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Crossed t.1

Crossed t.1
Auteur(s) Garth Ennis (scénario), Jacen Burrows (dessin)
Editeur (collection)
Milady (Milady Graphics)
Date de parution
Mars 2011
Prix 12€90
Nombre de pages
128
Episodes VO Crossed #1-5
crossed 1

Ils sont partour. Hommes, femmes et enfants, tous victimes d'une mystérieuse infection qui change les parents en tueurs et les amants en violeurs. Sans pitié, ils répandent le mal et traquent les derniers membres de notre espèce à l'agonie. Dans une Amérique désolée, un petit groupe de survivants cherche à rejoindre l'Alaska, espérant y trouver le salut. Ils vont découvrir le prix de la survie... et de leur propre humanité.

Fous, durs et dingues

Crossed. Un monde non pas avec des zombies, mais avec des infectés. Une fois que vous chopez le virus, vous devenez un fou furieux, un sadique, un pervers sexuel, un cannibale. Tout ça à la fois et même plus. C’est toute la violence contenue de chacun qui va éclater. Pour le reste (la transmission du virus, la survie en petits groupes) on est typiquement dans le style du film de zombie. Mais comme les infectés sont organisés, utilisant ce qui leur reste de leur intelligence pour faire encore plus de mal et le faire de manière encore plus cruelle, leur échapper est loin d’être évident.

Déconstruisant volontairement la narration linéaire en proposant quantités de flash-backs, Garth Ennis suit plus particulièrement Stan, serveur de son métier, qui sirotait tranquillement un café dans son bar quand l’invasion est arrivée et s’est répandue. Lui et une femme accompagnée de son jeune enfant, qui va l’aider dans sa fuite. Les autres personnages qui se grefferont au duo ne seront que peu caractérisés par le scénariste, leur utilité se limitant souvent à n’être que de la chair fraîche prête à être consommée, petit à petit bien sûr, et en prenant son temps. Miam. C’est d’ailleurs dommage de ne voir que deux personnages sont suffisamment détaillés pour être intéressants dans ce premier tome, d’autant plus qu’on est loin des personnages profonds qu’Ennis savait écrire.

Il semble en fait plutôt s’intéresser au fléau qui ravage le monde, à son épandement, et aux mœurs étranges et hautement déviantes des dégénérés en question. Et il y va avec son lot de détails sordides et/ou craspecs et de scènes d’un gore extrême. Ennis part ici du principe (qu’il explicite même à l’intérieur du bouquin) qu’on a déjà tout vu sur internet et à la télévision, et qu’il nous faut pire pour que cela nous atteigne. Et il y va avec le « pire » en question. Membres arrachés puis pénétrés, tueries en tout genre, rien ne nous ait épargné. Mais est-ce bien utile ? Et puis, quitte à nous montrer des scènes telles que celles-ci, autant nous faire nous intéresser d’abord un minimum aux personnages pour que les scènes qui vont suivre nous choquent, mais ce n’est pas le cas. On pourrait prétexter une ironie féroce, du quinzième degré, je n’y vois que du gore facile pour appâter le chaland. On avait connu Ennis beaucoup plus exigeant avec lui-même, on en est loin avec cette apparente gratuité. Mais comme les deux personnages principaux gagnent en profondeur tout au long de ce premier tome, attendons la suite.

Jacen Burrows quant à lui se fait plaisir avec tout ce sang et ces tripes à l’air. A part ça, cet auteur qui divise souvent ne change pas de style : style réaliste, trait fin, storytelling cinématographique (mais un peu confus par moments), ça reste du boulot très classique mais très honnête, et il se trouve être un dessinateur idéal pour la série.

En bref, dessin classique, scénario facile usant du gore pour choquer et attirer, du moyen Ennis qui semblait néanmoins s’améliorer sur la fin de ce premier tome. A voir pour la suite.

Du nouveau chez les zombies ?

Une nouvelle engeance est apparue. Des hommes et des femmes avec une croix sanglante qui se dessine sur leur visage. Qui sont ils ? Comment sont ils apparus ? De quoi souffrent ils ? Nul ne le sait. Ce que l'on sait, en revanche, c'est qu'ils sont sadiques, dangereux, et qu'un contact avec leurs fluides corporels suffit Ă  vous faire basculer dans leurs rangs.

Garth Ennis, maître de l'irrévérence, revisite les récits de zombies … sans zombie. En effet, l'invasion qu'il raconte est celle d'hommes et de femmes, vivants, mais infestés par un mal mystérieux qui se répand à une vitesse folle. Au loin, on voit des explosions nucléaires,signes que cette invasion ne touche pas que cette petite ville du Midwest américain.

Garth Ennis nous raconte l'histoire d'un petit groupe de « survivants », d'humains normaux ayant échappé à ces agresseurs, qui tentent désespérément de survivre et cherchent une échappatoire à ce cauchemar.

On a déjà lu et vu des dizaines de récits de ce genre. En quoi celui-ci vaut il la peine d'etre lu ? Déjà, par son originalité: une partie du récit s'écrit à la première personne, par les personnages eux-mêmes, pas seulement un seul mais plusieurs d'entre eux. De plus, les infestés sont vivants, même s'il supportent mieux certaines blessures que nous, mais ils réfléchissent, s'organisent, évoluent, … Les rendant plus dangereux. Et puis, c'est Ennis au stylo. On peut donc s'attendre, et on aura raison, à un récit bien gore et bien trash (je me demande si je ne vais pas arrêter de mettre les mots « Ennis » et « trash » dans la même phrase, tant ils deviennent pléonasmiques) donc, jouissif. Il nous narre ici la fuite de ce groupe d'humains vers un possible salut.

Aux dessins, Jacen Burrows remplit excellemment son rôle. Son trait est fin, fluide, précis. Ses dessins sont stylés, énergiques, ses personnages proportionnés, aux visages expressifs et on prend un réel plaisir à lire l'histoire, sans à coup, de manière très fluide. Un récit qui s'enchaîne naturellement.

Milady a peut-être trouvé son Walking Dead.

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