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The End League, t.1

Auteur
 Rick Remender (scénario), Mat Broome, Eric Canete (dessin)
Editeur (Collection)
 Dark Horse
Date de parution
 Décembre 2008
Prix
 12.95 $
Nombre de pages
 104
Episodes VO
 The End League #1-4
Correspondance VF
 The End League: 1. Beaucoup de Bruit Pour Rien (Éditions Akileos)

 

A thematic merging of The Lord of the Rings and Watchmen, The End League follows a cast of the last remaining super men and women as they embark on a desperate and perilous journey through a world dominated by evil, in hopes of locating the one remaining artifact that can save humanity--the Hammer of Thor. For his return to the world of comics renowned artist Mat Broome (X-Men, Batman) teams up with critically acclaimed writer Rick Remender (Fear Agent) for this, Dark Horse Comics newest superhero series.

La fin des haricots

Mai 1962, lorsqu'Astonishman détruit un vaisseau alien reposant au fond de l'océan en croyant que c'est un système militaire nucléaire communiste, il est loin de penser qu'il va déclencher le Green Event, un cataclysme à l'échelle mondiale qui fait sortir le globe de son axe de rotation. 3 milliards d'humain meurent, tandis qu'un survivant sur 10'000 acquiert des pouvoirs extraordinaires. Le même jour, Thor, un dieu ayant ignoré le décret de Zeus interdisant tout contact avec les humains, est retrouvé mort… Ressassant sans cesse sa faute, Astonishman forme le Squadron of Righteousness, un groupe de super-héros, dans le but de réparer les dommages causés à la planète et de protéger les survivants contres les méta-humains qui utilisent leurs nouvelles capacités pour leur gain personnel. Formant une alliance, les forces du mal s'assemblent pour éliminer les défenseurs de la Terre lors du Day Of Annihilation. Les rescapés de cette attaque, menés par Astonishman, s'échappent pour la Citadel of Seclusion où ils restent cachés pendant 12 longues années. Connus sous le nom de The End League, ces héros sont à la recherche de Mjolnir, le marteau de Thor, seul artéfact pouvant encore sauver le monde…

Qu'est-ce qui se passe quand un éditeur est assez fou pour laisser Rick Remender s'éclater avec une série conceptuelle qui rend hommage aux comics que l'on connait tous ? Et bien vous aurez une partie de la réponse dans ce premier recueil de The End League ! Le papa de Fear Agent démarre sur les chapeaux de roues avec un épisode initial d'une densité hallucinante qui (ré-)invente un univers peuplé de Dieux et de méta-humains et pose le décors en une trentaine de pages (" Hey les ''décompressistes agrées'', prenez-en de la graine ! "). Par la suite, le rythme se tempère un peu et on prend plus le temps de s'arrêter sur les personnages. S'appuyant sur la ''culture comics'' du lecteur, Remender imagine sa Sainte Trinité (avec son Superman, son Batman et sa Wonder Woman) et la propulse dans une histoire dense où des enjeux simples lui permettent de s'épancher sur les différents protagonistes et les rapports qu'ils entretiennent entre eux. Nous offrant en quelque sorte le scénario que DC n'aurait jamais accepté pour la JLA, l'auteur s'amuse à mélanger les plus grands récits super-héroïques des deux éditeurs principaux du marché (Marvel et DC) et les ressorts à sa sauce. Un Thor ''hulkien'', un Ghost Rider ''westernien'', un Superman en pleine ''crise d'indentité'', tout et plus encore passent à la moulinette d'un Remender joueur qui, par cette relecture, démontre sans peine que tous ces titres mainstream sont aisément recyclable de manière très fun et fraiche tout en gardant du respect pour l'œuvre originale.

Ancienne découverte de l'écurie Image et protégé de Jim Lee, Mat Broome (WildC.A.T.s., Stormwatch, DefCon 4, etc.) se charge des 4 premiers épisodes de la série. Pour être clair et sincère, son style ne casse pas des briques. Bien que son trait fin et net soit agréable à l'œil, l'artiste (encré par Sean Parsons) n'arrive pas à faire prendre la mayonnaise. Au niveau de ses compositions de pages, par contre, c'est déjà mieux. Variant les plaisirs, Broome lasse rarement et contribue au rythme soutenu du récit. On s'étonnera tout de même de certains choix de cadrages pas toujours très payants dans l'action. Au final, on serait presque soulagé d'apprendre que l'illustrateur a signé chez Marvel et que c'est Eric Canete (Iron Man : Enter The Mandarin) qui le remplace pour la suite... D'ailleurs, ce dernier n'attend même pas l'épisode #5 pour nous faire preuve de son talent puisque les 8 dernières planches du recueil sont de son œuvre. Et autant dire qu'entre les deux illustrateurs c'est le jour et la nuit ! Canete explose tout avec une finition presque ''rough'' et un découpage au poil… La suite et vite !

Malgré une partie graphique en demi-teinte et s'il est encore un peu tôt pour juger le fond de la série en elle-même (4 épisodes, ça fait court !), The End League devrait sans aucun doute intéresser les plus blasés d'entre vous. Et quand on sait que c'est Eric Canete qui reprend les crayons dès le TPB suivant, on l'attend déjà de pied ferme et avec impatience !

Des super-héros dépressifs

The End League, c'est l'histoire d'un groupe de super-héros qui a tout perdu. C'est l'histoire d'un monde à la dérive, sans aucun espoir.

Astonishman est le plus grand héros que la Terre ait porté. Clone de Superman, il est pourtant à l'origine de la plus grosse catastrophe écologique de tous les temps, catastrophe qui a engendré d'innombrables morts, et de nombreuses mutations parmi les survivants, créant les Magnifiques, les êtres à super-pouvoirs qui allaient s'emparer de la Terre, causant ainsi une autre catastrophe d'ampleur mondiale.

On ne peut pas dire que le scenario de Rick Remender inspire la joie ou le bonheur. D'ailleurs, le contraste avec une autre série du même auteur chez le même éditeur, Fear Agent, est saisissant. Là où, dans ce dernier, les survivants s'accrochent à l'espoir de vaincre et de vivre des jours meilleurs, ses personnages de The End League ont quasiment renoncé, et ne cherchent qu'à subsister en espérant qu'un miracle les sauve. On atteint là les limites du mythe du super-héros et, ma foi, l'exercice vaut d'etre lu, d'autant que le récit coule de manière assez fluide, et que les rebondissements s'enchaînent avec rythme et, surtout, originalité. Le seul reproche que je ferais à ces personnages, c'est d'être trop iconiques, trop proches de leurs modèles marveliens et/ou DCiens. Remender en profite, d'ailleurs, pour effectuer ce qui semble etre un règlement de comptes avec certains personnages. Intéressant ...

Aux dessins, Matt Broome s'en tire de manière fort honorable malgré, comme dit plus haut, les ressemblances avec leurs modèles. Il restitue bien l'ambiance pessimiste du récit, et l'état d'esprit des personnages, nous montre des décors fort bien réussis, et les scènes d'action sont bien restituées, mention spéciale aux scènes d'apocalypse, saisissantes. Les 8 dernières pages du dernier chapitre sont signées Eric Canete, au graphisme plus anguleux, et aux expressions faciales encore plus prononcées. Un style moins mainstream qui a le bonheur d'enfoncer le récit dans les ténèbres encore plus noires du désespoir.

Mon petit coup de gueule, maintenant, va à la promotion marketing du livre, qui nous annonce un "récite (sic) se situant à la croisée du Seigneur des Anneaux et de Watchmen". Autant, pour Watchmen, je peux saisir l'allusion à la destruction du mythe du héros, autant je cherche encore les similitudes avec le Seigneur des Anneaux ... Mais bon, on ratisse où on peut, et si cet artifice peut permettre à certaines personnes de découvrir cette oeuvre, tant mieux. C'est juste que je n'aime pas être trompé sur ma marchandise ... La comparaison avec Empire, de Waid et Kitson, par exemple, aurait été beaucoup plus judicieuse ...

Un très bon récit qui contentera les lecteurs qui ont envie de lire du super-héros autrement.

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