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Supergod

Supergod
Auteur(s) Warren Ellis (scénario), Garrie Gastonny (dessin)
Editeur (collection)
Milady (Milady Graphics)
Date de parution
Mai 2011
Prix 14€90
Nombre de pages
128
Episodes VO Supergod #1-6
supergod
Les hommes ont tout fait pour voler les super-héros, allant jusqu'à créer de toutes pièces les dieux qui sauveront la race humaine. Mais personne ne s'est demandé comment ils s'y prendraient.

L'Apocalypse selon Ellis

La 4ème de couverture annonce la couleur pour ce dernier tome du tryptique de Warren Ellis : « Black Summer parlait de super-héros bien trop humains. No Hero, de super-héros renonçant à leur humanité. Supergod parle de super-héros qui ont perdu leur humanité pour devenir tout autre chose. » Autant l’on peut acquiescer sur Black Summer et No Hero, autant l’affirmation sur Supergod est partiellement vrai. Supergod se passe dans un monde sans super-héros. Après la Seconde Guerre Mondiale et tout au long de la seconde moitié du 20ème siècle, différents pays, pour différentes raisons, ont lancé de vastes chantiers dans l’espoir de créer un dieu, leur dieu.

Dès les premières pages, on débarque dans une Londres en ruines, à feu et à sang. Sur place un scientifique, dans ce qui semble être ses dernières heures, communique par radio avec un collègue, et va pour la postérité reprendre toute l’affaire depuis le début. Ce sont donc uniquement par ses mots que nous allons découvrir tout le programme de création de dieux des différents pays impliqués, et qui va amener progressivement le Monde à sa perte. Condensant uchronie science-fictionnesque, contexte géopolitique passé et présent et critiques sur la religion, sans oublier ses thèmes fétiches (la chair, les mutations, la Guerre Froide…), Warren Ellis semble étonnement inspiré pour cet album, surtout quand on voit la palette de dieux différents créés dans cet album, tous aussi différents, intéressants et inquiétants les uns que les autres. Le récit, très intriguant, se laisse agréablement suivre et les paroles du Britannique nous font suivre, sur 50 ans, ce vaste programme du début à sa tragique fin, où finalement ce sont les humains qui se brûlent à avoir essayé de jouer aux dieux.

Très pertinent sur le fond, la narration laisse néanmoins apparaître quelques lourdeurs puisque composée presque uniquement du monologue du personnage principal. Pour introduire le sujet, à la rigueur, mais sur 6 épisodes c’est franchement lassant. Mais le gros point négatif de l’album est sa seconde moitié. Parce qu’une fois les bases subtilement posées, on va avoir droit à de la baston de dieux primaire. Certes tout cela est bien géré, et même très impressionnant, mais on a envie de  dire « tout ça pour ça ». Le dernier épisode est flagrant en ce sens, et il est vraiment dommage qu’Ellis gâche toutes les possibilités posées auparavant pour terminer par un simple affrontement de gros bras, aussi réussi soit-il.

La partie graphique est assurée par un jeune dessinateur : Garrie Gastonny, que je découvre ici. Dessinateur indonésien, Supergod est son premier travail professionnel, mis à part quelques illustrations par-ci par-là (pour des films, entre autre). Même si on pouvait critiquer le style statique, fouillé et parfois confus de Juan José Ryp, qui officiait sur Black Summer et No Hero, on ne pouvait nier que l’artiste possédait une vraie patte, une personnalité. Un peu tout le contraire de Garrie Gastonny, qui même s’il réalise un excellent premier travail, manque sensiblement de tempérament dans son trait. Mais bon, son style réaliste est net, précis, détaillé sans être trop chargé, l’encrage clair est de qualité, son storytelling est savamment dosé… Dommage que son style soit trop conventionnel pour se démarquer et que les couleurs sombres et ternes affadissent son travail puisqu’il s’agit assurément d’un grand dessinateur en devenir !

Dommage donc qu’avec un scénario comme celui-là, un traitement aussi intelligent et intéressant sur la première moitié, Ellis décide d’en finir aussi vite et sans génie. Un beau gâchis, d’autant plus que la partie graphique était à l’avenant. Mais bon, me direz-vous, il y a quand même de sacrés beaux restes.

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