme continue à entretenir la magie de Disney, l’héritage de Carl Barks, la quintessence des histoires de canards. En somme, il continue à nous faire rêver !

 FIN


(Ci-dessous les dédicaces obtenues par mes confrères et moi lors du Lille Comics Festival, il y a un peu moins d’un mois)

ddicace_3ddicace_1ddicace_2



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Derniers commentaires

  • Y The Last Man t.10
    Hello, Neat post. There's a problem with your site in internet explorer, wo... Suite...
    21/05/17 - 06h33
    Par Guest
  • Policier puis fantastique.
    Hello, Neat post. There's an issue along with your site in internet explore... Suite...
    14/05/17 - 16h14
    Par Guest
  • Glossaire
    This page really has all of the information I wanted concerning this subjec... Suite...
    04/05/17 - 05h14
    Par Guest
  • Glossaire
    I love your blog.. very nice colors & theme. Did you make this website your... Suite...
    04/05/17 - 01h14
    Par Guest
  • Into The Negative Zone
    I see your page needs some fresh & unique articles. Writing manually is tim... Suite...
    30/04/17 - 18h58
    Par Guest
  • Callipygie ?
    Great goods from you, man. I have understand your stuff previous to and you... Suite...
    29/04/17 - 03h17
    Par Guest
You are here: Dossiers Auteurs Don Rosa Don Rosa et les canards
icone_rss