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t.1 - L'héritage maudit

Grant Morrison présente Batman t.1
Auteur
Grant Morrison (scénario), Andy Kubert, J.H. Williams III et John Van Fleet (dessin)
Editeur (Collection)
Urban Comics (DC Signatures)
Date de parution
Juin 2012
Prix
22€50
Nombre de pages
272
Episodes VO
Batman #655-658, #663-669
grant morrison batman 1

Batman a déjà affronté Talia Al Ghul et son empire du crime à plusieurs reprises, mais leur lutte prend un tour bien plus personnel lorsqu’elle présente au héros le fils issu de leur union : Damian ! Malgré son jeune âge, il est déjà un assassin de renom et Tim Drake, alias Robin, ne tarde pas à en faire les frais ! Pour Batman, c’est le début d’une épopée qui va l’amener à revisiter toute son histoire et redécouvrir des alliés comme des ennemis passés.

Quand Grant Morrison s'attaque à Batman

Eparpillé dans diverses revues Panini (les magazines Batman Universe et Batman Universe Extra, un DC Big Book, un DC Icons...), le fameux run de Grant Morrison sur Batman ne bénéficiait que d'une visibilité approximative en France. Bien heureusement, les éditions Urban, ayant repris les droits DC/Vertigo/Wildstorm, décident de publier une intégrale de la fameuse période Morrison, riche en rebondissements.

8 tomes en tout sont prévus pour aller au bout de la vision unique du scénariste écossais, déjà réputé pour divers travaux dont Batman : Arkham Asylum, JLA, New X-Men ou encore The Filth. Dotés d'un rapport qualité/prix très correct et d'une édition de qualité comprenant un éditorial consistant ainsi que les couvertures originales, Urban Comics sort le grand jeu pour sa gamme DC Signatures qui comprend également Catwoman d'Ed Brubaker ainsi que Green Lantern et Superman de Geoff Johns. Mais attelons-nous à l'histoire : dès la première saga (Le Fils de Batman, Batman #655-658), Grant Morrison introduit un protagoniste de choix dans la mythologie Batman : son propre fils, Damian Wayne, qu'il aurait eu avec Talia Ra's al Ghul. D'un caractère difficile, borné, prétentieux, il va se révéler autant un allié qu'une difficulté supplémentaire dans ces quatre épisodes remplis d'action où la fille de Ra's al Ghul envoie ses sbires tout casser à Gotham après leur avoir fait boire une solution les transformant en énormes chauve-souris humanoïde, volée à Kirk Langstrom, a.k.a. Man-Bat. Le scénario, plutôt simple au demeurant, est surtout prétexte à assoir Batman et son microcosme dans notre esprit pour mieux l'utiliser par la suite. Et même sur une histoire très accessible comme celle-ci, Morrison n'a pas son pareil pour imaginer des scènes d'action trépidantes, pour mettre en place diverses intrigues parallèles et pour nous proposer un récit prenant et fun. Il faut dire que le scénariste est bien aidé avec les planches d'Andy Kubert, d'une expressivité et d'un dynamisme fou, rendant les scènes d'action parfaitement lisibles et surtout terriblement immersives. Bien sûr, son style "comic-book" manque parfois d'originalité, mais on ne peut lui reprocher un savoir-faire indéniable.

Les Trois Fantômes, correspondant aux #664-665, voit Batman et son fils Damian partir à la recherche des trois faux Batman créés par la police de Gotham et devenus incontrôlables, dont l'un avait déjà manqué de tuer le Joker lors de l'épisode ouvrant l'album. Une enquête sombre mais plutôt convenue, où Batman va réellement se voir mettre à mal. Sympathique sans être exceptionnel, ces deux épisodes valent surtout pour tout ce que Morrison met en place à côté. C'est encore Andy Kubert qui se charge des dessins, collant parfaitement avec son coloriste Dave Stewart à l'atmosphère beaucoup plus désespérée que lors de la précédente saga.

Andy Kubert que l'on retrouve une dernière fois pour l'épisode 666 (Bethlehem) se passant dans le futur, voyant un Damian adulte et devenu LE Batman en finir avec les trois faux Batman. Dès le début de son run, Morrison ose les épisodes annexes tels que celui-ci, et ce court récit très bien conté nous amène à nous interroger sur la teneur des prochains épisodes.

Le Club ces Héros (Batman #667-669) va encore une fois changer la donne de l'album. Morrison ne s'intéresse plus au présent ni au futur mais cette fois au passé, ressuscitant pour l'occasion le Club des Héros, club créé par un riche excentrique et apparu dans Detective Comics #215 de 1955, auquel y a été rajouté quelques nouveaux membres (dont le Chevalier et l'Ecuyer, que Morrison avait créé dans JLA puis utilisé brillamment dans ses JSA Classified #1-3). Batman se rend ainsi à une réunion du Club des Héros sur l'île de M. Mayhew, l'excentrique en question, avant que le groupe ne se rende compte qu'un individu veut jouer et en finir avec eux, de la façon la plus sadique possible... Jouant des différentes périodes du comic-book avec de fréquents retours en arrière, Morrison nous pond une courte saga prenante, sombre et très anxiogène, où le mystère plane tout du long et où la vérité va progressivement éclater. Cet essai en trois épisodes est une belle réussite, d'autant qu'il est rehaussé par les planches génialissimes de J.H. Williams III (Promethea, Desolation Jones), un artiste atypique au trait précis et profond, qui joue de la structure des planches avec brio. Il va en plus proposer différents styles de dessin en fonction des époques et des personnages, esthétique qui sera suivie par la très belle colorisation de Dave Stewart. Une œuvre forte, profonde et à la densité thématique riche, aussi réussie du point de vue du scénario que du graphisme.

On termine le tome avec l'épisode 663, Au clown de minuit, récit en prose de Grant Morrison servi par des illustrations de John Van Fleet (qu'on a déjà pu repérer dans Matrix Comics). Si les illustrations statiques, au rendu trop jeu vidéo et synthétique, peinent à convaincre, le texte glauque et désenchanté de Morrison sur l'avènement du "nouveau" Joker en plein asile d'Arkham arrive aisément à nous passionner. Un peu trop descriptif néanmoins (un bon scénariste de comics ne fait pas forcément un bon scénariste de roman), cet épisode part sur une bonne idée mais n'est malheureusement pas aussi bien exécuté qu'il aurait dû, même si là encore Morrison arrive à se démarquer.

En somme, un album d'une très bonne facture, comprenant plusieurs sagas toutes différentes qui mettent progressivement en place différentes intrigues passionnantes, le tout servi par des dessins de grande qualité. Vivement la suite !

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