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The Goon, t.6

Auteur
  Eric Powell (scénario & dessin)
Editeur (Collection)
  Dark Horse
Date de parution
  Novembre 2007
Prix
  19.95 $
Nombre de pages
  128
Episodes VO
  The Goon : Chinatown GN
 Correspondance VF
  The Goon, t.6 Chinatown (Éditions Délcourt)

 


Dark Horse is very proud to present the first original graphic novel from Eisner Award-laden swami Eric Powell. Powell has been sowing the seeds of Chinatown and the Mystery of Mr. Wicker for years in his award-winning bimonthly series The Goon, and salivating fans may now feast their eyes on the Goon's formative backstory of love, loss, and extortion--a lengthy tale that demanded to be told in this uninterrupted format.

Spiritual leader of Tennessee and hero to the Great Unwashed, Powell escaped catastrophic death and mother-shaming scandal to bring this work to fruition. He's a sensitive man in insensitive times. But be warned: this book ain't funny.

Ce qui suit n'est pas drôle.

"Ce qui suit n'est pas drôle.", en effet, telle est l'accroche de ce dernier tome du Goon, accroche qui m'a beaucoup fait rire, mais qui en fait est terriblement juste : Pour une fois, il n'y aura pas de second degré, d'humour noir ou de situations complètement loufoques, non ce qui suit reste résolument sérieux.

Eric Powell a fait une pause sur la série régulière The Goon pour pouvoir se consacrer à plein temps à cet album à part, où The Goon voit son trafic peu à peu englouti par un mystérieux concurrent, ce qui va raviver en lui de douloureux souvenirs...

Un récit qui est donc composé de deux histoires mises en parallèle, puisque l'histoire que vit le Goon actuellement est l'exacte reproduction de ce qu'il avait déjà vécu il y a plusieurs années : un criminel qui lui prend progressivement son marché et ses associés, qui va le laisser seul, et une femme aimée qu'il va voir s'envoler. Ce qui frappe dans ce récit est d'abord cette absence d'humour, un récit beaucoup plus sérieux et dur qu'à l'accoutumée, qui va réellement voir le Goon se retrouver en fâcheuse posture, le voir même brisé. Un album douloureux pour qui suit le Goon et tout le folklore de cette série avec passion depuis le début. Douloureux et beau. Bien sûr, le scénario en lui-même n'est pas des plus compliqué, mais sait restituer tout en pudeur, sans larmoiement inutile, toute cette souffrance contenue et ancrée dans la ville du Goon. 

Pour les dessins, j'avoue que je suis souvent bluffé par le style d'Eric Powell, mais là c'est réellement l'apothéose. Exit l'encrage classique et les couleurs par ordinateur (pourtant déjà très bien faits), Powell opte pour ce récit particulier pour des planches peintes à base de lavis, dans des tons tantôt de gris pour les retours dans le passé, tantôt de couleurs pastels pour le présent. Ajoutez à cela le style très précis et puissant de Powell, sa capacité à dessiner des visages singuliers et très expressifs, de même que ses décors, entre réalisme et cartoon, son storytelling varié et maîtrisé... Du grand art.

En bref, un album qui tranche avec ce qui a été fait auparavant sur The Goon, tout en n'oubliant pas de rester excellent. Pour rappel, ce récit à eu les Eisner Awards du meilleur scénario et du meilleur dessinateur. Des récompenses loin d'être volées.

This ain't funny

Un nouveau criminel entre en scène à Lonely Street et s'empare des trafics du Goon. Alors que ce dernier tente en vain de reprendre le contrôle de ses affaires, il est rattrapé par son passé et assailli par des souvenirs douloureux, de ceux qui vous laissent des cicatrices béantes et le cœur meurtri…

Alors que, jusqu'à présent, les lecteurs les plus difficiles pouvaient reprocher (et ce avec raison) à Eric Powell sa tendance à produire des scénarios ''faciles'' très axés sur l'humour de potache et les multiples références à la culture populaire, ils risqueraient fort d'être surpris en bien (voire très bien) avec ce Chinatown ! Car, en effet, et comme l'indique la première page, non seulement ce livre n'est pas drôle, loin de là, mais en plus il offre une approche inédite de l'univers ''goonesque''. Utilisant une trame à deux temporalités (un passé douloureux, et une situation présente qui fait revivre ces même événements difficiles au Goon), Eric Powell purge sa création de toute pantalonnade. A une exception près (les vendeurs de montres qui se font dézinguer dans la rue), l'auteur laisse de côté la rigolade pour mieux se concentrer sur le principal protagoniste en le mettant pratiquement à nu. Ainsi, le Goon qu'on connaissait castagneur et bourru est présenté sous un jour plus intimiste. Sombrant dans le désespoir, l'homme derrière la montagne de muscles est abattu. Le scénariste en profite pour développer plus en avant cette relation qui lie son héros à Franky, le complice qui ne l'abandonne pas. Cette amitié virile est ici superbement traitée par un Powell qui ose dévoiler les côtés plus sensibles de ses personnages sans pour autant jamais tomber dans le larmoyant ou le pitoyable, ce qui a pour effet de les humaniser et donc d'amplifier l'empathie qu'on peut éprouver à leur égard. Un exercice qui aurait pu être facilement casse-gueule mais qui, finalement, se révèle être très payant et qui montre une facette plus sombre d'une série jusque là traitée de manière très (peut-être parfois trop ?) simple.

La partie graphique, quant à elle, est absolument magnifique. Alors que dans le TPB Wicked Inclinations, Eric Powell avait trouvé le parfait alliage entre toutes les expérimentations visuelles effectuées jusqu'à présent, pour ce Chinatown, il opte pour quelque chose de plus homogène sur la longueur, et ce avec raison. Utilisant un style rough/peint avec des tons allant du gris au pastel suivant que le récit traite du passé ou du présent, l'artiste emporte le lecteur dans un monde qui ne lui est pas inconnu (les personnages, les décors, le côté cartonny, etc...), mais dont l'ambiance qui s'en dégage transpire la mélancolie et la nostalgie. Il en découle des planches de toute beauté qui valent à elles seules qu'on prenne le temps de se plonger dans cet album.

En conclusion, Chinatown se démarque nettement du ton de la série régulière pour nous proposer un récit d'exception. Un recueil d'une grande qualité artistique, que cela soit au graphisme comme au scénario, et qui offre un fantastique voyage dans le monde d'un créateur de génie : Eric Powell.

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