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La Genèse...


Souvent recommandé comme le point de départ idéal pour lire de la bonne bd sur Batman, Year One s'est imposé comme l'Alpha de la chauve souris, le rôle de l'Omega revenant à The Dark Knight Returns. Deux scénarios de Miller, dur de croire aux coïncidences.
Year One est devenu avec le temps une véritable méthode, une matrice scénaristique. Il s'agit de raconter les origines du héros et d'introduire les éléments fondateurs de sa mythologie en l'espace d'une histoire. Miller exploite une idée simple mais diablement efficace, se concentrer sur le nouveau venu James Gordon afin d'introduire Gotham au lecteur. Ainsi, dès le départ, la ville revêt une importance majeure dans la mythologie du Batman. Par ailleurs, diminuer le temps d'exposition du Batman, c'est amplifier la puissance de chacune de ses apparitions. Le côté taciturne de Bruce Wayne et sa façade de playboy dilettante, ses errements et sa recherche d'une solution adéquate pour combattre le crime : tous ses éléments sont abordés de façon concise et harmonieuse et constituent aujourd'hui le canon du personnage. Miller instille même (et cela a son importance !) une touche d'héroïsme "solaire" avec une scène où Batman sauve une vieille dame sur le point de se faire écraser.
L'histoire fait preuve d'une très grande fluidité narrative (Miller avait déja démontré sa capacité à faire des enchaînements très organiques dans The Dark Knight Returns), l'occasion de parler maintenant de David Mazzucchelli.
On ne pourra jamais répéter à quel point cet homme est un génie. Le maître mot est ici "sobriété". Que ça soit dans ses rapports de masse brillants et jamais tape à l'oeil (la scène dans l'immeuble en ruines est un modèle en termes de cohérence géographique et de mise en scène des volumes), dans ses petites trouvailles dont il n'abuse jamais (deux cases panoramiques sans cadre où l'on voit seulement Bruce entouré de blanc pour figurer son isolement mais également le caractère encore vierge de son esprit vengeur) ou encore dans son trait rigoureux semi réaliste qu'il arrive à marier avec virtuosité à une gestion des ombres plus fantasque lorsque le Batman entre en scène, Mazzucchelli constitue réellement LA valeur ajoutée de Year One. Il y apporte l'élégance et la souplesse qui font défaut à Miller. Son Batman est humain, gymnaste, vêtu de tissu mais aussi ombre effrayante et absurdité costumée.
Si, dans sa structure, et notamment son segment final, Year One est finalement assez éloigné de l'idée basique que pourrait se faire le lecteur d'une oeuvre canonique sur Batman, ça n'est pas pour autant un défaut. Le point de vue adopté, la volonté d'intégrer Batman à un tout plutôt que de se focaliser exclusivement dessus, est tout à fait cohérent avec le principe du personnage. Les défauts sont présents, certes, à commencer par Selina Kyle, qui n'apporte pas grand chose, ou encore à la gestion du temps (le récit étant censé se passer sur une année) plutôt anecdotique.
Il faut garder à l'esprit que Year One (qui a plus de 20 ans) est une oeuvre maîtresse et une oeuvre matrice, avec tout ce que cela implique. Le classicisme de l'histoire peut décevoir mais Miller a été le pionnier de ce type de récits super héroïques et, encore aujourd'hui, son Batman d'alors fait école comme modèle d'archétype complet et cohérent.

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