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Crossed, suite et fin

Avant d’entamer la chronique du deuxième et dernier tome de l’aventure Crossed par Ennis et Burrows, je voudrais revenir sur un point que je n’avais pas abordé dans la critique du 1ère tome, sans doute trop déçu pour l’aborder : la noirceur. S’il y a bien quelque chose qui pose la saga Crossed comme un survival résolument à part, c’est bien cette noirceur permanente et omniprésente. Dans cet univers rempli d’infectés (infectés qui remplissent en quelque sorte toutes les conditions du mort-vivant en ce qui concerne l’épidémie ou la transmission du virus, à la différence que ces infectés restent des humains pris de folie furieuse), il n’y a pas d’espoir. Sombre, désespéré, désenchanté, le ton de l’album est franchement pessimiste, au point de faire passer certains tomes de Walking Dead pour de petites histoires gentillettes.

Tout en continuant de suivre notre petit groupe, Garth Ennis reprend sans mal cette ambiance noir corbeau mais va opérer un changement drastique d’approche : là où le premier tome était plutôt centré sur les mœurs bizarres des infectés et sur des scènes chocs, sans beaucoup se préoccuper des humains, il va ici rester presque entièrement centré sur la survie de la troupe de rescapés, sans cesse en mouvements pour échapper à une bande d’illuminés un peu plus frappés et intelligents que la moyenne qui semblent les pourchasser. Beaucoup de scènes intimistes d’échanges entre personnages vont permettre de les approfondir et d’apporter un peu plus de matière à cette analyse pointue de la survie en situation extrême, où la barrière de l’humanité est prête à être franchie. On regrette juste que Garth Ennis continue sa narration éclatée au lieu de nous offrir  une histoire racontée linéairement, qui aurait été plus claire et sûrement plus immersive.

Burrows quant à lui est égal à lui-même, son style ne changeant pas d’un iota au fil des années : style réaliste, trait fin et clair, storytelling cinématographique, il effectue son travail avec sérieux et livre une composition satisfaisante.

En somme, un peu comme pour 303, toujours avec Burrows au dessin et toujours chez Avatar (disponible en deux tomes chez Angle Comics), Crossed ne prend véritablement son sens que dans son ensemble. Et comme pour 303, on peut y déceler les préoccupations de son auteur, mais également se rendre compte que celui-ci a vraiment été où il voulait sur cette œuvre, malgré ses imperfections et un sentiment d’inachevé lors de la conclusion. Une lecture exigeante mais très intéressante.

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