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Au Coeur de l'Empire

Au coeur de l'empire
Auteur(s) Bryan Talbot
Editeur (collection)
Dark Horse
Date de parution
1999
Prix 27$95
Nombre de pages
296
Episodes VO Heart of Empire #1-9
Correspondance VF Au Coeur de l'Empire t.1 à 3 (Ed. Kymera, 13€, 15€ et 15€)
Au coeur de lempire

Parallèle 00.72.87, une bonne vingtaine d’années après les évènements des Aventures de Luther Arkwright. Anne et les royalistes ont pris le pouvoir en Angleterre, mais à la dictature puritaine a succédé celle d’une impératrice ! Luther serait mort, abattu par des terroristes royalistes, tandis que des jumeaux enfantés par Anne, seule a survécu Victoria.

Bryan Talbot : génie de la BD injustement méconnu ?

Au Cœur de l’Empire est la suite directe et indirecte de Luther Arkwright. Directe puisque il se déroule dans le même univers, quelques années après les fameux événements du chef d’œuvre de Bryan Talbot. Indirecte puisque on ne va rester que sur un monde durant toute cette histoire, le parallèle 00.72.87, c’est-à-dire le monde principal dans lequel Luther Arkwright est intervenu pour sauver le multiverse.

On débarque donc dans le parallèle quasiment 23 années après la prise de l’Angleterre par Luther et ses troupes. Celui-ci a disparu de la circulation tandis que son ancienne compagne est devenue reine et étend sa monarchie tyrannique et inégalitaire de pays en pays. Des complots se fomentent, autant de la police d’état que du clergé. Sa fille, la princesse Victoria, commence à découvrir la vérité sur ses origines. Son père, son frère jumeau mort accidentellement, et un mystérieux événement qui semble se préparer pour les 23 ans de sa naissance – sont-ce là les causes de ses migraines répétées et croissantes ? En tout cas, du côté du WOTAN, organisation chargée de réparer les failles spatio-temporelles et situé au parallèle 00.00.00, le monde 00.72.87 semble prêt à imploser et à emporter tous les autres parallèles avec lui.

Le compte à rebours est donc lancé dès le début de ces 9 épisodes menés tambours battants par Bryan Talbot. Pas moins d’une vingtaine de personnages divers, tous ayant un rôle significatif, vont se croiser et s’entrecroiser dans cette fresque grandiose condensée sur sept petits jours, et les différentes intrigues ne laissent pas le temps de souffler dans cet album d’une densité remarquable (surtout à l’heure de la décompression) ! Se déroulant dans un monde steampunk intéressant, vaste et cohérent, le récit est un savant mélange de science-fiction, de politique, de mystère et d’aventure au parfum et aux apparats de la Renaissance et à connotation biblique. Une combinaison de genres réussie comme l’était déjà Les Aventures de Luther Arkwright. Mais on ne s’arrête pas là avec le grand Bryan Talbot (un immense auteur injustement mésestimé), qui nous propose en plus des personnages profonds (dont beaucoup hérités de Luther Arkwright) qui évoluent considérablement durant les sept jours dans lesquels se déroule le récit, et un sens du phrasé indéniable, orné par un vocabulaire riche et profond. Du grand récit de science-fiction historique (ça se dit ?), inventif, intelligent et iconique.

Mais ça n’est pas tout. L’homme peaufine son dessin depuis une trentaine d’années, et cela se voit. Avec son dessin réaliste et son trait appuyé et profond, Talbot parvient à tout dessiner : d’une explosion spirituelle à une cave sombre, sale et nauséabonde, en passant par des gigantesques palais et églises magnifiques ou une scène de sexe soutenue et psychédélique, le trait précis et minutieux de Talbot fait merveille, tout comme ses personnages très expressif. Inutile de revenir sur le storytelling, qui est à l’image du dessin, sans aucun défaut. Même l’ajout de couleur – qui dénote avec Luther Arkwright, en noir et blanc – est un vrai plus puisque celle-ci est suffisamment bien pensée pour ne pas dénaturer les dessins très « gravures » de Talbot et pour rendre des ambiances bien spécifiques à différentes scènes. En somme, on est loin des couleurs trop flashy et qui attaquent les yeux du récent Grandville de l’auteur. Bref, là encore, aucun défaut.

Les Aventures de Luther Arkwright est un chef d’œuvre injustement méconnu. Il semble qu’Au Cœur de l’Empire en prenne le même chemin. A ne surtout pas louper, et à faire découvrir autant que possible.

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