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t.10 - The Crooked Man and Others

Hellboy t.10 - The Crooked Man and Others
Auteur(s) Mike Mignola (scénario), Mike Mignola, Richard Corben, Jason Shawn Alexander, Duncan Fegredo (dessin)
Editeur (collection)
Dark Horse Books
Date de parution
Juin 2010
Prix 17.99 $
Nombre de pages
160
Episodes VO Hellboy: The Crooked Man #1-3, Hellboy: They Who Go Down to the Sea in Ships, Hellboy: In the Chapel of Moloch, Free Comic Book Day 2008
Correspondance VF Hellboy t.10 : L'Homme tordu (Ed. Delcourt, mars 2011)
hellboy tpb10 2

The Eisner Award-winning miniseries The Crooked Man, by Mignola and Richard Corben, teams Hellboy with a wandering hillman in a devilish tale of Appalachian witchcraft. This volume also includes the rare "They Who Go Down to the Sea in Ships" by Mignola, Josh Dysart (B.P.R.D.: 1947), and Jason Shawn Alexander (Abe Sapien: The Drowning), never before available for purchase; Mignola and Duncan Fegredo's "The Mole," from Free Comic Book Day 2008; and Mignola's most recent solo outing, "In the Chapel of Moloch."

Melting pot

Dernier tome de Hellboy en date, on laisse un peu de côté l’intrigue précédente pour se plonger dans un recueil d’histoires annexes, au nombre de 4.

La première histoire, « L’Homme tordu », commence – du jamais vu pour du Hellboy – en Amérique du Nord. Terre moins propices aux légendes que les autres contrées, il est vrai, mais Mike Mignola semble plus inspiré qu’à l’accoutumé dans ce condensé de légendes  diverses nous venant droit des Appalaches, où Hellboy va avoir fort à faire avec un démon contaminant une population à l'aide de sa horde de sorcière et qui tient ses pouvoirs du diable en personne. Même si Mignola nous sert toujours un peu la même soupe, et ce depuis le début des aventures du démon cornu, il prend ici le temps de poser les enjeux, de développer les personnages, et surtout de laisser peu à peu l’atmosphère morbide s’emparer de l’histoire et s’installer en nous. Mais ce mérite revient en grande partie à Richard Corben, prestigieux dessinateur au style inimitable (en gros, personnages bonhommesques, trait rugueux, tremblant mais précis, contrastes appuyés... très difficile à décrire) qui sublime l’histoire de Mignola grâce à un découpage remarquable et un dessin précis et détaillé rendant chaque forêt lugubre, chaque brindille inquiétante, chaque insecte profondément troublant. Son sens du détail éclate sur chaque page, et ses créatures cauchemardesques sont dignes d’un Stephen Bissette période Swamp Thing. Sans parler bien sûr de sa grande maîtrise des ombres rendant l’atmosphère du récit encore un peu plus palpable. Bref, un beau boulot que ce premier récit !

On enchaîne ensuite avec « Eux qui ont pris la mer dans ces bateaux » histoire de fantômes pirates avec le mythique Barbe-Noire ! Là encore, l’exotisme du récit suscite l’enthousiasme et l’emporte sur son classicisme qui montre une fois de plus que Mignola commence décidemment à stagner. Mais bon, comme des pirates fantômes suffisent à réveiller le bon amateur de séries B horrifiques qui sommeille en nous, l’adhésion au récit est vite acquise ! Pourtant, encore une fois c’est le dessin qui va l’emporter haut la main dans ce récit. Jason Shawn Alexander fait ici  ses essais hellboyesques en attendant d’officier sur le récent spin-off Abe Sapiens, et ce jeune talent promet. Trait nerveux, rugueux, il fait planer un air de douce folie sur ses planches et n’a pas son pareil pour dessiner des pirates squelettiques, avec lambeaux de chaires éparses et tout le toutim. Plus brutal qu’a ses débuts, il abandonne ici le côté éthéré de son ancien style (on avait pu le voir auparavant s'exercer sur le one-shot Daredevil / Spider-Man, ou encore la mini-série Spider-Man / Wolverine) pour un rendu plus sombre qu’avant. Et Dave Stewart sait parfaitement s’adapter à son style très éloigné d’un Mignola. Un peu en-dessous de la première histoire, reste un très sympathique récit horrifique servi par de somptueux dessins.

S’ensuit « Dans la chapelle de Moloch », un banal récit de démon possédant un artiste qui a acheté la mauvaise demeure… En même temps, vu l’état des lieux très peu inspirant, on se dit qu’il y en a qui cherchent quand même… L’histoire se situe au Portugal, l’occasion pour Mignola de s’amuser à dessiner (oui, il se charge aussi du dessin) quantité de maison traditionnelles, conférant un charme très folklorique à l’histoire. Mais on sent quand même Mignola fatigué. Toujours la même façon de raconter une histoire, les mêmes expressions, des monstres qui se ressemblent. L’artiste roule des mécaniques et manque sensiblement de spontanéité dans son dessin. C’est la même chose pour le scénario, qui sent le déjà-vu : un personnage possédé, un démon, Hellboy qui rapplique, qui constate, qui se bat une fois avec le monstre, ça marche pas, il s’énerve, il en fout une bonne au monstre et puis voila. A oublier.

Le très court (8 pages) récit fermant l’album est de l’ordre de l’anecdotique. Un rêve délirant d’un Hellboy à cause d’un grain de beauté qui le tracassait… Scénario cocasse et sympathique de Mignola qui ne vaut surtout que pour Duncan Fegredo aux dessins, produisant des pages  étranges et extraordinaires.

En bref, une compilation d’histoires d’Hellboy qui arrive en plein milieu d’un important événement dans la série éponyme et sent donc forcément un peu le remplissage… Néanmoins, grâce à des dessinateurs de grande qualité (Richard Corben, Jason Shawn Alexander, Duncan Fegredo), le résultat est plutôt bon. Dommage seulement que Mignola ne se renouvelle pas d’un iota…

Histoires courtes…

Dans ce recueil de brefs récits se déroulant dans divers contrées, Hellboy fait face à de nouvelles rencontres du domaine du surnaturel, toutes plus improbables les unes que les autres …

Le recueil s’ouvre sur ‘‘The Crooked Man’’ avec le coup de crayon inimitable de Richard Corben. Avec ces character-design si atypiques qu’il a tant l’habitude d’utiliser, on reconnaît tout de suite le style très spécial de l’américain. Sa mise en page, bien qu’un peu plus convenue n’est pas en reste. Utilisant des angles de vue angoissants et oppressants, l’illustrateur colle parfaitement à l’ambiance du scénario de Mike Mignola. Ce dernier, et une fois n’est pas coutume, situe l’aventure de son démon de héros en Amérique du Nord, au cœur des montagnes Appalaches de Virginie. Même si on reste dans le cadre d’une histoire courte, et que donc aucun grand développement pour le personnage ou la série n’a lieu, force est de constater que le papa d’Hellboy s’en sort vraiment bien autour de cette légende mêlant un démon portant un gigantesque couvre-chef, des sorcières retors, et des villageois apeurés. Sans doute le meilleur récit contenu dans ce TPB.

On poursuit avec ‘‘They That Go Down To The Ships’’ et son histoire un peu tarabiscotée tournant autour de la tête de Barbe Noire. Franchement rien d’original à l’horizon, et même si l’exotisme peut faire illusion quelques pages (c’est qu’on aime ça les pirates !!!) ce conte macabre sera aussi vite oublié qu’il a été lu. Aux graphismes c’est déjà beaucoup plus intéressant, avec un Jason Shawn Alexander époque pré-‘‘Abe Sapien’’ (spin-off de Hellboy en son temps chroniqué sans ces pages par votre humble serviteur). Si le dessinateur ne fait pas preuve d’un génie absolu en terme de storytelling, on peut tout de même lui reconnaître un talent certain en ce qui concerne le dessin pur. Trait abrasif et dynamisme sont au rendez-vous dans presque toutes les cases. Certainement un artiste à surveiller de près.

‘‘In The Chapel Of Moloch’’ voit le retour de Mike Mignola aux crayons. Et même si, avouons le, cela fait bien plaisir de retrouver du ‘‘vrai’’ Hellboy on est malheureusement loin de la grande période de ce créateur de génie qui peine à retrouver sa grande forme d’antant, peut-être à cause de ce désir de vouloir manger à tous les râteliers (bande-dessinée, cinéma, littérature, etc.). Car que cela soit au niveau du dessin comme à celui du scénario (typiquement B, malgré l’intégration de références à Goya) on ne peut être que déçu quand on sait de quoi est capable cet artiste…

Finalement, on termine avec le très drôle (mais très bref) ‘‘The Mole’’. Un scénario qui tient sur un ticket de métro, ce qui ne lui empêche pas d’atteindre son but : être décalé (par rapport à l’univers Hellboy s’entend), et faire rire. Duncan Fegredo aux dessins produit un travail typiquement dans la veine de ce qu’il a pu faire sur ‘‘Darkness Calls’’ et ‘‘The Wild Hunt’’. Dans l’ensemble ces huit pages sont très sympathiques, mais de loin pas inoubliables.

En conclusion, encore un recueil de remplissage pour faire patienter avant la suite attendue de ‘‘The Wild Hunt’’, et donc plutôt à conseiller exclusivement aux fans hardcore du démon rouge…

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