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Batman : The Killing Joke

Auteur
   Alan Moore (scénario), Brian Bolland (dessin) 
Editeur (Collection)
   Panini Comics (DC Icons)
Date de parution
   Août 2009
Prix
   15€
Nombre de pages
   64
Episodes VO
   The Killing Joke (1988)

 


Le Joker et Batman. Entre eux deux, c'est une vieille histoire... D'un côté, le criminel fou et ricanant, de l'autre, le justicier tourmenté et ombrageux. Deux vocations nées d'un traumatisme grave, deux personnalités à double face dont les destins semblent irrémédiablement liés. Mais le Joker s'est évadé, et pour lui, l'heure des comptes a sonné. Il kidnappe le commissaire Gordon et l'emmène dans le champ de foire où il a établi son camp. Le cauchemar commence...

Une mauvaise journée suffit-elle pour devenir fou ?

Scénarisé par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland, The Killing Joke nous plonge au plus profond de l'un des êtres les plus dérangés de l'univers de la chauve-souris : le Joker ! On connaît le personnage déséquilibré, qui considère la vie comme une vulgaire blague, dont la chute est la mort, mais que savons-nous réellement de lui ?

Même s'il est difficile de se l'imaginer, le Joker a bien dû être durant un temps un homme ordinaire. C'est sur cette idée qu'Alan Moore construit son histoire, en utilisant la thématique de la mauvaise journée. L'auteur nous explique qu'il suffit à un homme de vivre une sale journée pour devenir complètement fou.

On découvre le visage derrière celui du Joker, celui d'un humoriste raté, qui se trouve minable de ne pas parvenir à subvenir aux besoins de sa femme. Un jour, il en a assez et décide de passer de l’autre côté de la barrière en aidant deux malfrats. Ce n'est pas un mauvais gars, il veut juste se prouver qu'il est digne de porter la culotte dans la famille et que faire un seul gros coup n'est pas si dramatique.

Oui, mais voilà, le destin s'acharne sur lui, si bien qu’il finit par perdre le peu qu’il avait, nous donnant l’impression que sa vie n’est qu’une mauvaise blague, dont la chute se produit lors de son premier face à face avec Batman. C’est ainsi que sa mauvaise journée s'achève. L'humoriste raté meurt sur scène et le Joker prend sa place pour saluer son public au lever de rideau.

Autant dire que les phases de flashbacks sont un pur régal. Le décalage de couleurs entre ces moments et le récit principal donne une ambiance assez étrange. En effet, les souvenirs du Joker, ou du moins une vision possible de son passé, sont en noir et blanc à l'exception de deux éléments, des écrevisses et le costume de Red Hood, qui sont rouges. Il faut également noter le passage à la couleur lorsque le visage du Joker se découvre pour la première fois, juste après son accident, faisant ainsi la transition entre une vie passée déprimante et la folie pure.

L'autre partie de l’histoire nous place aux côtés du Joker, qui s'est échappé de l'asile d'Arkham et qui est déterminé à prouver qu'il n'est pas si différent des autres. Après tout, il ne lui a suffit que d'une mauvaise journée pour changer.

The Killing Joke nous fait alors entrer dans le délire psychopathe du personnage, aussi dur soit-il, ce qui risque sans doute de choquer quelques lecteurs. Le Joker n'hésite pas à torturer Gordon pour démontrer sa théorie. Il va jusqu'à tirer sur Barbara, la fille du commissaire, aussi connue pour être Bat-Girl. C'est d'ailleurs à partir de cette tragédie qu'elle deviendra plus tard le personnage connu sous le nom d'Oracle, puisqu'elle est désormais incapable d'utiliser ses jambes. Je ne suis pas un grand partisan de la violence gratuite, mais elle se révèle ici nécessaire pour la démonstration du Joker.

Les pièces se mettent progressivement en place pour ce dernier, qui emmène Gordon dans une ancienne fête foraine, où il met tout en œuvre pour le briser et prouver que même l'homme le plus droit peut voir ses valeurs réduites à néant. Malheureusement, comme si l'histoire se répétait ou que sa vie d'humoriste raté ne l'avait pas complètement abandonné, il est condamné à ce que l’on vienne lui mettre des bâtons dans les roues, puisque Batman sera toujours sur sa route.

C'est ici que l'on découvre l'étrange relation entre ces deux ennemis de toujours. Batman sait que leur rivalité ne s'achèvera que par la mort de l'un d'eux. Or, malgré tout ce que le Joker a pu faire, il ne veut pas le tuer. Il lui faut montrer que les valeurs auxquels nous croyons sont fortes, et qu'il n'est pas obligatoire de sombrer dans la folie quand les choses vont mal.

A vrai dire, Batman et le Joker ne sont pas si différents. D'après la version que nous avons de l'origine du Joker, il n'a tout simplement pas eu de chance dans la vie. Quant à Bruce Wayne, ses parents sont morts devant ses yeux quand il était enfant, et toute sa richesse ne pourra rien y changer.

Comme quoi, malgré les différences sociales, le destin de ses deux êtres est tout aussi tragique. Ils ont tous les deux eu une mauvaise journée, mais ont décidé de réagir différemment, l'un par la folie meurtrière et l'autre par la justice. Peu importe ce qu'ils feront, leur rivalité ne cessera jamais. Batman ne peut pas tuer le Joker, et ce dernier ne peut se résoudre à éliminer son compagnon de jeu, celui qui lui ressemble le plus. Il est vrai que Batman est fou d’une certaine façon, mais il s'agit d'un délire maîtrisé à travers un personnage qu'il a créé.

Batman : The Killing Joke est un récit étrange, qui vient d'ailleurs. Il ne montre pas seulement un énième combat entre le bien et le mal, puisqu'il nous prouve que l'un a autant besoin de l'autre. Ils sont aussi indissociables que les deux côtés d'une même pièce, que seul le temps pourra séparer.

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