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Crossed : Psychopathe

Crossed : Psychopathe
Auteur
David Lapham (scénario), Raulo Caceres (dessins)
Editeur (Collection)
Panini
Date de parution
Janvier 2013
Prix
18€30
Nombre de pages
176
Episodes VO
Crossed : Psychopath #1-7
crossed psychopathe

Le monde est sens dessus dessous depuis qu'un mystérieux virus a transformé les habitants de la Terre en monstres pervers. Néanmoins, quelques rares individus ont échappé à la contamination et sont à la recherche d'un lieu sûr. Mais que se passerait-il si parmis ces miraculés se cachait une menace plus grande encore ?

Crossed Psychopathe : du jamais vu en comic-book

Après un premier essai d’un gore extrême (Crossed : Valeurs familales), le scénariste David Lapham (Stray Bullets, DeadpoolMAX) remet le couvert avec cette deuxième mini-série Crossed, intitulée sobrement « Psychopathe ». Comme précédemment, le récit se sert de l’univers créé par Garth Ennis et Jacen Burrows où la Terre est contaminée par un virus rendant la population complètement folle de violence et de sexe, de véritables zombies lubriques et sadiques. Le but clairement avoué du comic-book : nous gratifier de ce qui se fait de plus extrême dans le genre. Et c'est bien le cas.

Si Valeurs familiales n’avait brillé ni par son dessin exécuté à la va-vite ni par le scénario opportuniste d’un David Lapham peu inspiré, on sent une légère amélioration sur ce Psychopathe, même s'il n’atteint pas le niveau des épisodes d’Ennis et Burrows. Ce n'est déjà plus Javier Barreno - dessinateur aux proportions variables et aux finitions bâclées - qui nous assure la partie graphique, mais le très réaliste et minutieux Raulo Caceres (Gravel, Captain Swing ou encore Crecy, le tout avec Warren Ellis). Et puis David Lapham ne réutilise pas le scénario bateau du précédent opus, où on suit un groupe avant, pendant et après la contamination, mais va directement rentrer dans le vif du sujet en faisant se rencontrer un groupe de fugitif avec un homme solitaire, Harold, qui connaîtrait un endroit où sont effectuées des recherches pour endiguer le virus. En réalité, cet homme se révèle au moins aussi dérangé que les contaminés et son but est tout autre...

Narré par notre ami siphonné du bulbe, ce récit très sombre et violent est plutôt bien rythmé, David Lapham alternant sans mal les dialogues et les scènes d'actions et d'horreur. La caractérisation des personnages est plutôt sommaire mais suffisante pour mettre en valeur ce personnage perturbé d'Harold, un individu singulier complexe et intéressant dont on connaîtra l'histoire et les motivations au fil de 7 épisodes, qui verront notre groupe essayer de s'échapper puis traquer une horde de contaminés encore plus intelligent que les autre, dont la principale caractéristique est qu'ils s'habillent en peau d'humain. Un détail glauque et horrifique de plus dans cette histoire qui ne fait pas dans la demi-mesure : membres arrachés, émasculations, écorchements vifs, décapitations, éventrements, écrasements en tous genre, le tout baignant dans une folie sexuelle furieuse et comprenant tous les âges, l'amateur de gore extrême en aura pour son argent ! Suivant le credo de Garth Ennis, l'imagination de David Lapham semble n'avoir aucune limite et rarement on aura vu un album aussi malsain.

Comme si cela ne suffisait pas, c'est le réaliste Raulo Caceres qui se charge d'illustrer l'album. Si on avait connu le dessinateur un poil plus inspiré dans ses finitions, il semble prendre un malin plaisir à nous livrer des compositions de toute beauté, ou plutôt parfaitement hideuses. Les dessins foisonnent de détails dans les nombreuses splash-pages de carnage qui parsèment le récit, et la composition très organiques des planches de ce Crossed, avec des gouttières souvent matérialisées par des membres, des flaques de sang, des cheveux (selon les scènes), ainsi qu'un storytelling inspiré et dynamique assurent une partie graphique de bonne qualité. On regrettera juste la colorisation trop foncée qui gâche un peu le dessin de Caceres, lui qui aime beaucoup jouer du noir et du blanc. Cette colorisation même qui avait également empêché d'apprécier pleinement l'artiste sur Captain Swing ou Gravel t.1.

En somme, avec un scénario plus inspiré et intéressant que le précédent tome ainsi qu'une partie graphique de bonne facture, ce tome de Crossed s'élève sans mal bien au-dessus du précédent album. A réserver néanmoins uniquement aux amateurs de bisseries extrêmes et noires. Et au passage, on ne dit pas merci à Panini qui reprend la série après les éditions Milady a un prix bien plus cher (18€30 au lieu de 14€90) pour seulement 16 pages de plus...

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