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JLA Nouvel Ordre Mondial

Auteur
 Grant Morrison (scénario), Howard Porter (dessin)
Editeur (Collection)
 Panini (Collection DC Anthologie)
Date de parution
 Septembre 2008
Prix
 24 €
Nombre de pages
 180
Episodes VO
 JLA vol. 2 #1-9

 

Superman, Batman, Wonder Woman, Martian Manhunter, Green Lantern, Aquaman et Flash : les plus grands héros de l'univers DC décident de reformer la Ligue de Justice d'Amérique. Ce n'est que le début de palpitantes aventures qui les verront accueillir de nouveaux membres et combattre des ennemis invincibles dont, notamment, les légions du Paradis et de l'Enfer !

En 1997, DC confie au génial Grant Morrison son équipe de héros la plus prestigieuse, la Ligue de Justice d'Amérique. Le scénariste relance le groupe dans une toute nouvelle série simplement intitulée JLA, réunissant les piliers de l'univers DC aux côtés de nouveaux venus créés par Morrison et mis en images par Howard Porter. JLA : Nouvel ordre mondial rassemble les neuf premiers épisodes de cette période désormais entrée dans l'histoire.

Du grand, du très grand

Peut être que je ne l'ai pas assez dit, je me méfie des écrits de Morrison, tant j'ai eu d'expériences négatives en le lisant (bon, j'exagère, il y a dû y en avoir 2 ou 3) mais quand je lis d'aussi bonnes critiques sur une série et que ladite série n'est plus intéressante depuis longtemps, je n'hésite pas vraiment à plonger dans la gueule du loup.

Et bien, pour le coup, voilà une très intéressante incursion: On a demandé à Morrison de relancer la JLA et il n'y est pas allé de main morte. Pour commencer, exit les seconds couteaux (qui, j'ai cru comprendre, faisaient partie de l'ancienne mouture), voilà les bigs guns qui reviennent, j'ai nommé Superman, Batman, Wonder Woman, Green lantern (avec Kyle Rainer dans le costume vert), Flash (Wally West) et Aquaman. Et Morrison de revenir aux bases de  la série, en tous les cas telles qu'il les conçoit, celles d'un comic de baston, destiné à démontrer que non, il ne faut pas faire chier les membres de la JLA, parce que comme le célèbre duo de flics des 70's, ils gagnent toujours à la fin. C'est tout? Non, bien sûr, parce que les scénarios de Morrison sont quand même un poil plus aboutis que ceux d'un Loeb. On pourrait d'ailleurs presque faire un parallèle avec l'immonde bouse de Loeb appellée à changer l'univers Ultimate (Ultimate Power pour ceux qui, par chance, y auraient échappé) dans la mesure où, comme dans les premiers épisodes de cette JLA new look, des grandes puissances s'affrontent. Mais la comparaison s'arrêtera là, Morrison jouant habilement de ses super champions pour ressasser l'éternelle question: s'ils sont si forts, pourquoi laissent ils des gens mourir de faim? Une question qui pourrait vite se transformer en un débat mystico-religieux sur l'intervention (ou pas) d'une (de) puissance(s) divine(s). Morrison évite habilement ce piège en offrant le spectacle toujours attendu par tout lecteur de BD de super-héros sans le résumer à un affrontement vilains/héros (parce qu'au départ, il y a de quoi se poser des questions sur ces envahisseurs qui font pousser de l'herbe dans le désert du Sahara) mais sans tomber pour autant dans le piège d'un didactisme lourd à la Jurgens par exemple (son run sur Thor). Il souffle d'ailleurs le chaud et le froid en nous montrant une équipe surpuissante d'un côté mais qui pourrait peut être faire plus contre une équipe surpuissante de l'autre, très interventionniste mais qui appartient à l'autre côté. Heureusement, la morale est sauve, les gentils ont gagné non pas sans se remettre un poil en question sur leur volonté ou pas d'intervenir plus sur les affaires du peuple.

Côté Graphisme, Porter traduit effectivement cette volonté de puissance, sans pour autant imposer des splash-pages dans le plus pur style Image des 90's. L'épisode 2 est, en ce sens, remarquable, avec une utilisation très intelligente des logos des différentes revues des héros, qui ajoutent à cette impression de grandeur déjà présente dans le reste de la planche.

Alors, ma mauvaise foi envers Morrison me permet de trouver quand même un petit défaut, c'est l'obsession de Morrison pour l'univers d'antimatière ainsi que pour les rêves et la manière dont ils influent ou pas sur la réalité (JLA 7-9) mais je vous rassure tout de suite, non seulement cet arc se lit très facilement et il est même splendide, tant il revient au final sur les mêmes réflexions des héros, si puissants et si fragiles...

Au final, un très bon Morrison, dans la lignée de son All Star Superman.

Du très bon chez DC

Un bel écrin, pour ces aventures de la JLA, que cette Anthologie DC, équivalent de la gamme Best Of pour Marvel chez le même éditeur. A ce propos, le papier glacé utilisé ici rend un bien meilleur hommage aux dessins et, surtout, aux couleurs, que ne l'avait fait, en son temps, la revue Strange (n°325 à333). Notons, tout de même, que cet album ne reprend pas l'épilogue 0, paru dans Strange 333, ce qui en dit long sur les intentions de l'éditeur de publier la suite ...

Cependant, ne boudons pas notre plaisir à lire ces épisodes. Car plaisir il y a. Certes, le premier arc est plutôt classique, avec l'arrivée d'un nouveau groupe d'ennemis, se faisant passer, de prime abord, pour les sauveurs et, donc, la confrontation entre héros anciens et modernes, leurs méthodes, etc ... De là, découle une réflexion sur le rôle des super-héros dans le monde, leur degré d'interventionnisme comparé à leurs capacités. Et là, j'avoue avoir été déçu. Une sorte de "tout ça pour ça" qui m'a laissé un goût d'inachevé, puisque je ne partage pas l'opinion de l'auteur, telle qu'elle est exprimée ici, du moins (est ce vraiment son opinion ou celle de sa maison d'édition ?).

La suite, par contre, est plus savoureuse, notamment l'épisode 5, qui voit un être artificiel, créé par T.O Morrow pour infiltrer la Ligue, développer une conscience propre, une âme, au contact de ses collègues, et le créateur se réjouir d'avoir réussi un tel tour de force malgré l'échec de son plan. Du très bel ouvrage, du Morrisson comme je l'aime. Petit bémol, dans cet épisode, on voit Superman affublé de son nouveau costume bleu et blanc et de ses nouveaux pouvoirs, sans aucune explication préalable. On touche, ici, du doigt les limites d'un univers partagé publié partiellement ...

Les 2 arcs suivants sont tout aussi intéressants, et sauvent véritablement l'album, surtout le dernier, qui fait écho aux merveilleuses histoires écrites par Alan Moore pour DC dans les années 80.

Le dessin est assuré par Howard Porter, dont je ne suis pas fan, tant ses persos ont l'air de poseurs, plus que d'hommes (ou de femmes) d'action. Il est à la limite de la caricature, et ses expressions faciales suivent le même chemin. On a du mal à y croire. Il est suppléé, pour les 2 derniers épisodes, par Oscar Jimenez, et on n'y perd pas au change, même si celui-ci a plutôt tendance à dessiner des arrière-plans assez vides. Je trouve, cependant, dommage qu'on n'ait plus trop de nouvelles de cet artiste. Les couleurs, pour y revenir, sont bien mieux appréciables avec un tel papier, même si certaines ambiances, notamment dans le premier arc, me semblent toujours bizarres, avec des pages quasi monochromes, simplement nuancées ...

Un bel album, qui fera un bel effet dans votre bibliothèque, et que les fans de DC ne peuvent laisser passer.

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