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Un américain en balade

 

Auteur

 Craig thompson (scénario et dessins)

Editeur (Collection)

 Casterman (Ecritures)

Date de parution

 Janvier 2005

Prix

 13.50  €

Nombre de pages

 222

Episodes VO

 Carnet de Voyage

 

Cher Lewis, Nous t'envoyons donc cet américain épris de culture du vieux continent. Il arrive par le train et il en veut. Il vide les frigos, il excite nos enfants, il courtise nos femmes... Je suis néanmoins sûr que tu lui feras un bon accueil. Reçois ma bénédiction. " Lettre écrite par Blutch le 25 avril 2004. A l'occasion d'une journée promotionnelle, Craig Thompson découvre l'Europe, très loin de son Amérique profonde. De Paris à Essaouira en passant par Barcelone, son crayon capture les paysages et sa soif de connaître d'autres cultures se révèle au travers de ses rencontres, rapportées avec une sensibilité émouvante. Ses humeurs vagabondes et ses réflexions nous livrent sans tabou son enthousiasme comme son dégoût, au point que ce carnet de voyage devient un véritable récit où l'introspection et l'étonnement se rejoignent dans un même regard, toujours généreux et drôle !

La balade des gens (mal)heureux

Autant le dire tout de suite, j'ai du mal à lire des autobiographies, ayant toujours peur qu'au final, cela ne se réduise qu'à une poussée de narcissisme mal placé d'un "artiste" qui voudrait laisser une trace de son passage sur terre. Car là est le problème: pour qu'elle soit réussie, une autobiographie doit tendre à l'universalité, de manière à ce que l'on puisse s'identifier à l'auteur de ces lignes. Contradictoire? Pas forcément, surtout si l'on s'intéresse au cas de Craig Thompson. En fait, la seule raison qui m'ait poussé à prendre ce livre est qu'il n'y avait plus le fameux Blankets dans les rangs de ma bibliothèque préférée (toujours la même, oui) et que je pourrais au moins me faire une idée du style d'écriture de l'homme à travers cette Oeuvre qu'il considère lui même comme à part.

Qu'avons nous donc là? En fait, ni plus ni moins que son carnet de voyage, le carnet de voyage d'un américain en exil en Europe (notamment pour la promotion de Blankets) mais aussi au Maroc. Et là où ça aurait pu se résumer à une liste de villes et de distractions somme toutes assez banales, on pénètre véritablement dans l'intimité de Craig (oui, on le connaît bien, après lecture, alors on va l'appeler par son prénom). Normal, me direz vous, pour ce qu'on peut considérer comme une autobiographie. Oui, sauf que là, et je reviens à ce que je disais plus haut, on s'identifie fortement à l'auteur de ce carnet, même si on n'a jamais connu les affres de se retrouver seul dans un pays dont les coutumes différent par trop des nôtres. Alors, comment se retrouve t'on dans le processus d'identification? Tout simplement parce que Craig n'a pas peur de nous livrer tous ses états d'âme, mais alors, vraiment tous sans crainte du jugement qu'on pourrait avoir sur lui. Oui, il avoue avoir eu peur dans les souks de Marrakech, peu habitué au désordre ambiant; il ne tait pas la véritable raison de son voyage (oublier une rupture amoureuse, sans vraiment y parvenir). Il ne nous épargne ni ses blessures (aussi bien physiques que morales) ni ses peurs ni sa sensation de ne pas être à la hauteur. Cela le rend non seulement très proche, très humain mais cela rend aussi d'autant plus facile le processus d'identification car qui n'a pas connu ces moments où on doute de tout et d'abord de soi?

Le graphisme quant à lui, permet à la fois de voyager avec lui (à travers les paysages ou les portraits de gens rencontrés au hasard de ses déambulations) et donc, de renforcer le côté proche mais aussi de faire passer certains moments durs pour lui avec humour (voir le passage où il est atteint de troubles gastriques). Aussi, le manque de structure de l'ensemble rend le récit plus vivant qu'une séance diapos avec les copains qui reviennent d'Alaska et qui veulent absolument nous faire partager ça.

Au final, Craig en ressort grandit et nous aussi. Les voyages forment la jeunesse? C'est sûr! Grâce à Craig, j'ai appris à ne plus confondre mémoires avec autobiographie!

 

Carnet de Voyage (en français dans le texte)

Pour la petite histoire, Un Américain en Balade n'est pas le "nouveau" Craig Thompson (après Adieu, Chunky Rice et Blankets), il s'agit juste du carnet de voyage de l'auteur, remanié pour être publié, carnet de voyage qui correspond à son périple en Europe et au Maghreb pour faire la promotion de Blankets, son petit bijou (quasi) unanimement salué par la critique.

Dans de sublimes fresques pleines pages, Thompson nous immerge complètement dans ces différentes cultures et civilisations, avec son trait au pinceau si gracieux, si fluide. Il parvient sans peine à capturer l'image, l'essence de chaque endroit, lieu, ambiance, et même de chaque personne qu'il rencontrera au gré de ses pérégrinations. C'est donc un carnet de voyage beaucoup plus constitué de fresques éparses que de véritable art séquentiel, même si de nombreuses pages de "vraie bande dessinée" parsèment le récit, et là encore Thompson n'a rien à prouver s'agissant du storytelling, malgré son jeune âge.

Le "scénario" si l'on peut dire, consiste surtout en un descriptif des activités de Craig Thompson, des personnes qu'il a rencontrées, de leurs conversations (les rencontres avec des auteurs tels Mike Allred, Blutch, Lewis Trondheim ou encore Paul Pope sont très intéressantes), mais surtout - et c'est là le plus important - des états d'âme d'un jeune américain parti voyager pour oublier sa douloureuse rupture avec sa compagne plus qu'autre chose. Un américain souvent perdu dans tous ces endroits divers, inconnus et - selon lui - pas toujours accueillants. Certes, la façon qu'a Craig Thompson de toujours se plaindre est lassante, surtout qu'il s'invente une petite conscience dans le récit pour le rappeler à l'ordre (mais qui sert finalement surtout à lui donner bonne conscience et à faire que le lecteur va le plaindre), certes certains a priori ou jugements qu'il peut avoir sur des civilisations frôlent le nauséabond, mais il n'empêche qu'en général, le jeune homme se contente de relater les faits tels qu'il les voit, et surtout il se livre entièrement dans l'album, sans faux semblant.

Un album dépaysant, prenant, preuve encore une fois d'un grand talent littéraire et surtout de dessinateur chez Craig Thompson, une véritable ballade avec l'auteur dans différents pays qui n'empêche qu'on aimerait bien que Thompson grandisse un peu et arrête le côté plaintif et fleur bleue pour nous proposer un album à la juste mesure de son potentiel.

 

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