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Crécy

Auteur
 Warren Ellis (scénario), Raulo Cáceres (dessin)
Editeur (Collection)
 Avatar
Date de parution
 Août 2007
Prix
 6.99 $
Nombre de pages
 48
Episodes VO
 Crécy GN
Correspondance VF
 Inédit

 

An original graphic novel from Warren Ellis and his Apparat line of books! A highly trained but under equipped army invades another country due to that country's perceived threat to home security. The army conducts shock-and-awe raids designed to terrify the populace. This army is soon driven to ground, and vastly outnumbered. The English army has to stand and fight, in Crecy, France. On 26 August 1346, modern warfare changed forever. This is the story of England's greatest battle. Featuring the stunningly detailed art of Raulo Caceres.

Warren Ellis et la Guerre de Cent Ans

Pour les deux du fond qui ne suivent pas, la bataille de Crecy est une importante bataille qui eut lieu en 1346 entre l'armée anglaise et la chevalerie française. Environ 40 000 hommes, dont les deux tiers français, qui vont pourtant subir une cuisante défaite. Et cette bataille marquera le début de la Guerre de Cent ans.

La première chose frappant dans Crecy est le sérieux avec lequel Warren Ellis semble s'être documenté. On est gavé d'informations toutes plus pertinentes que les autres, et subtilement amenées car nécessaires au bon déroulement du récit. L'histoire en elle-même nous est narrée en temps réel par William de Stonham, paysan reconverti en fantassin pour la gloire de l'armée anglaise. Un narrateur qui ne mâche pas ses mots, dédaignant ses frères d'armes mais surtout insultant, rabaissant les Français jusqu'à plus soif. Warren Ellis verse dans le french bashing jubilatoire, plutôt justifié en fait puisque la défaite de cet épisode important de l'Histoire est dûe entièrement à l'incompétence de la noblesse française. On a donc entre les mains, entre quelques combats épiques et des anecdotes plutôt intéressantes, un récit on ne peut plus cynique et jubilatoire, revisitant une bataille historique avec originalité et humour noir.

Raulo Caceres est, lui, un très bon illustrateur, mais pas plus. Il est parfait pour dessiner une armée, une charge de cavalerie, une campement ou encore des châteaux et autres villages, mais quand il s'agit d'assembler ces cases pour raconter une histoire, le travail est nettement plus laborieux. Néanmoins, on peut savourer ses planches très précises et méticuleuses, regorgeant de détails et surtout très documentées, avec un style convenant parfaitement à cette période de l'Histoire, mais son grand manque de dynamisme dans le dessin rend les scènes de combat plutôt molles du genou... 

En bref, Warren Ellis qui revisite un des grands événements du Moyen-Âge avec cynisme et intelligence, vous pouvez y aller sans crainte !

Bloody cunt !

Pendant la Guerre de Cent Ans, sous le commandement d'Edward III, une armée anglaise envahit le sol français. Mettant à feu et à sang le moindre petit village et semant la terreur dans tout le territoire, les soldats anglais finissent par rencontrer les hommes de Philippe VI, le 26 août 1346 à Crécy…

Ce Crécy n'est vraiment pas un roman graphique comme les autres. Au lieu de scénariser cette tranche de l'histoire anglo-française comme avait pu le faire Frank Miller dans son 300 pour la Bataille des Thermopyles, Warren Ellis fait le choix de traiter son sujet sous la forme d'un monologue. Dès la première page, on fait ainsi la connaissance de William Of Stonham, archer de son état, qui s'adresse directement à nous. Propice à la complicité, cette façon de procéder permet à l'auteur de créer rapidement un lien entre le narrateur et le lecteur. Très intéressant d'un point de vue historique et militaire (Ellis semble s'être bien documenté sur la question), Crécy n'oublie pas d'être (comme la plupart de la production de son créateur) piquant, cynique et salement drôle. Le scénariste n'hésite donc pas à user de remarques anachroniques du meilleur effet (ou comment apprendre pourquoi les footballeurs italiens sont des mauviettes), mais aussi à entretenir une xénophobie latente envers le peuple français via des propos diffamatoires qu'il faudra évidemment replacer dans le contexte de l'époque (mais aussi prendre au deuxième degré si l'on est un Froggy susceptible). Malgré le fait qu'il soit innovant sur bien des aspects, on reprochera tout de même à ce Crécy d'être vite emballé, de ne pas aller jusqu'au bout de son concept, et peut-être aussi sa forme qui aurait sans doute plus convenu à une nouvelle sans illustrations.

Pour la partie graphique, Raulo Cáceres (Belladonna avec Brian Pulido, ou encore Gravel avec Warren Ellis et Mike Wolfer) fait du mieux qu'il peut pour mettre en image ce monologue de presque 50 pages. Comme le scénario, le dessin en noir et blanc très détaillé de l'espagnol est parfaitement documenté (les armes et habits notamment) tandis que son trait précis et méticuleux convient parfaitement à ce récit historique, rien à redire à ce sujet. Par contre, au niveau du storytelling, ce n'est pas vraiment ça. La faute en partie à un concept narratif plutôt bloquant et sans réel enjeu de mise en scène. On se retrouve donc face à de belles planches collées les unes derrières les autres, mais le tout sans saveur. Dommage !

Bien que loin d'être exempt de défauts, Crécy reste un récit étonnant à ne pas mettre entre toutes les mains…
 

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