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t.2 : Century : 1969

LXG vol.3 t.2 : Century 1969
Auteur
Alan Moore (scénario) et Kevin O'Neill (dessins)
Editeur (Collection)
Delcourt (Contrebande)
Date de parution
Octobre 2011
Prix
14€95
Nombre de pages
80
Episodes VO
The League of Extraordinary Gentlement vol.3, t.2 : Century 1969
LXG 1969

1969, Londres, dans les brumes psychédéliques du Swinging London. Inquiétés par la manifestation d’une magie similaire à celle rencontrée en 1910, Mina Murray et sa ligue de gentilshommes immortels naviguent à vue dans les flots tumultueux d’un Londres fleuri et débridé, esquivent les lames de fond de la pègre et tentent de garder l’équilibre dans les tourbillons mystiques des sectes occultistes.

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires passe du steampunk au Peace & Love

Le troisième volume de la fameuse Ligue des Gentlemen Extraordinaires (après deux volumes connus de tous et devenus des classiques depuis bien longtemps, et un Black Dossier servant d’intermédiaire), intitulé Century, est composé de trois récits distincts se déroulant à différentes époques (1910, 1969 et 2009). Des récits indépendants mais néanmoins reliés par un fil rouge : empêcher l’avènement de l’Enfant-Lune, qui pourrait bien être rien de moins… qu’un Antéchrist.

Après les éditions USA puis Panini pour les deux premiers volumes, ce sont les éditions Delcourt qui nous gratifient de la publication en français de la suite de cette fameuse série. Par contre, pour l’intriguant Black Dossier, qui est plus un prétexte à nous abreuver d’informations sur l’univers de la ligue qu’une réelle histoire, il est peu probable de le voir un jour publié à l’étranger, compte tenu de la complexité de son copyright… Et c’est d’ailleurs frustrant de voir certains références à ce Dossier nous échapper tout au long du volume 3. Mais pour autant, ce ne sont sans doute pas les seules références à nous échapper dans ce Century t .2 : 1969 (intitulé également : « Paint it black » : référence évidente aux Stones, sans la fameuse virgule qui avait beaucoup fait parler d’elle à l’époque). En effet, qu’elles soient tirées de la bouche de nos héros, présente en arrière-plan des cases ou simplement comme personnages secondaires, les références sont légion tout au long de l’album, et un petit guide pour le lecteur ne serait pas de refus (comme pour Promethea, ou encore From Hell) !

Mais Alan Moore sait bien que multiplier les références ne fait pas une histoire, et ce Century : 1969 nous plonge en plein dans la période hippie et la beat generation pour une énième mission de la Ligue. On va y suivre notre Mina Harker, affublée de ses deux compagnons Allan Quartermain et Orlando, propulsés en plein Londres dans le but d’empêcher un concert à Hyde Park pouvant générer un Antéchrist (le thème récurrent de ce volume 3). Le récit, assez complexe à aborder au début (surtout quand la lecture du tome précédent date de quelques années et qu’on n’a jamais lu le Black Dossier), se révèle vite plutôt prenant, Alan Moore jouant de ce trio original aux interactions savoureuses (qui plus est, chaque personnage connait un développement intéressant) et semblant s’amuser comme un petit fou avec cette ambiance peace & love (on est en plein dans le Summer of Love), avec en prime une séquence de bad trip décomplexée ahurissante. Mais pour du Moore, l’attente est forcément haute, et le récit déçoit quelque peu, non pas qu’il y ait de réels défauts en soi mais l’alchimie entre les personnages, l’intrigue, l’ambiance et les références multiples ayant du mal à fonctionner. D’un autre côté, il s’agit typiquement du genre d’histoire qu’on apprécie plus à la relecture, une fois toutes les données absorbées et digérées. A voir.

Mais s’il y a bien quelqu’un qui ne déçoit pas, c’est Kevin O’Neill ! L’artiste anglais atypique, au style anguleux et expressif, semble s’en donner à cœur joie dans l’univers steampunk/hippie de ce Century 1969. Aidé par un Ben Dimagmaliw pertinent sur la colorisation, le tandem retranscrit à merveille l’ambiance psychédélique riche en couleurs de l’époque. L’artiste a malheureusement peu de scènes d’action à se mettre sous la dent, mais il compense en proposant un storytelling très intelligent qui requière un lecteur attentif. Et les vingt dernières pages du récit, poussant à fond la carte hallucinogène à base de gouttières variables et de splash-plages complètement barrées, restent un grand moment.

Le récit se conclut, comme le tome précédent, sur quelques pages d’un faux roman inventé par Moore et nous contant une aventure de la Ligue sur la Lune. Hommage aux récits de science-fiction des années 50, une histoire très intrigante et surtout joyeusement bardée de concepts ! Du grand art.

En somme, un bon album mais assez frustrant, qui devrait prendre tout son sens avec le dernier tome de Century et gagner de la saveur à la relecture. Cela dit, on reste quand même dans la qualité. A vous de voir.

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