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Who watches "Before Watchmen" ?

Retrouvez notre dossier spécial sur les spin-offs de Watchmen qui retracent l'histoire des protagonistes du chef d'oeuvre d'Alan Moore avant les événements de Watchmen.

before watchmen

25 ans après Watchmen, le chef d'oeuvre d'Alan Moore et de Dave Gibbons qui a changé le monde de la bande dessinée et plus particulièrement du comic-book, les éditions DC décident de marquer le coup en fêtant cet anniversaire avec de nouvelles oeuvres liées à l'univers. Réel intérêt pour l'oeuvre ou appât facile du gain ? Toujours est-il qu'Alan Moore a été approché pour continuer à travailler sur l'univers de Watchmen mais a poliment décliné l'offre, DC devait donc prendre le risque de placer de nouveaux auteurs dans cet univers culte et pour l'instant inviolable si l'on excete l'adaptation cinématographique plutôt réussie de Zack Snyder. Au total, 37 épisodes ont été réalisés, comprenant one-shots et mini-séries, toutes préquelles au graphic novel Watchmen. Et avec une équipe artistique de qualité : Darwyn Cooke, Brian Azzarello, J.M. Straczynski, Lee Bermejo, Jae Lee, Joe Kubert, Bill Sienkiewicz, Amanda Conner ou encore Eduardo Risso ! Sans s'attarder sur la pertinence de ces annexes au regard de l'oeuvre originale, Comicszone vous propose un petit tour d'horizon des différentes oeuvres estampillées "Before Watchmen". A noter que les éditions Urban ont publiés l'intégralité des épisodes dans 7 magazines bimestriels dont le dernier est sorti en janvier 2014, et sortent les versions librairie à compter de ce même mois.

 

minutemen 1

Minutemen

Avant les Watchmen, il y avait les Minutemen. Premiers « héros » à avoir combattus masqués, ils ont ouvert la voix à d’autres initiatives, incluant notre troupe des Watchmen. Symboles du golden age des comics et de cette période faste et insouciante d’avant-guerre, les Minutemen sont une fière équipe de super-héros, et le symbole des Etats-Unis d’alors. Ce que l’on sait des personnages que compose la troupe n’est quasiment contenu que dans les appendices des épisodes du graphic novel d’Alan Moore : coupures de journaux, articles, et surtout des extraits de « Sous le masque », l’autobiographie de Hollis Mason, le 1er Hibou, qui avait fait alors partie des Minutemen. Une autobiographie décriée qui va rapidement faire voler les faux-semblants en éclat : un homme-insecte alcoolique, un Comédien violent, un Juge très proche de la mouvance aryenne de jadis... C’est le grand Darwyn Cooke (Parker, Catwoman : le grand braquage, X-Statix) qui se charge entièrement de cette première mini-série de 6 épisodes, et le moins qu’on puisse dire est qu’il est l’homme de la situation. On savait déjà son appétence pour les héros et l’esprit du golden et du silver age grâce à son œuvre culte La Nouvelle Frontière (3 Eisner awards et 3 Harvey awards) ou encore sa reprise du Spirit de Will Eisner, et il prend les reines des Minutemen avec brio dès le début.

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Prenant pour témoin et narrateur le Hibou Hollis Mason, Cooke va nous raconter l’histoire entière des Minutemen, de leurs débuts sous la direction de Captain Metropolis à la séparation progressive et définitive du groupe, contenant autant de moments de bravoures que de drames horribles auxquelles l’équipe dut faire face. Le traitement est très intelligent puisque l’auteur arrive, à l’aide des quelques textes insérés par Moore dans Watchmen, à nous proposer une histoire très cohérente, prenante, avec quelques révélations mais surtout sans aucunement dénaturer l’œuvre originelle ni les personnages, tous fidèles à l’idée qu’on avait pu s’en faire à la lecture de Watchmen. Et même au-delà du respect de l’œuvre originale, la mini-série Minutemen est un comic-book movie de très bonne facture, aux différents niveaux de lecture et avec une approche vintage savoureuse, décuplée par le trait cartoony, old-school et moderne à la fois de Darwyn Cooke. Ce Minutemen reste donc autant un préquel logique à Watchmen qu’une variation thématique succulente de La Nouvelle Frontière. Et même si l’ensemble n’est pas exempt de défauts (un côté glauque parfois très prononcé, une voix-off quelquefois agaçante), ce Minutemen reste une très bonne surprise.

 

moloch

Compagnon

Le reste des récits réalisés pour l’événement Before Watchmen a été compilé par Urban sous l’intitulé de « Compagnon ». Un titre fourre-tout pour le moins étrange puisqu’on y trouve un one-shot inspiré de l’histoire dans l’histoire « Tales of the Black Frighter » de Watchmen, un one-shot sur Bill Dollar, membre des Minutemen issu de la publicité, ainsi que deux épisodes sur Moloch, le seul super-vilain « classique » approfondi dans le graphic novel original.

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Pour ce qui est de Crimson Corsair, pastiche des récits d’épouvante des années 60-70 sauce pirate tout comme l’était « Tales of the Black Frighter » dans Watchmen, il reste franchement anecdotique. Etait-il vraiment nécessaire de vouloir à se point rendre hommage au graphic novel en copiant même ses digressions, qui avaient elles au moins le mérite d’être pertinentes ? Ici, rien de plus qu’un récit d’aventure horrifique psychédélique et très sombre, qui respecte bien l’esprit d’une partie des comic-books de l’époque. Ca se laisse plutôt bien lire même si le récit part malheureusement de plus en plus en vrille jusqu’à une conclusion fade et attendue. C’est John Higgins qui se charge de la mise en image : artiste britannique assez rare sur de l’illustration (on lui doit l’arc Haunted de Hellblazer, avec Warren Ellis au scénario), il est surtout connu pour ses colorisations originales et bien pensées de Batman : The Killing Joke et de... Watchmen ! Son trait hérité des artistes britanniques des années 70-80 sied parfaitement à l’esprit du one-shot : très fouillé, réaliste, un poil torturé... Dommage que l’ensemble soit parfois un peu trop fouilli ! Un récit en demi-teinte, en somme.

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On enchaîne sur Bill Dollar, un one-shot du seul membre des Minutemen à ne pas avoir prononcé un mot dans le graphic novel d’Alan Moore et de Dave Gibbons ! Ce one-shot, toujours écrit par Len Wein, nous fait suivre par le biais d’une voix off la vie haute en couleur de Bill Dollar, qui a commencé acteur pour une firme bancaire avant de faire partie de l’équipe des Minutemen. Mais ce qui n’était au départ qu’un coup de publicité va vite lui donner goût pour l’action. Un récit léger, porté par un esprit naïf qui n’est pas sans rappeler le golden age du comic-book. Et en plus, le dessin est assuré par le trop rare Steve Rude (la série Nexus avec Mike Baron, dont seul 6 épisodes ont été publiés en France dans un Semic Book), un artiste classique mais dont le trait et le storytelling d’un raffinement sans pareil correspondent parfaitement à l’ambiance du récit. Anecdotique mais plutôt agréable.

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Ce sont surtout les deux épisodes de Moloch qui vont largement élever le niveau de cet album : J.M. Straczynski va faire de ce personnage marginal mû par un immense soif de pouvoir un être frêle, bourré de complexe et désabusé. Comme la plupart des autres récits Before Watchmen, on va suivre sa vie dans sa globalité, de son enfance difficile à l’apogée de sa puissance, puis à son déclin suite à l’avènement du demi-dieu Dr Manhattan et à son embrigadement par Ozymandias dans le but de satisfaire à son fameux « plan ». Bien entendu, tout cela est très classique, mais la détresse qui s’empare du personnage est franchement poignante, d’autant que l’excellent Eduardo Risso (100 Bullets, Point de rupture, Alien : Wraith, Logan) arrive à rendre son visage d’une expressivité folle, notamment son regard plein de détresse et de douleur. Son talent habituel n’est pas en reste, et l’artiste nous abreuve de son style atypique et si maîtrisé qui en fait toujours un des dessinateurs mainstream les plus excitants du moment : compositions alambiquées, trait légèrement cassé, et surtout une maîtrise de l’ombre et du noir et blanc conférant à chacune de ses planche une ambiance très particulière. Encore une fois, un récit bien plus réussi sur le plan graphique que scénaristique, même si l’histoire reste relativement bien narrée.

 

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Rorschach

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Pour mettre en scène le fameux justicier nihiliste et violent Rorschach, mû par un impressionnant dégoût de l’humanité, Brian Azzarello ne s’embarrasse pas d’intrigues à tiroir et va droit au but : on se place dans une simple enquête où notre paria va chercher à éliminer un chef de gang. Un polar hard-boiled pur jus, sans fioritures, qui rappelle fortement les dernières œuvres de Brubaker comme Criminal ou Incognito, et évidemment le film culte Taxi Driver de Martin Scorsese, avec ce New York des années 70 sale et dangereux.

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Un décor que Lee Bermejo, auteur décidemment trop rare et habitué des collaborations avec Azzarello (Joker, Lex Luthor ou encore Batman/Deathblow), restitue à merveille. Son dessin réaliste sombre, cassant, torturé est un vrai bijou noir et sa mise en couleur donne une impression de profondeur et de vérité assez remarquable. Et comme si ça ne suffisait pas, son talent pour la mise en scène fait sensation durant les nombreuses scènes d’actions dont la mini-série est affublée. Dommage qu’au final le récit ne cherche pas à aller plus loin, et qu’on en reste avec ce qu’on a : un bon récit noir, prenant et surtout très efficace.

 

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Spectre Soyeux

Cette mini-série va s’intéresser au personnage de Laurie Juspeczyk, la fille de Sally Jupiter a.k.a. Spectre Soyeux. Darwyn Cooke s’intéresse plus particulièrement à l’adolescence de la jeune fille ainsi qu’à ses premiers faits d’armes en tant que second Spectre Soyeux, et ce jusqu’à sa rencontre avec le Docteur Manhattan. 4 épisodes en tout et pour tout, qui abordent de façon très juste les problématiques auxquelles est confrontée Sally en tant que jeune adulte : sa relation tendue avec sa mère qui veut à tout prix en faire une combattante chevronnée, ses problèmes relationnels à l’école, son envie de s’évader, ainsi que son premier amour. Une belle idylle qui va donner envie à Sally de fuguer et de prendre la route avec une troupe d’amis, en pleine période « flower power ». Mais le voyage ne sera pas aussi beau que prévu, et notre jeune innocente va devoir faire face, entre autre, à des gourous droguant les jeunes pour les forcer à consommer... Ca se ressent, on est dans un récit de facture plutôt classique, contenant les traditionnelles épreuves de ce fameux passage à l’âge adulte. Heureusement que Darwyn Cooke sait doser parfaitement son récit, avec des personnages très justes, et un scénario alternant avec brio humour et drame. Comme pour Minutemen, Cooke se sert avec intelligence des pistes laissées par Alan Moore et arrive à nous proposer quelques révélations sans jamais trahir l’œuvre originale (les interventions du 1er Hibou, qui se pose en père spirituel de Sally, ou encore du Comédien sont très bien pensées). Dommage juste que l’esprit « peace & love », cumulant clichés sur clichés, sente à ce point la naphtaline et rend une partie de l’histoire assez poussive...

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Sur les dessins, on ne peut rien reprocher au trait limpide et aérien d’Amanda Conner. Cette artiste décidemment trop rare par chez nous (La Pro) n’a pas son pareil pour croquer les visages, notamment la bouille ingénue et malicieuse de Sally. Le reste de ses planches est également à l’avenant, comme son storytelling sans faille, son humour et sa légèreté, ou encore son trait d’une fluidité mais également d’une précision à toute épreuve. Un dessin qui respire l’évidence, porté en plus par des couleurs pastel et relevées qui siéent bien à l’esprit de cette mini-série. Un récit de très bonne qualité.

 

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Ozymandias

Ozymandias est l’homme le plus intelligent du monde. Ni plus, ni moins. Une éducation parfaite, des activités riches, des parents plein aux as ont fait d’Adrian Veidt le nec plus ultra de ce que l’humanité avait à proposer. Et avec, en toute logique, un ego surdimensionné. Ses parents décédés tôt et tragiquement, Ozymandias va avoir le luxe de faire ce qu’il veut de leur fortune. Mais ça serait trop facile pour ce fin stratège qui va préférer tout donner et repartir de zéro. Len Wein (un vétéran des comics à qui l’on doit la relance des Uncanny X-Men avec entre autre la création du personnage de Wolverine, ou encore Swamp Thing) choisit d’esquisser brièvement l’enfance du « héros » et de s’attarder surtout sur son ascension comme magnat de la finance, son quotidien de justicier masqué et son plan audacieux et ingénieux de conquête du monde qui occasionnera des millions de victimes collatérales... Les 6 épisodes ne sont pas de trop pour cette mini-série prenante et astucieuse, narrée à la première personne par le protagoniste lui-même.

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Le vocabulaire très riche et imagé utilisé par Len Wein sied parfaitement à l’esprit et à l’ambition du personnage, et le graphisme élégant et aérien de Jae Lee ajoute encore au côté démesuré et grandiloquent de l’histoire. On savait le dessinateur perfectionniste (de ses débuts sur la série Namor scénarisée par John Byrne, où on sentait encore l’influence d’auteurs comme McKean et Sienkiewicz, à ses derniers travaux comme The Long Tower où il a complètement réinventé son style), mais il semble ici encore plus exigeant qu’à l’accoutumée ! Son storytelling tout en figures géométriques et en volume, ainsi que les grands bâtiments et statues faits de marbres qu’il illustre font basculer le récit dans l’iconique, et la pureté de son trait, allié à des couleurs pastelles du plus bel effet, renvoie directement à cet être parfait, très loin du commun des mortels. Peut-être la mini-série la plus belle et profonde de l’anthologie Before Watchmen. Et pourtant, Ozymandias est loin d’être mon personnage préféré.

 

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Le Hibou

Scénariste finalement assez rare, c’est Joe Michael Straczynski (Supreme Power, Midnight Nation, Thor avec Olivier Coipel) qui se charge d’écrire sur Le Hibou deuxième du nom. Il va être accompagné pour l’occasion par le très efficace Andy Kubert (Batman avec Morrison, X-Men, Ultimate X-Men), qui va être encré par son père le regretté Joe Kubert (Sgt. Rock, Yossel 19 avril 1943), puis par Bill Sienkiewicz (Elektra : Assassin, New Mutants, Stray Toasters) suite à son décès. L’encrage change donc de tout au tout, passant d’épais et gras à cassé et rugueux. Mais à chaque fois maîtrisé, ces deux artistes n’étant rien de moins que des sommités dans le monde du comic-book. Et Andy Kubert rend largement honneur à ses encreurs, de son trait passe-partout d’une incroyable fluidité. Un style très semblables à ce qui se faisait dans les années 90-00s, les défauts en moins. Pour ce qui est du scénario, c’est une autre histoire. JMS va s’intéresser à l’enfance de Dan Dreiberg, à sa passion pour le premier Hibou, Hollis Mason, puis surtout à ses premiers pas sous un masque, sous le tutorat de Mason, ainsi qu’à son partenariat avec Rorschach.

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L’ensemble se lit plutôt bien mais il faut reconnaître que tout cela manque singulièrement de souffle et surtout d’idée. Rien de nouveau sous le soleil donc, on lit exactement ce à quoi on s’attendait en découvrant les origines du second Hibou. Bien entendu l’ensemble n’est pas mauvais et on passe d’épisode en épisode non sans intérêt, mais un peu d’originalité n’aurait peut-être pas nuit à cette histoire. Par ailleurs, les révélations sur les « origines » de Rorschach sont quant à elles beaucoup trop sommaires pour être crédibles, surtout au regard de la complexité du personnage... Peut-être que Brian Azzarello, scénariste de la mini-série éponyme, saura mieux faire. En attendant, ce Hibou ne laisse pas un très bon goût en bouche. Et encore une fois, c’est la partie graphique qui vient largement remonter le niveau.

 

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Le Comédien

1er super-héros qui tourne mal à l’époque des Minutemen dont il va se faire éjecter, puis agent secret pour la CIA avant de rejoindre les Watchmen, le Comédien est peut-être le personnage le plus torturé de l’œuvre Watchmen, qui comporte pourtant son lot de cas cliniques. Ce protagoniste dont l’assassinat va faire débuter le graphic novel d’Alan Moore est un être sombre et tourmenté que les différents traumas subis vont faire quelqu’un d’imprévisible, de fou et lucide à la fois. C’est donc en toute logique que Brian Azzarello (100 Bullets, Hellblazer, Cage, Joker, Loveless), maître du polar hard-boiled et des récits sombres et crépusculaires, se charge de son cas. Il va s’intéresser de près aux relations qu’entretiendra le Comédien avec la famille Kennedy, ainsi qu’à son expérience lors de la guerre du Vietnam, où il a été envoyé comme « renfort spécial » et va être marqué à vie par différentes scènes. Peut-être que 6 épisodes étaient un peu ambitieux pour cette mini-série, puisque malgré l’idée assez intéressante d’Azzarello de nous faire résolument plonger en plein dans la psyché torturée du Comédien et d’assister aux événements marquants qui ont fait de lui ce qu’il est, la narration est trop éclatée pour provoquer l’adhésion et l’empathie. Il faut attendre du coup le passage pendant la guerre du Vietnam pour réellement être pris par l’intrigue, qui même si elle ne se démarque pas des traditionnels récits du même genre a au moins le mérite d’être un tantinet prenante.

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Heureusement que sur les dessins, le minutieux J.G. Jones (Wanted, Marvel Boy, Wonder Woman : Hiketeia) assure les arrières. Même si on l’a connu plus inspiré en matière de storytelling (la narration de certaines scènes d’action pique les yeux), son trait réaliste à la Bryan Hitch fait merveille. Qu’il s’agisse de décors, de véhicules comme de personnages, les planches de Jones confèrent un aspect authentique et immersif à l’histoire. Un petit régal pour les yeux pour une histoire qui n’en méritait peut-être pas tant...

 

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Dr Manhattan

Jon Osterman a.k.a. Dr Manhattan n’est peut-être pas le plus évident des Watchmen à exploiter sur papier. Physicien réputé étant devenu une sorte de dieu omniscient et omnipotent suite à une expérience ayant mal tournée, sa puissance en fait le pivot autour duquel l’intrigue de Watchmen, et même le monde tout entier, va tourner. Difficile de faire plus abouti que le fameux épisode d’Alan Moore où le Dr Manhattan nous livre ses pensées et où on se rend compte, progressivement, de l’aspect totalement à part du personnage : naviguant sur tous les plans de sa réalité à la fois, il ne fait pas de distinction entre passé, présent et futur : il sait chaque morceau de son existence, tout simplement (une des scènes les plus réussies de l’adaptation cinématographique, d’ailleurs). J.M.Straczynski va reprendre ce canevas avec le culot de l’élargir encore plus : le Dr aura bien une vision de son existence dans tout son ensemble temporel, mais sera en plus capable de créer autant de réalité temporelle qu’il n’y a de variable au cours de son existence. C’est donc à son dilemme intérieur auquel on va être confronté, le tout prenant bien évidemment place lors de tous les passages importants de la vie de Jon Osterman / Dr Manhattan : son enfance difficile, sa passion pour l’horlogerie, la catastrophe ayant fait de lui ce qu’il est jusqu’à son statut de demi-dieu de part le monde.

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Un récit qui commence de façon assez prétentieuse et laborieuse, mais qui s'avère finalement assez plaisant au vu de la complexité du sujet et du brio avec lequel JMS arrive à proposer quelque chose de nouveau, tout en respectant à la lettre le personnage créé par Alan Moore. Et il arrive même à faire poindre l’émotion sur la dernière partie ! C’est Adam Hughes qui se charge de la partie graphique, un auteur surtout connu pour ses nombreuses et efficaces couvertures de comic-books (avec sa fameuse signature « AH ! »). Son graphisme élégant et pur convient parfaitement à l’ambiance de la mini-série et à ce personnage parfait, véritable Dieu humain qu’est le Dr Manhattan. Même s’il n’est pas toujours à l’aise sur la narration, son trait net et précis assure une lecture très agréable. En somme, même si ce morceau de vie du Dr Manhattan souffre de quelques lacunes au niveau du scénario comme du dessin, il en reste quand même en tout points attachant et audacieux.

Bilan ?

Il faut l'avouer, ces Before Watchmen s'avèrent dans l'ensemble de très bonne qualité. Etaient-ils nécessaires ? Bien sûr que non, l'œuvre Watchmen se suffisant largement à elle-même. Mais toujours est-il qu'on prend plaisir à lire la plupart de ces récits, et qu'on ne peut que se féliciter du sérieux et du respect avec lequel les auteurs ont travaillé. Et si on veut résumer tout cela :

récap

 

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