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t.2 - Batman R.I.P.

Grant Morrison présente Batman t.2
Auteur(s) Gran Morrison (scénario), Tony Daniel (dessin)
Editeur (collection)
Urban Comics (DC Signatures)
Date de parution
Juillet 2012
Prix 22€50
Nombre de pages
296
Episodes VO 52#30 et 47, Batman #672-681, DC Universe #0
Grant Morrison présente Batman T2

Le Gant Noir se referme sur Batman et l’armĂ©e du Dr Hurt s’apprĂȘte Ă  conquĂ©rir Gotham City. Les alliĂ©s du Chevalier Noir parviendront-ils Ă  aider ce dernier, battu et brisĂ© psychologiquement ? Bruce Wayne a-t-il enfin atteint la limite de ses capacitĂ©s : sa guerre contre le crime s’achĂšvera-t-elle tragiquement avec sa mort ?

Batman est mort, vive Batman !

AprĂšs un premier « Grant Morrison prĂ©sente Batman » aux sagas plutĂŽt disparates (pas en termes de qualitĂ© mais surtout de narration et de thĂ©matique), ce deuxiĂšme album au titre trĂšs Ă©quivoque de « Batman R.I.P. » va s’avĂ©rer beaucoup plus structuré  Et plus sombre aussi.

 

Il faut bien l’avouer, malgrĂ© son excellence, “L’hĂ©ritage maudit” ressemblait plus Ă  une suite de mini-sĂ©ries qu’à une ongoing, mĂȘme si Grant Morrison plaçait ça et lĂ  des Ă©lĂ©ments qui lui permettront d’impulser ce deuxiĂšme tome. Et qu’en est-il, d’ailleurs ? Les 296 pages ( !) de l’album ne contiennent en rĂ©alitĂ© que deux sagas : « Batman meurt Ă  l’aube » et « Batman R.I.P ». Dans la premiĂšre, Batman se fait tirer dessus par le troisiĂšme des « trois fantĂŽmes », les faux Batman qui avaient Ă©tĂ© crĂ©Ă©s par la police de Gotham afin de palier Ă  une Ă©ventuelle absence du hĂ©ros au costume de chauve-souris, et qui Ă©taient littĂ©ralement devenus fous
 Notre protagoniste va faire un arrĂȘt cardiaque Ă  la suite de cette balle stoppĂ©e en pleine poitrine par son blason renforcĂ©, et se faire capturer et rĂ©animer par le faux Batman. Cette aventure, assez Ă©prouvante pour notre hĂ©ros et inquiĂ©tante pour le lecteur, n’est pas ce que Morrison a fait de plus Ă©laborĂ© mais est suffisamment dynamique et inventive pour susciter notre intĂ©rĂȘt, et permet encore une fois Ă  notre scĂ©nariste d’y placer ses pions
 Et l’ensemble va littĂ©ralement exploser sur les 6 Ă©pisodes que composent « Batman R.I.P. ». Morrison convoque tout ce qu’il avait mis en place prĂ©cĂ©demment (le nouveau Joker, le Gant Noir, Damian Wayne le fils de Batman, l’épreuve du Thögal, les secrets d’Alfred et du pĂšre assassinĂ© de Batman, l’hĂ©ritiĂšre d’un pays africain Jezabel Jet, Nightwing et le troisiĂšme Robin, le Bat-Mite crĂ©Ă© en 1956, le Club des HĂ©ros) afin de nous livrer un final d’anthologie auquel Batman ne se remettra pas. Une saga pleine de rebondissements, allant crescendo dans la noirceur jusqu’à un final paroxystique qui en deviendrait presque soulageant. C’est Ă  une vĂ©ritable danse de la mort que nous invite Morrison, et il en profite pour nous gaver d’un concept trĂšs intĂ©ressant, qui en dit long sur la personnalitĂ© de Batman, sur son intelligence et sur sa mĂ©fiance quasi-psychotique : [SPOILER] sa « personnalitĂ© de secours ». Une personnalitĂ© Ă  court terme qu’il s’est crĂ©Ă© au cas oĂč il serait victime d’une intense attaque psychique. [FIN DE SPOILER] Une idĂ©e trĂšs intĂ©ressante, autant dans son dĂ©veloppement que sur ce qu’elle dit du personnage de Batman, qui en devient rĂ©ellement inquiĂ©tant. Cette saga trĂšs noire est assurĂ©ment Ă  ranger du cĂŽtĂ© des grands classiques du plus grand super-hĂ©ros de Gotham.

 

Malheureusement, cet album excellent d’un point de vue scĂ©naristique est sĂ©rieusement handicapĂ© par son dessin. La lourde tĂąche de mettre en image les scĂ©narios ambitieux de Morrison et de succĂ©der Ă  Andy Kubert et J.H.Williams III revient Ă  Tony Daniel, crĂ©ateur de la sĂ©rie The Tenth chez Image et que l’on a dĂ©jĂ  pu apercevoir aux dessins d’X-Force chez Marvel ou encore de Flash ou Teen Titans chez DC. Personnages aux poses putassiĂšres, visages figĂ©s et crispĂ©s, storytelling parfois confus, profusion de traits ne servant pas Ă  grand-chose, un dessinateur dont le style se rapproche des fameux dessinateurs « Image 90s ». Bien heureusement, son trait profond et prĂ©cis est assez plaisant, il sait rythmer ses compositions et surtout l’excellente colorisation de Guy Major permet de crĂ©er les ambiances nĂ©cessaires Ă  l’histoire. Mais on se surprend Ă  imaginer ce qu’un scĂ©nario comme celui-ci aurait donnĂ© avec un dessinateur de talent, et on attend donc impatiemment l’arrivĂ©e de Frank Quitely sur le troisiĂšme tome de l’intĂ©grale Morrison !

 

En somme, c’est un rĂ©el dommage qu’une histoire de cette ambition et de cette densitĂ© soit ternie par des dessins ne lui rendant pas justice. Mais bon, Batman par Morrison, ça reste quand mĂȘme sacrĂ©ment jouissif. A se procurer sans hĂ©siter.

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