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Les Maîtres de l'Evasion

Auteur
 Brian K. Vaughan (scénario), Steve Rolston et Jason Shawn Alexander (dessin) 
Editeur (Collection)
 Delcourt (Contrebande)
Date de parution
 Mars 2008
Prix
 14,95 €
Nombre de pages
 160
Episodes VO
 The Escapists #1-6

 

 

À la mort de son père, Maxwell découvre la passion de ce dernier pour l'Artiste de l'évasion, super-héros créé dans les années 30 par Kavalier & Clay. Pour honorer sa mémoire, le jeune homme rachète les droits du personnage et, avec l'aide de deux amis, il se lance dans la création des nouvelles aventures de l'Artiste de l'évasion.

Une bonne surprise

Voilà une bande dessinée intéressante !

Tout d'abord, c'est signé Brian K. Vaughan (Y: the last man, Runaways). Ensuite, c'est inspiré d'un roman de Michael Chabon (Les aventures de Kavalier et Clay) qui a reçu le prix Pulitzer. Enfin, le thème est le création artistique... de comics. En bref, ça avait à peu près tout pour m'attirer.

La première lecture est particulièrement enthousiasmante. On suit les aventures de nos héros qui reprennent les droits d'un vieux super-héros (The Escapists) des années 40 et décident de lui redonner vie de nos jours. On suit avec plaisir les pérégrinations de nos trois héros qui ne manquent pas d'imagination, dans les histoires qu'ils racontent, comme dans les stratégies de marketing qu'ils imaginent... En termes de narration, planches racontant l'histoire et planches du comics The Escapists se succèdent de manière intelligente pour raconter une histoire somme toute simple mais bien rafraîchissante.

La lecture de ce comics m'a donné l'envie de lire le roman de Michael Chabon dont elle s'inspire. Je ne me risquerai pas à en faire la critique mais il faut savoir que le comics n'en est pas l'adaptation à proprement parler. Les aventures de Kavalier et Clay raconte l'histoire de deux créateurs de comics des années 40 qui créent un nouveau super-héros et lui font essentiellement affronter la menace nazi dans un contexte international, où les États-Unis peinent à entrer pleinement en guerre.

Après avoir fini le roman, je me suis donc fait une deuxième lecture des Maîtres de l'évasion et si les références à l'ouvrage de Chabon sont sympathiques (essentiellement dans les premier et dernier épisodes), on ne retrouve toutefois pas dans l'œuvre graphique ni la profondeur des personnages (Kavalier, Clay et Rosa d'un côté / Maxwell et ses deux comparses de l'autre), ni la mise en relief de la difficulté de la création artistique.

Il n'en demeure pas moins que cette bande dessinée est extrêmement plaisante et constitue, en ce qui me concerne, une bonne surprise de cette année 2008.

 

Les créateurs et leur création

Les Maîtres de l'Evasion, c'est encore signé BKV, auteur très à la une en ce moment (on peut le lire en vf dernièrement sur Y Le Dernier Homme, Ex Machina, The Hood ou encore Doctor Strange: The Oath). L'histoire? Une bande de jeunes artistes récupèrent les droits d'un ancien personnage de comic-book (The Escapist), et décident de lui redonner une seconde jeunesse.
On aura donc droit ici d'une part à l'histoire de leur travail, d'autre part à son résultat, les événements de l'une de ces deux "périodes" coïncideront forcément souvent avec ceux de l'autre, voire même fusionneront parfois. Ce n'est pas spécialement original mais BKV s'en sort avec brio.

D'une part, on suit avec plaisir tout le travail et les stratégies adoptées par notre petit groupe pour arriver à imposer leur comics, les embûches qu'ils vont devoir esquiver et leurs relations entre eux. Le tout est très bien ficelé, livrant son lot de rebondissements à la pelle et ne provoquant pas le moindre ennui. BKV ne nous apprend pas grand chose sur le métier et sur la création d'un comic-book mais arrive pourtant à nous livrer une analyse très pertinente et intelligente de l'ensemble, jusqu'au final qui se veut un plaidoyer pour le creator-owned, le tout saupoudré de références aux comic-books, et plus particulièrement à ceux du golden age.

Concernant le comics issu des pérégrinations de notre groupe, c'est-à-dire du vrai faux comics, il s'agit d'un scénario hommage au golden age justement, ses personnages innocents et son vilain démoniaque, avec sa machine ingénieuse qui tue lentement le gentil héros innocent. La narration est pourtant tranchée par un dessin qui se veut tout son contraire, un trait sec et sombre férocement contemporain, illustré à la perfection par Jason Shawn Alexander. Le décalage est assez plaisant à découvrir, et résulte en fait des talents différents du scénariste et de la dessinatrice du groupe.

Par contre, s'agissant des dessins du "monde réel", c'est Philip Bond qui s'en charge, d'un trait rond semi-réaliste et semi-cartoony parfait pour le sujet et très agréable à l'oeil. C'est d'ailleurs marrant de constater que le trait est réaliste pour le comic-book et semi-réaliste pour ce qui est censé être la vraie vie, un décalage que nous avait déjà offert Alan Moore sur Tom Strong.

A part ça, on a également droit à des auteurs de renom qui sont passés juste pour le plaisir de nous gratifier de quelque couvertures:
-Paul Pope (100%, Heavy Liquid, Batman: Year 100, Escapo)
-James Jean (les couvertures de Fables)
-Frank Miller (Sin City, 300, Dark Knight Returns, Daredevil)
-John Cassaday (Planetary, Astonishing X-Men)
-Alex Ross (Uncle Sam, Marvels)
Quand même, excusez du peu.

En bref, une excellente lecture, assez conséquente si on prend le temps de l'analyser mais pourtant très légère à la lecture, un des meilleurs boulots de BKV. A prendre sans hésiter.

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