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Le Dossier Noir

Black Dossier
Auteur
Alan Moore (scénario) et Kevin O'Neill (dessins)
Editeur (Collection)
Panini Comics (Deluxe Fusion Comics)
Date de parution
Octobre 2013
Prix
29€40
Nombre de pages
216
Episodes VO
The League of Extraordinary Gentlemen: Black Dossier
black dossier LXG

La plus belle création d'Alan Moore revient enfin dans une nouvelle aventure, dont la parution a longtemps été repoussée en France. Nous sommes dans les années 50, le temps a passé et la Ligue des Gentlemen Extraordinaires a été dissoute. Mais Mina Murray et Allan Quatermain sont de retour et ils veulent des réponses, qu'ils ne pourront trouver que dans le mystérieux Dossier Noir, qui retrace l'histoire de la Ligue...

Les secrets de la Ligue !

Sorti en 2007, le fameux « Dossier Noir » de la Ligue s’est fait attendre outre-atlantique depuis un bon paquet d’années. En effet, suite à des problèmes de droits, l’album n’avait pu sortir qu’aux Etats-Unis. Et entre-temps, Alan Moore avait continué d’écrire sur la Ligue, notamment avec la saga Century et ses trois volets 1911, 1969 et 2009, qui ont été publiés en France par Delcourt bien avant ce Black Dossier, et qui se sont avérés bien évidemment assez délicats à comprendre... Puisque l’on n’en avait pas l’introduction ! En plus d’être un livre somme sur l’histoire de la Ligue, ce Dossier Noir va donc faire prendre tout son sens à ces trois récits.

Avant de s’intéresser au fond du dossier, il est juste de féliciter les éditions Panini pour leur impressionnant travail d’adaptation : du papier de différente qualité selon les documents (mat ou brillant, épais ou non), un livre cartonné de belle facture, et puis le fameux accessoire 3D bien plus pratique que celui proposé par les éditions américaines. J’en profite aussi pour saluer le traducteur, qui a effectué un travail considérable en reprenant avec brio les différents styles linguistiques utilisés dans le livre : de l’anglais ancien, des termes en novlangue, la langue du roman 1984 de George Orwell, ou encore quelques pages dans le style « Beat Generation » de Kerouac. Tout ce travail pour un prix finalement modique au regard du temps passé à décortiquer l’œuvre.

Parce qu’en effet, on y passe du temps sur cet album. Prétextant un fameux « Dossier » composé par des agents secrets du gouvernement anglais compilant des preuves de l’existence d’une équipe secrète s’acharnant à bien faire tourner le monde, Alan Moore va envoyer Mina Harker et Allan Quartermain à la recherche du document perdu. Bien entendu, le périple de nos héros afin de le retrouver et de le conserver précieusement fait office de fil rouge et nous allons découvrir, petit à petit, bien des éléments du dossier. Bourré d’informations sous différentes formes (échanges de lettres, comptes-rendus, fausses bande dessinées, morceaux de romans), le contenu du dossier est d’une profondeur et d’une complexité tout bonnement jouissive, pour peu qu’on adhère à l’univers si particulier d’Alan Moore, où les héros et vilains des grands romans policiers et fantastiques des 19ème et 20ème siècles cohabitent dans un monde steampunk à l’esprit so british. Et l’histoire de la Ligue – ou plutôt des différentes Ligues – suit les évolutions littéraires et artistiques des différentes époques dans lesquelles elles sont apparues. Ce Black Dossier n’est donc pas spécialement une histoire, une bande dessinée au sens classique du terme, mais plutôt une somme d’information étayant un univers déjà bien attractif à la base. A petites touches, Alan Moore pose les bases d’un des univers les plus cohérents, fouillés et ambitieux qu’on aura vu dans le 9ème art. Et, bien entendu, tout en continuant de proposer des intrigues prenantes, des personnages profonds et grandiloquents (c’est ici qu’on découvre enfin Orlando), des histoires passionnantes, et quelques moments bien déjantés comme il faut.

Quant à Kevin O’Neill, il semble vraiment se plaire à croquer l’univers de la Ligue. Il faut dire qu’il a de quoi se faire plaisir avec cette quantité de personnages et ses différents lieux, du plus féérique au plus sombre, en passant par le psychédélique. Comme d’habitude, les aficionados de son trait anguleux et expressif, sans fioritures, seront contentés, tandis que les détracteurs n’adhéreront pas. Il faut dire que le style d’O’Neill est loin d’être passe-partout, mais n’en reste pas moins ô combien intéressant et maîtrisé. Un excellent artiste capable d’illustrer comme il se doit les scénarii déjantés du maître Moore.

En somme, on pourrait définir ce Dossier Noir comme la pierre angulaire des histoires de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Un imposant pavé à posséder obligatoirement par les aficionados, et qui donne envie de se replonger dans les autres aventures de la Ligue !

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